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Le cinéma, évidence du cinémonde                     Le cinéma, évidence du cinémonde
Sources (*) :              
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 3 février 2014

 

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"Il faut que la vie soit un film"; mais alors la plus grande menace est la fin du film; (r)entrer dans la vie, c'est en sortir (Un été avec Monika, film d'Ingmar Bergman, 1953)

   
   
   
                 
                       

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La première fois que Monika et Harry sortent ensemble, c'est pour aller au cinéma. Harry, tourné vers Monika, reste à l'écart du film qui semble l'ennuyer, tandis que Monika, entièrement absorbée par sa contemplation, pleure abondamment. On n'apprendra que beaucoup plus tard le titre du film, Rêve de femme, quand Monika, commençant à s'ennuyer dans leur périple autour de l'île d'Orno, se plaint : "Nous ne sommes pas allés au cinéma depuis Rêve de femme", dit-elle. Et Harry de rétorquer : "Mais notre voyage, c'est un rêve". A elle, le cinéma manque, comme si le rêve qu'il procure était le véritable réel (ou la vraie vie); tandis qu'à lui, il ne manque pas, car il a le sentiment d'être à l'intérieur du film. La fin de l'histoire viendra confirmer cette sorte de chiasme : Monika s'écartera de lui, poursuivant son rêve, tandis que Harry sortira définitivement du film, leur bébé dans les bras (non sans un flash-black sur les plus intenses moments de plaisir et d'amour). D'un rêve, il ne peut rien rester, rien d'autre que des souvenirs, tandis qu'une aventure laisse des traces (le bébé).

Le cinéma, explique Jean-Luc Nancy (Trafic n°50, p189), met en jeu notre être. C'est lui qui désigne le réel "en tant que tel", qui se détache de nous comme un écran où nous nous projetons.

 

 

Il y a dans le film un moment intense de bifurcation (à 1h19'), quand on voit Monika fixer la caméra. Pendant un long plan, son regard se tourne vers nous. Que regarde-t-elle? Est-ce vraiment le spectateur, la caméra, le réalisateur, ou bien cet autre point focal, ce fantasme filmique auquel elle ne voudrait à aucun prix renoncer? Elle abandonnera tout, mari et enfant, pour cette mise en abyme, pour ce rêve. La vie doit être un film. Tout se passe comme si elle ne pouvait obéir qu'à ce commandement.

 

 

 


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zm.Bergman.1953

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