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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la bêtise                     Derrida, la bêtise
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Séminaire 2001-02 "La bête et le souverain" Volume 1", Ed : Galilée, 2008, p220

 

Segments circulaires (L M-N, 1921) -

Là où s'arrête LA définition (au devenir-chose du nom ou au devenir-Quoi du Qui), elle est toujours bêtise

   
   
   
               
                       

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Dans l'ambition insensée de Bouvard et de Pécuchet, qui traversent à une allure folle toute la philosophie, figure le projet de voir la bêtise elle-même. "Alors une faculté pitoyable se développa dans leur esprit, celle de voir la bêtise et de ne plus la tolérer", écrit Flaubert. En ce lançant dans le projet, tout aussi insensé et démesuré, d'écrire le livre Bouvard et Pécuchet, avec les années de préparation qu'il a exigé, Flaubert prend le risque d'être affecté lui-même par la bêtise. "Bouvard et Pécuchet m'emplissent à tel point que je suis devenu eux! Leur bêtise est mienne et j'en crève" écrit-il dans une lettre. En mettant en oeuvre la bêtise qu'il a secrétée lui-même, en se laissant fasciner par cette bêtise qu'il a érigée en ennemie, en laissant la bêtise contaminer à la fois l'oeuvre et son auteur, Flaubert construit un monument, un formidable monument de granit, une colonne de pierre "inattaquable, impassible, invulnérable" (écrit Derrida). Autre citation de Flaubert (citée par Derrida) : "Les chefs-d'oeuvre sont bêtes. Ils ont la mine tranquille comme les productions mêmes de la nature, comme les grands animaux et les montagnes".

En présentant la philosophie comme une interminable circulation des idées reçues et des lieux communs, en faisant une oeuvre qu'il signe de son nom, en se faisant encore plus bête qu'il n'est pour assurer sa propre survie dans l'univers des auteurs, devenir immortel, Flaubert transforme son nom propre en chose, un Qui en Quoi. Faire de la bêtise une catégorie, vouloir la définir, la raconter, c'est s'y exposer.

 

 

Jacques Derrida généralise ce qu'il dit de la bêtise à la définition en général. Faire de la bêtise une catégorie, vouloir la définir, c'est réduire cet ensemble sémantique à un champ déterminé (échec assuré). N'en va-t-il pas ainsi de toute définition?

La forme générale de la définition, ce serait "Ceci est cela", "S est P". C'est la catégorie grecque, le katêgoreuô, un mot qui veut dire (1) blâmer, décrier, accuser en justice (2) faire connaître, révéler, rendre visible (3) attribuer une qualité, un attribut, un prédicat. Pour Derrida, toute définition est porteuse de ces trois dimensions. Elle attribue une qualité, elle révèle, mais c'est aussi pour accuser devant la justice (ou la justesse).

L'ineptie consiste à vouloir conclure, dit encore Flaubert. Le propre de la bêtise, c'est de s'autoproclamer le propre du propre [ce que seuls les humains peuvent faire]. Poser l'essence, le sens ou la vérité de ceci ou cela, selon une catégorie, c'est s'engager soi-même dans un devenir-chose, un devenir-quoi.

 

 

 


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