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L'archi - road movie, archi - trace du film                     L'archi - road movie, archi - trace du film
             

 

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"L'archi-road movie, ou le routage des sens", article de Peter Szendy paru dans Intermédialités n°19, Printemps 2012.

Dans "Blow Out" (Brian de Palma, 1981) est à l'oeuvre une déconstruction de la greffe audio-visuelle : démontée, mise en scène dans son impossibilité, elle est réinscrite dans le fantasme

   
   
   
                 
                       

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A partir de ce thriller où le gouverneur McRyan meurt dans ce qui ressemble à un accident de la route, Peter Szendy analyse le travail d'ajointement / disjonction de la bande-son et de l'image. Dans le film, le bruiteur Jack enregistre accidentellement le bruit de ce qu'il prend d'abord pour un accident. Mais que faisait dans la voiture la jeune fille (Sally) qu'il sauve de la noyade? Et pourquoi lui demande-t-on de garder le secret sur sa présence? Il faudrait, lui dit-on, préserver la famille, éviter qu'elle ne soit informée de cette présence embarrassante. Alors il écoute et réécoute la bande-son, et se rend compte qu'avant l'éclatement (blow out) du pneu, un coup de feu avait été tiré. Il reconstitue la suite des images à partir d'une série de photographies publiées dans la presse. Tout concorde : il peut apercevoir la trace lumineuse du coup de feu à l'instant même où il s'entend (une sorte de remake de Blow-up, d'Antonioni). Pour lui la preuve est faite : c'est un assassinat. Mais l'affaire tourne mal, comme si cette conjonction hasardeuse ne pouvait que déclencher une malédiction. L'assassin du gouverneur finira par assassiner aussi Sally. Arrivé trop tard, Jack enregistrera le hurlement final de la jeune fille. La boucle se bouclera sur ce croisement improbable, car le cri enregistré correspond exactement à ce dont il a besoin pour la bande-son des films de série B auxquels il concourt.

Il faut, dit Szendy, faire son deuil de la synchronie (la coïncidence parfaite de l'image et du son). Au cinéma, "la vue et l'écoute ne cessent de se frôler, se toucher, se heurter, s'accidenter l'une l'autre", mais ces accrochages ne tiennent pas. Soit l'image est là et le son ne s'ajuste pas; soit c'est l'oreille, et l'oeil ne perçoit pas. Soit Jack entend les appels au secours de Sally, mais ne la voit pas; soit il la voit, mais elle est déjà morte - il ne lui reste que la trace sonore de son cri.

Le cri de Sally, où se rejoignent [sur fond de drapeau américain] le visible et l'audible, le plus stéréotypé des artefacts et le plus déchirant des appels.

 

 

Dans le film, l'audible et le visible ne se rejoignent qu'en deux instants : la mort du gouverneur et celle de Sally. Ce sont des instants exceptionnels. La loi du cinéma, c'est le décalage, l'écart de l'un vis-à-vis de l'autre. "Le visible témoigne du secret de l'audible, et inversement", écrit Szendy. L'écoute est toujours en avance ou en retard par rapport au visible. Malgré ses appareillages, elle est structurellement défectueuse, en défaut. Comme dans l'histoire d'Orphée et d'Eurydice, la conjonction entre le visuel et l'audible est punie de mort. Jack ne sauve Sally que pour la conduire au silence final, à ce hurlement synchronique, ce beau son parfait pour la scène cinématographique.

 

 

 


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