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                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
L'archi - road movie, archi - trace du film                     L'archi - road movie, archi - trace du film
             

 

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"L'archi-road movie, ou le routage des sens", article de Peter Szendy paru dans Intermédialités n°19, Printemps 2012.

[Un traçage de la vue, archi-trace du regard filmique, qu'il faudrait appeler l'"archi-road movie", ouvre la pré-perspective du cinémonde]

   
   
   
                 
                       

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Dans le titre de son article paru en 2012, "L'archi-road movie, ou le routage des sens", Peter Szendy avance deux concepts qui pourraient venir bouleverser notre conception du cinéma :

- "archi road-movie". Construit sur le modèle de l'"archi-écriture" ou de l'"archi-trace" derridiens, l'"archi road movie" pourrait être rapproché de ce qu'Erwin Panfosky appelait une forme symbolique, dont l'exemple le plus notable est la perspective [laquelle serait, selon Hubert Damisch, la forme même de la représentation]. Peter Szendy parle lui aussi de forme quand il évoque, à propos notamment de la figure de défilement routier reprise de manière insistante dans Lost Highway (film de David Lynch, 1997) "la simple forme d'un cadre en déplacement qui soit à même de produire la figure purement cinématique de la route" (p144). Mais, dans l'hypothèse de Szendy, cette figure singulière ou archi-figure ne se constitue pas en perspective organisée, elle introduit, comme pré-perspective, à la possibilité même du film. Elle opère un frayage qui entraîne le spectateur dans le mouvement du film, dans l'expérience même du cinéma.

- "routage des sens". Szendy analyse la façon dont, au cinéma, deux sens s'articulent, ou plutôt se croisent sans véritablement se toucher : l'audition et la vision. Comment faire en sorte que l'écouter et le voir, aussi discordants soient-ils (comme le montre un autre film, Blow out, signé par Brian de Palma en 1981), opèrent l'un et l'autre? Pour que le film fonctionne, il faut que la greffe audio-visuelle, structurellement impossible, s'inscrive dans le fantasme [ce fantasme dont Christian Metz a montré la proximité, au cinéma, avec les sources pulsionnelles]. Cela passe, dans les deux films cités, par un cri (celui de Sally dans Blow Out, au moment de sa mort, et celui de Fred dans Lost Highway, au moment du passage dans le monde de son double Pete - l'autre monde), deux cris ou plus exactement deux fois un cri, chaque fois unique. Chaque film, ou peut-être chaque séquence de film, suppose un autre routage des sens.

Mais pour suivre Szendy, il faut encore tenir compte de la place singulière occupée, aujourd'hui, par le cinéma. Il s'appuie sur la thèse développée par Jean-Luc Nancy sous le titre "art de l'évidence". Selon Nancy, notre expérience du monde est désormais rendue possible, schématisée, préparée, frayée, par le cinéma. Il faut des formes ou structures audio-visuelles (comme l'archi road-movie de Szendy) pour rendre possible notre expérience du monde. De telles formes ou archi-formes, à la fois immanentes et exceptionnelles, peuvent être qualifiées de quasi-transcendantales au sens de Jacques Derrida : un élément qui s'éloigne de la perception, qui opère une mise en retrait, pour rendre la perception possible. Dans Et la vie continue (1992) comme dans d'autres films de Kiarostami, le schème routier occuperait cette place d'embrayeur qui ouvre dans le film un rapport à soi, une différance.

 

 

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Propositions

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Le "road movie", qui est le genre pour lequel il y va du cinéma comme tel, inscrit la condition de possibilité de l'expérience cinématographique dans le cinémonde

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Un "routage" règle l'expérience filmique comme telle, dans l'écart chaque fois unique entre l'écouter et le voir : le "routage des sens"

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Dans "Blow Out" (Brian de Palma, 1981) est à l'oeuvre une déconstruction de la greffe audio-visuelle : démontée, mise en scène dans son impossibilité, elle est réinscrite dans le fantasme

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Dans "Lost Highway" (film de David Lynch, 1997), une figure de défilement routier fait le lien entre les éléments d'un récit dont la diffraction est irréductible

 

 

 


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