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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le poème, unique, par l'art - hors l'art                     Le poème, unique, par l'art - hors l'art
Sources (*) : Derrida, la poésie               Derrida, la poésie
Jacques Derrida - "Séminaire 2001-02 "La bête et le souverain" Volume 1", Ed : Galilée, 2008, p302 Derrida, date et signature

[Paul Celan tente, par la signature unique d'un poème unique, par son art, de s'affranchir de l'art]

Derrida, date et signature
   
   
   
Derrida, l'art, l'oeuvre Derrida, l'art, l'oeuvre
Au - delà du souverain, un concept "unheimlich"               Au - delà du souverain, un concept "unheimlich"    
L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire                     L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire    

1. Paul Celan à partir de Georg Büchner.

Le Méridien, texte de Paul Celan prononcé le 22 octobre 1960 lors de la réception du prix Georg Büchner à Darmstadt, peut être lu comme une méditation sur l'art. C'est en tous cas l'impression que laisse sa première phrase :

"L'art, c'est, vous vous en souvenez, une espèce de marionnette, un être à cinq pieds ïambiques et - trait que la mythologie, convoquée par une allusion à Pygmalion et sa créature, atteste également - sans enfants" (Paul Celan, Le Méridien et autres proses, p59).

"Vous vous en souvenez" renvoie à la tirade de Camille sur l'art dans La mort de Danton, de Büchner :

"Je vous le dis, s'ils ne reçoivent pas tout sous forme de copies malhabiles étiquetées en théâtres, concerts et expositions de peinture, ils n'ont ni yeux ni oreilles. Si quelqu'un taille une marionnette pendue au bout du fil qui la fait gesticuler, et dont les articulations craquent à chaque pas en pentamètres iambiques, quel personnage, quelle logique! (...) Les Grecs savaient ce qu'ils disaient quand ils racontaient que la statue de Pygmalion avait certes reçu la vie, mais qu'elle n'avait pas eu d'enfants"(La Mort de Danton, Georg Büchner, p78 de l'édition française chez Garnier Flammarion).

Büchner critique un art répétitif, rhétorique, qui ne fait que reproduire des modèles existants, et préconise un art qui se renouvelle à chaque instant, un art de création, véritablement fécond selon lui. Mais son discours est plus complexe qu'il n'y paraît, il contient d'autres amorces dont Celan fait la liste. L'art, dit Celan, c'est aussi un problème, "un problème qui peut changer de forme, qui a la vie dure et longue, autant dire éternel". Les mortels qui en parlent (Danton et Camille Desmoulins dans le texte de Büchner) alignent des mots et des mots, mais pour entendre ce qu'ils disent, c'est de leur mort qu'il faut partir. On les juge, ils sont guillotinés, et c'est alors que surgit le cri absurde de Lucile (la femme de Camille) : "Vive le roi!". Celle qui ne les écoute pas vraiment quand ils discutent, celle qui est aveugle à l'art mais les entend parler, c'est elle qui profère cette parole, cette contre-parole, cet acte de liberté, ce pas qui scande à la fois une sortie hors de l'humain et un hommage à la poésie comme présence de l'humain.

Celan (re)trouve chez Büchner les paradoxes à travers lesquels il doit, lui aussi, frayer sa route : il faut en passer par un genre (l'art, la poésie) pour aller à la rencontre d'un secret qui ne peut se dire par aucun des discours établis.

 

2. Jacques Derrida à partir de Paul Celan.

A la lecture des deux séances de séminaire que Derrida consacre au Méridien, on peut repérer trois moments :

- celui du discours sur l'art, qui est aussi un discours du souverain. Il se présente comme un rapport ambigu, une oscillation, entre deux fables ou deux récits de la marionnette (un Quoi, un Qui) [oscillation qu'on retrouve et chez Büchner et chez Paul Celan],

- la poésie telle qu'elle s'écrit, où l'homme occupe la place du souverain mais laisse cette place débordée par les mots [encore une oscillation, inarrêtable],

- ce que Celan appelle le poème absolu, cette chose impossible, au-delà de tout trope, de toute figure et de toute rhétorique, qui parle en son nom et aussi au nom d'un tout autre. Ayant franchi l'art et aussi la poésie, en un moment unique, irrépétable, un tournant du souffle, c'est le moment où s'opère la rencontre inouïe du toi, du Tu, de l'autre, dans un présent qui n'est pas le présent-vivant de Husserl.

C'est ce dernier moment qui vient converger avec la pensée de Jacques Derrida. Le "pas" de Lucile est une mise en question radicale de l'art. Il opère comme une signature, un acte (performatif) qui ne dit pas ce qu'est le poème, mais "où il va et vient". Son secret n'est pas dans sa présentation, mais dans la rencontre qui le rend possible. Le cri de Lucille, daté, manifeste un chemin impossible qui n'est plus celui de l'art ni celui de la poésie, mais le plus proprement sien. Personne ne le lui a soufflé. Lucile intervient comme Je ou Moi singulier, solitaire, sur la voie d'un "au-delà du souverain" qui prolonge et déborde les discours de Camille (Ah! l'art), de Danton, de Lenz, de Büchner et des autres. Il vise un saut au-dessus de l'infranchissable, un lieu vide que même le poème ne peut nommer.

 

 

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Propositions

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L'art, c'est un problème, un problème qui peut changer de forme, qui a la vie dure et longue

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Il y a toujours, quand on parle d'art, quelqu'un qui est là, entend, regarde, n'écoute pas vraiment et ne sait pas de quoi on a parlé (un "je" qui s'en va, dégage)

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L'art, c'est peut-être, entre deux fables qui se croisent, le nom de ce qui décide de ce qu'aura été la marionnette : un Qui ou un Quoi

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Tout le chemin de la poésie - l'art y compris - n'aura été parcouru que par la courte durée d'un unique moment : tournant (ou renverse) du souffle (Atemwende)

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L'énigme de la date, c'est un "Moi" singulier, solitaire, un "Je" en chemin, un poète qui la met en oeuvre, ce n'est pas l'artiste en tant qu'il est préoccupé par les questions de l'art

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Va avec l'art dans l'étroit passage qui est le plus proprement tien. Et dégage-toi

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Il s'agit avec l'art, cette marionnette, de sortir hors de l'humain, de se transporter dans un domaine qui tourne vers l'humain sa face étrange

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Là où n'arrivent que du "mortel" et du "pour rien", la poésie recueille l'infini, mais ce poème dont parle Paul Celan - le poème absolu -, il ne peut pas y en avoir

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[Seul, en chemin, le poème se tient dans le secret de la rencontre - un chemin impossible, le chemin de l'impossible]

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