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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
                   
Sources (*) :              
Peter Szendy - "L'Apocalypse cinéma - 2012 et autres fins du monde", Ed : Capricci, 2012, pp28, 30

 

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Un film présuppose un archi-décalage impossible à montrer : l'écart filmique comme tel

   
   
   
                 
                       

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Dans le film Cloverfield (Matt Reeves, 2008), qui raconte l'attaque de Manhattan, un 22 mai, par une sorte de monstre marin, c'est l'un des personnages (Hud) qui tient la caméra. Dans l'appareil, le film recouvre en partie un autre film qu'un autre personnage (Rob) avait pris le 27 avril précédent avec la même caméra. Puis il est récupéré et archivé par l'armée américaine. Résultat : cinq dates se superposent (1) le bonheur d'un couple à Coney Island le 27 avril; (2) la destruction de Manhattan et la mort de tous les personnages le 22 mai; (3) la reprise du film à une date inconnue par l'armée; (4) la date de de tournage du film, 2007, qui est aussi celle où l'histoire est supposée avoir lieu; (5) le visionnement par nous-mêmes, les spectateurs, aujourd'hui.

Peter Szendy fait remarquer que la structure du film est testamentaire : il ne reste, des deux premières dates, qu'une trace filmique. Le film fait date, il atteste, bien que nul vivant ne puisse plus témoigner de ce qu'il montre. Entre la date perdue, réduite en cendres, et sa commémoration, sa répétition à venir, il creuse un écart, qui est la structure même de l'image filmique. Cette structure est annoncée dès le début, lorsque l'écran noir semble se mettre en mouvement, sursauter, tressaillir. Il se détache, se distingue de lui-même, un temps que Szendy appelle archidécalage, "le démarrage du mouvement même de la cinématographie".

 

 

Entre les dates (1) et (2), toutes deux englouties, disparues, se creuse un écart, un pur écart. Le film est une injonction à bouger, à passer d'un lieu à un autre, une graphie du mouvement. Chaque image, hantée par celle qui la précède, appelle une autre image à venir, chaque date témoigne de celle qui est réduite en cendres, et appelle une citation, une répétition. Szendy énonce l'injonction : "Let's keep moving", qui est à la fois celle du film et celle du monstre qui oblige à fuir en permanence.

Dans l'archive de l'armée américaine telle qu'elle est montrée ci-dessus (archive peut-être secrète), il n'y a plus rien ni personne, mais le film continue à tourner, sans raison ni destination, écrit Szendy. Ça continue d'enregistrer, de témoigner, de documenter. Ainsi la structure filmique, l'archi-décalage, semble--t-elle se montrer comme telle.

cf, chez Lacan, le thème de la machine qui se compte elle-même.

 

 


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