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"Glas" : Faire son deuil de la signature                     "Glas" : Faire son deuil de la signature
Sources (*) : "Je suis mort", et "Je me dois à la mort"               "Je suis mort", et "Je me dois à la mort"
Jacques Derrida - "Glas", Ed : Galilée, 1974, p92bi

 

Figure de fleur (Hokusai, fragment) -

Derrida, l'écriture

Il suffit d'écrire "je suis" et déjà, d'avance, sans que rien ne soit annoncé par personne, "je suis" a signé son glas, son arrêt de mort, cette mort qui a déjà eu lieu

Derrida, l'écriture
   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida part d'une remarque sur l'écriture de Jean Genet. Il écrit "pour la Mort, depuis la Mort, à l'adresse des Morts" (p91b), et pourtant, pour lui, "la Mort n'est rien". Ces Morts auxquels il écrit, ils n'ont jamais été vivants. Genet, obsédé par la décapitation de ses compagnons de prison qui ne sont que des noms communs émajusculisés (p13b), fait sonner un glas qui ne sonne pour personne, comme le Klang de Hegel. Le glas ne rappelle rien, n'annonce rien d'autre qu'un passé qui n'a pas encore été vécu, des traces de traces qui ne retracent que d'autres textes.

On ne peut pas dire "Je suis mort" (comme le Valdemar de Poe), on ne peut que l'écrire. En s'écrivant (p92bi), en écrivant "Je m'éc.", Genet écrit aussi : "Je suis déjà mort" (p92bi). En écrivant "Je suis", il n'est déjà plus. Le père parlant, le père vivant, est déjà mort. On ne peut plus en attendre aucune vérité. Et comme ce père, c'est "je", "je" est aussi un cadavre, "je" est le reste de l'opération, mais c'est un reste magnifique, glorieux, érigé. Tout cadavre chez Genet est un objet phallique,. Dans l'histoire de Notre-Dame-des-Fleurs, le phallus est représenté par la cravate, arme du crime, et par le corps de Notre-Dame-des-Fleurs, jeune homme de 16 ans d'une beauté stupéfiante, voué à la mort avant même d'avoir vécu.

Genet n'écrit pas une oeuvre pour les générations futures, il écrit pour rejoindre "l'immémoriale nuit peuplée de morts qui vont se reconnaître dans cette oeuvre" (p93b). C'est, dit Derrida, le point de vue d'Oedipe (p93b, formule répétée p94b). Pourquoi? Comme Notre-Dame (p95b), comme le Christ, Genet peut dire "Je suis mon père, ma mère, mon fils et moi", il peut se dire vierge né d'une vierge, il peut prendre la place de l'ange annonciateur, il le peut, puisqu'il est déjà mort.

 

 

Le texte de Genet est composé "en Oedipe" (p94b), dans la langue de l'Oedipe, comme si cette langue était une langue maternelle (p95b), la seule disponible. Mais cette langue n'est pas non plus la langue de Genet, qui écrit à la fois dedans et dehors. Il suffit d'écrire "Je suis" pour occuper toutes les places : le père mort, le fils mort, la mère vierge, et "moi", "Je suis mort". Ce parcours décrit "du point de vue de l'Oedipe", monté sur l'Oedipe mais ni pour ni contre, c'est peut-être une étape ultime de la méditation derridienne sur l'écriture. Si le père est déjà mort, pourquoi faudrait-il un meurtre? Si le meurtre est déjà accompli, pourquoi faudrait-il craindre la castration? Elle menace déjà, depuis le premier jour, et même avant le premier jour, elle menaçait. En d'autres termes, depuis toujours [et pas seulement depuis le supposé meurtre du père], je suis mort. CQFD.

 

 

 


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