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Derrida, citation contaminatrice                     Derrida, citation contaminatrice
Sources (*) : Agamben/Derrida, héritages partagés               Agamben/Derrida, héritages partagés
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 5 juillet 2014 Derrida, renvois, citations

[La pratique citationnelle de Jacques Derrida est diverse et hétérogène : de la plus classique à la plus contaminatrice / disséminatrice]

Derrida, renvois, citations
   
   
   
Derrida, le livre Derrida, le livre
L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire    
L'oeuvre derridienne e(s)t ce qu'elle cite                     L'oeuvre derridienne e(s)t ce qu'elle cite    

1. Deux types de citations.

Dans un texte, évoquer une œuvre, c’est toujours, d’une façon ou d’une autre, la citer. S’interroger sur le rapport de Jacques Derrida aux autres œuvres, c’est s’interroger sur sa façon de les citer. On peut distinguer chez lui deux modalités de la citation, «contaminatrice» ou «classique». La première n’est pas sans rapport avec le principe de l’œuvre, tandis que la seconde est conditionnée par certaines normes d’écriture. Ces deux modalités ne s’excluent pas (une citation peut être à la fois contaminatrice et classique). Certains textes privilégient le premier type sur le second (par exemple Glas ou La Dissémination, quatrième texte du recueil intitulé lui aussi La Dissémination) , d’autres, le second sur le premier (par exemple la plupart des textes réunis dans De la Grammatologie, ou Spectres de Marx ou encore, pour prendre un exemple dans les séminaires, les citations de Giorgio Agamben recueillies dans le volume 1 de La Bête et le Souverain. Les citations qu'on peut qualifier de "classiques" s'incorporent sans reste ni supplément dans la logique de son discours. Il arrive aussi qu'elles témoignent d'une proximité ou d'une amitié. Mais aucun texte de Derrida n’est absolument dépourvu de contamination.

 

2. Citations contaminatrices.

La citation contaminatrice, c'est celle qui, à la façon d'un collage ou d'un remix dans les pratiques de l'art contemporain, vient en excès par rapport au discours ou au texte dans lequel elle s'insère. De l'intérieur de ce texte, elle fait signe vers une extériorité, un hors-texte immaîtrisé, dont les effets sur le texte sont imprévisibles, incalculables. Ce type de citation, quand il est mis en oeuvre par Jacques Derrida, n'est pas superficiel, extérieur à sa pensée, il est central, étroitement articulé à sa théorie de l'écriture. Partant de quelques éléments privilégiés dans le texte cité - voire d’un seul -, il introduit des éléments étrangers à sa "propre" thématique, comme s’il voulait démontrer que, dans l’œuvre citée, il y a toujours encore autre chose et autre chose, et toujours plus. Les citations de ce genre peuvent être courtes, mais souvent elles sont longues, très longues, s'approchant de la "totalité" d’un texte, d’un livre, voire d’un auteur. Tout en préservant la trace d'une altérité (ou d'un pharmakon), ces citations résonnent avec l'essence même du discours derridien. Voici quelques exemples :

- Le quatrième et dernier texte de La Dissémination, qui donne son titre au recueil, renvoie de manière démultipliée au livre de Philippe Sollers, Nombres, lequel est organisé en cent paragraphes doublement numérotés, par multiples de quatre. Derrida s'appuie lui aussi sur le chiffre quatre, et reprend indirectement la structure du texte de Sollers, en organisant son propre texte en dix chapitres (plus un en surnombre).

- Jean Genet dans Glas (romans et pièces de théâtre). Sur la colonne de droite, ce qui est convoqué n'est pas seulement l'oeuvre romanesque comme telle, c'est tout un idiome mis en fragments, désarticulé, réduit à ses mots, ses lettres, ses syllabes (gl), ses associations, ses cheminements sémantiques privilégiés (de la gloire au glas), ses énoncés fantasmatiques.

- Hegel dans Glas (différents textes, dont Principes de la philosophie du droit, L’esprit du judaïsme, L’esprit du christianisme et son destin) sont cités sur un mode qui entretient un certain brouillage. Dans quelle mesure Derrida suit-il ou critique-t-il la logique de Hegel? On n'arrive pas toujours à le savoir. Le texte prend ses distances à l'égard de la dialectique spéculative, tout en incorporant / transformant certaines affirmations hegeliennes, isolées de leur continuité logique.

- John Searle dans Limited Inc (Réitération des différences). Searle ayant refusé de publier son texte dans le même ouvrage que Derrida, celui-ci choisit ironiquement d'écrire, la même année (1977) une réplique où il est cité dans sa quasi-intégralité.

- Forcener le subjectile se présente comme une partie d'un livre d'art intitulé Artaud, dessins et portraits, co-signé par Paule Thévenin et Jacques Derrida. Le titre renvoie aux dessins d'Artaud, qui sont à la fois au centre de l'ouvrage et relégués en position parergonale (ou de non-texte, malgré les nombreux écrits manuscrits figurant sur les dessins). Sur la couverture plastifiée, Artaud n'apparaît pas comme auteur, mais sur la couverture cartonnée, c'est sa signature qui est reproduite. Artaud aurait-il accepté de signer un tel dispositif ? La question n'est posée qu'indirectement par le texte de Derrida. Ici encore, la reproduction intégrale des dessins est une contamination réciproque.

- Les images photographiques de Droit de Regards dans «Lecture de Droit de Regards de Marie-Françoise Plissart» parlent, elles aussi, pour elles-mêmes. Elles se propagent dans le texte derridien.

- Concernant la psychanalyse, on peut citer (outre le cas particulier de "Fors", qui est aussi une introduction au texte de Nicolas Abraham et Maria Torok, "L'écorce et le noyau"), la longue citation de Mélanie Klein dans "De la grammatologie" (pp132-133) [cf commentaire ici. Tout se passe comme si Mélanie Klein parlait au nom du signataire, mais en allant plus loin encore que ce qu'il dit].

- On trouve dans la Dissémination une note de trois pages qui contient une sélection de passages des Chants de Maldoror (p52, note 24) qui renvoient à certains mots (grille, colonne, carré, pierre, poison) tous associés à l'élaboration derrridienne autour du phallus et à l'analyse du texte de Freud La tête de Méduse. Ici encore, l'idiome de Lautréamont semble infecter le texte théorique.

D’un côté, Derrida se focalise sur un ou plusieurs points particuliers qu’on peut considérer comme marginaux dans le texte étudié (par exemple la quatrième surface chez Sollers, la Sittlichkeit chez Hegel, les cas non sérieux chez Searle, le parergon chez Kant, voire le pharmakon chez Platon). Mais d’un autre côté, il donne la parole à l’autre texte, il le laisse envahir le sien propre, y compris par des aspects qui ne semblent avoir aucun rapport avec ce qu’il discute à ce moment-là.

 

3. Un étrange rapport aux oeuvres.

Derrida est-il heideggérien? Nietzschéen? Freudien? Lévinassien? Reste-t-il, malgré ses critiques, attaché à la métaphysique, à la voix ou à la présence? S’il est impossible de répondre, c’est à cause de cet étrange rapport aux œuvres, qui les traite comme des pharmaka, à la fois ressources (remèdes) et contre-ressources (poisons). Dans ce rapport contaminant, les œuvres qui infectent l’œuvre derridienne n’en sont plus séparables. Les phrases d’Artaud, de Joyce, de Ponge, de Celan, de Lautréamont ou de Genet ne sont-elles pas devenues d’une certaine façon des parties insécables de l’œuvre derridienne? Cette oeuvre ne supporte pas ses propres limites. Il faut donner la parole à l’autre texte, le laisser envahir le sien propre. Il le faut, inconditionnellement, malgré toutes les difficultés que cela implique, les obstacles qui tiennent à la structure même du texte et du livre.

 

 

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Propositions

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[La querelle entre Giorgio Agamben et Jacques Derrida, ou : "Comment protéger les bords de l'oeuvre?"]

-

Seule la psychanalyse peut produire une théorie de l'objectivité idéale qui ait un sens "archontique", au regard de toute science régionale

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