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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'adresse                     Derrida, l'adresse
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 2 sept 2014

[Derrida, l'adresse]

Autres renvois :
   

Derrida, la confession et ce qui s'en suit

   

Derrida, envois, destinations

   

Derrida, itérabilité, marque, re-marque

                 
                       

1. Un Oui primaire.

Il y a, avant les mots, avant même la langue, tout près du cri inarticulé, un Oui qui marque l'adresse à l'autre. C'est un Oui primaire, incompréhensible et ineffaçable, qui ne nomme, ne décrit, ne désigne rien. A chaque énonciation, geste, parole ou interjection, il est invoqué, appelé. Ce "je" minimal (dont dérive le "je" du conscient ou de l'inconscient) reconnaît qu'il y a de l'autre et du langage, que ce langage lui parvient, qu'il l'entend et qu'il peut être entendu. Toute affirmation, assertion, constat, promesse ou serment présuppose ce Oui qui s'adresse à l'autre, cet autre qui a déjà dit Oui, pour lui demander de dire Oui - un Oui redoublé, un Oui Oui qui acquiesce à la venue d'un autre Oui, d'un Oui tout autre. En disant Oui, le "je" s'engage, il signe, il répond à l'interpellation de cet autre en lequel il croit.

Quand on prie, on demande à être entendu. La pure prière s'adresse à l'autre comme autre, comme tel, et ne lui demande rien d'autre que de lui donner la promesse de sa présence.

 

2. Un seul, plus d'un.

Chaque fois, une phrase s'adresse à un seul, un unique; mais chaque phrase est itérable. Elle pourra toujours s'adresser à un autre (un autre autre), autrement, à plus d'un. C'est sa destinerrance.

S'adresser à l'autre comme tel, c'est accepter par principe que cet autre reste incertain, indéterminé. Détruire cette incertitude, l'interdire d'avance, ce serait le mal radical.

 

3. Une demande de pardon.

Que l'adresse vienne de l'autre à moi, de moi à moi ou de moi à l'autre, elle exige la confiance. Comment s'assurer de cette confiance? Si l'autre ne contresigne pas l'envoi, il est impossible d'exclure, dans quelque parole que ce soit, le mensonge, le parjure, le faux témoignage ou la trahison, y compris venant de soi-même.

Pour que les paroles soient crédibles, il faut commencer par demander pardon. Quand je dis "je", ce mot est toujours ambigu. Ce peut être un "je" singulier, un "je" universel, général, ou un "je" tout autre; il peut s'adresser à ce "tu", mais il peut aussi, en secret, changer de destinataire. Il peut, au dernier moment, substituer une autre adresse, une autre destination, et c'est la racine du parjure.

 

 

 

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Propositions

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"Oui oui"; tout discours est entre deux "oui", celui qui s'adresse à l'autre pour lui demander de dire oui, et le oui d'un autre, déjà impliqué dans le premier "oui"

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La prière, expérience essentielle du discours chrétien, s'adresse à l'autre comme autre, en ne lui demandant rien d'autre que de donner la promesse de sa présence

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La destinerrance d'une phrase, c'est qu'elle s'adresse chaque fois à un seul - mais il est impossible qu'elle ne s'adresse qu'à un seul, elle s'adresse à plus d'un

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Pour en appeler à une politique de l'amitié, il faut s'adresser à l'autre comme tel - par la mise en oeuvre d'une force performative qui ne puisse compter sur aucune assurance

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La théologie négative ne peut échapper à la rhétorique du renoncement au savoir que par la prière, l'apostrophe, l'adresse à l'autre, à un "toi"

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Un "oui" primaire, incompréhensible et ineffaçable, marque avant la langue et dans la langue qu'il y a de l'adresse à l'autre

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Etant exposée à une violence ou un abus toujours possibles (faux témoignage, mensonge, parjure, trahison, etc...), toute adresse à l'autre commence par une demande de pardon

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La substitution du "je" au "je" est la racine du parjure, car je peux toujours, au dernier moment, changer l'adresse en secret

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Il est toujours possible qu'une lettre n'arrive pas à destination; et si l'autre ne contresigne pas l'envoi, il y a possibilité de parjure ou de trahison

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En disant "Oui", je m'engage et je signe, je réponds à l'interpellation d'un autre en lequel je crois

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Une assurance qui détruirait d'avance la possibilité de s'adresser à l'autre comme tel, ce serait le mal radical; c'est ce sur quoi, avant tout, on ne désire ni ne doit pas vouloir compter

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