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Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Internet, informatique                     Derrida, Internet, informatique
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Papier Machine - Le ruban de machine à écrire et autres réponses", Ed : Galilée, 2001, d'après la p270

 

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Jacques Derrida s'abstient d'utiliser l'email, car la possibilité que son geste soit immédiatement mondialisé, sans aucun droit de contrôle, le terrifie

   
   
   
               
                       

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Dans sa vie pratique, Jacques Derrida se sert d'un ordinateur, mais uniquement pour le traitement de texte. C'est pour lui un substitut de machine à écrire, plus pratique, plus rapide, mais rien de plus. Il analyse les réseaux, il en fait un thème de recherche et d'étude, il en parle dans son enseignement, mais il ne "surfe" pas lui-même sur le Net, et n'utilise pas non plus l'email. Pourquoi cette abstention, cette abstinence? Pourquoi instaurer une limite aussi nette, un arrêt aussi tranché? Il parle d'auto-protection. Il ne s'interdit pas de faire du Net un motif, il ne porte pas sur lui des jugements définitifs [comme certains de ses collègues], mais cette chose-là n'est pas pour lui, c'est pour d'autres. Pourquoi? S'il franchit cette barrière, il craint que son discours ne devienne immédiatement public, qu'il soit instantanément diffusé partout, sans pouvoir exercer le moindre droit de contrôle, dit-il. Bien sûr, une simple lettre, un courrier pouvait, autrefois, être photocopié et diffusé à n'importe qui. La trahison était toujours possible, mais le risque était borné, cadré. Avec l'Internet, le rythme et l'étendue de la diffusion sont démultipliés, et le risque que ses protections habituelles soient insuffisantes est inacceptable pour lui, terrifiant.

Ce comportement, cette borne posée à l'usage des nouvelles technologies, n'est pas un détail. C'est un trait essentiel de l'activité théorique derridienne : éviter l'improvisation, choisir soigneusement les mots, décider des dates et des modes de publication. Le mot qu'il utilise pour dire ce qu'il ressent devant la défaillance éventuelle de ce système sécuritaire, terreur, est particulièrement fort.

 

 

Qu'est-ce qui est terrorisant? Quel virus, quelle menace, quelle intrusion, pour laquelle une défense aussi vigoureuse est nécessaire? La suite du texte, quelques lignes plus loin (pp271-2), donne peut-être une réponse. Jacques Derrida raconte la récurrence chez lui d'un rêve répétitif : "Je n'écrirais pas, mais tout s'écrirait, de soi-même, et à même la bande. Sans travail (...) ce que je laisserais ainsi s'écrire, ce ne serait pas un livre, un codex, plutôt une bande de papier. Elle s'enroulerait elle-même sur elle-même, électrogramme de tout ce qui (me) serait arrivé ..."

Laisser s'écrire toute sa vie, sans travailler, sans contrôler, ce serait le rêve - mais c'est aussi ce qui ne doit rester qu'un rêve, l'écrit-oral qui suscite la terreur. Entre d'une part un "Je maîtrise" sans concession et d'autre part le fantasme d'un "laisser s'écrire" radical portant sur toute la vie, publique et privée, il y a plus qu'une contradiction, une tension, un double bind, comme si la seconde injonction était, d'une certaine façon, à l'origine de la première.

 

 

 


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