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Derrida, le deuil                     Derrida, le deuil
Sources (*) : Faire son deuil de l'aporie du deuil               Faire son deuil de l'aporie du deuil
Jacob Rogozinski - "Cryptes de Derrida", Ed : Lignes Ed., 2014, pp25, 27

 

Chagrin (Anders Zorn, 1881) -

Aporie du deuil : il faut préserver la mémoire de l'autre, mais il faut aussi l'oublier pour "réussir" son deuil

   
   
   
               
                       

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En tant qu'héritiers, il faut que nous soyons fidèles à l'autre. Mais nous ne pouvons pas incorporer toutes ses traces (nous ne le pouvons pas plus après sa mort que nous ne le pouvions de son vivant). En présupposant sa mort, nous sommes donc infidèles, toujours déjà endeuillés d'un deuil qui ne peut jamais réussir (soit il ne réussit qu'à demi, soit il est impossible). Cette aporie, pour Jacob Rogozinski, est impliquée dans son propre rapport à l'oeuvre derridienne. Il lui faut faire son deuil d'un maître. Mais il ne peut lui être fidèle, dit-il, que dans l'infidélité. "Le deuil est une fidélité infidèle", écrit Derrida (PDS, p331). D'un côté, pour "réussir" le deuil, il faut se séparer du mort; mais d'un autre côté, en "réussissant" de cette façon, on lui est infidéle.

Selon Freud, réussir le deuil implique de se délivrer du mort en se détachant de lui ou en s'identifiant à certains traits (introjection). En reprenant le vocabulaire d'Abraham et Torok, on peut dire que l'échec du deuil survient quand le moi, incapable de se séparer de l'objet d'amour, se l'incorpore inconsciemment, le laisse s'encrypter en lui. C'est la mélancolie. Alors la perte de l'objet se transforme en perte du moi. Selon Derrida, il faut mettre la "réussite" et l'"échec" sur le même plan. Dans les deux cas, on rompt son lien avec l'objet disparu, on tue ou on détruit le mort, on le fait disparaître comme autre. Or les voix spectrales, les restes des voix disparues, peuvent être refoulées, mais pas éliminées. Elles sont écrites et laissent des traces qui continuent à parler, au-delà de la mort et de la norme. Faire son deuil de quelqu'un, dans le sens où cette expression est utilisée habituellement, ce serait y renoncer, le faire disparaître, l'anéantir, l'effacer, et même effacer sa mort. Jacques Derrida préfère privilégier un autre chemin : renoncer au deuil, faire le deuil du deuil pour continuer à entendre, avec hospitalité, les voix spectrales.

 

 

Si l'on suivait le chemin derridien, il n'y aurait donc pas que deux positions possibles par rapport au deuil, réussir ou échouer (comme l'envisage Freud), qui conduiraient toutes deux à l'impossibilité du deuil. Il y en aurait d'autres, que Rogozinski caractérise comme "exceptions" [exception au cours "normal" des choses]. Derrida choisit de faire exception à la norme, il s'impose à lui-même une injonction "archi-éthique" : rendre justice aux morts. On pourrait lui répondre que cette injonction s'impose d'elle-même. Personne ne choisit cet excès de fidélité, ce sont les morts qui insistent sans qu'on puisse y résister. (Freud nomme surmoi ce mécanisme inconscient). Les impasses du deuil, y compris la mélancolie, y trouvent leur source. Ces "exceptions" ne sont-elles pas justement la loi du deuil, la plus insistante?

 

 

 


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