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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Faire son deuil de l'aporie du deuil                     Faire son deuil de l'aporie du deuil
Sources (*) : "Je suis mort", commencement derridien               "Je suis mort", commencement derridien
Jacob Rogozinski - "Cryptes de Derrida", Ed : Lignes Ed., 2014, p45

 

Mrs G. F. Watts (Watts, 1887) -

On ne fera jamais son deuil ni d'un fantôme, ni de la singularité unique, irremplaçable, d'un mort

   
   
   
               
                       

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Selon Jacques Derrida, un deuil ne peut jamais réussir. Quand on "fait son deuil", selon la formule usuelle, soit on fait disparaître ce qui, dans le mort, est le plus étranger (réussite du deuil selon Freud par oubli du mort, à l'exception de certains de ses traits auxquels le sujet s'identifie), soit on l'encrypte en soi (incorporation mélancolique, le mort envahit le moi - Freud - ou se pétrifie en lui - Abraham et Torok). Il reste toujours quelque chose d'inappréhendable - "qui échappe au deuil, dérègle l'ordre rituel de la commémoration et de l'oubli" comme l'écrit Rogozinski. C'est ce reste singulier, irremplaçable, qui revient sans fin sans que l'endeuillé ne puisse le maîtriser, qui intéresse Derrida. C'est un revenant, un fantôme, un spectre. On ne peut ni l'ignorer, ni l'absorber entièrement en soi : il reste extérieur. Il s'impose violemment par une injonction archi-éthique, une obligation de lui faire sa place, de lui rendre justice. Revenu comme mort, il nous hante, il exige fidélité, hommage, respect. Il faut l'invoquer, le commémorer. Mais en même temps, cette invocation est impossible, car sa trace a disparu sans retour. En le faisant venir comme fantôme, on outrage sa mémoire. Il nous terrifie, il nous menace d'une mort pire que la mort. L'endeuillé doit vivre avec cette double injonction, dans cette aporie, en supportant cette autre obligation, faire son deuil du deuil.

 

 

Jacob Rogozinski distingue entre le fantôme ou le spectre, d'une part, et la singularité du mort, d'autre part. On ne peut faire le deuil ni de l'un, ni de l'autre, mais pas pour les mêmes raisons. Le fantôme revient toujours. Il dérègle les ordres rituels, ceux de la commémoration et de l'oubli, mais ce n'est qu'une ombre inconsistante, sans singularité. S'il fait si peur, s'il est si terrifiant, c'est parce qu'il efface la singularité du mort. C'est "la mémoire d'une mort pire que la mort". Quant à ce mort lui-même, dans sa singularité, il peut disparaître complètement, dans le secret d'une crypte d'où il ne reviendra jamais. Respecter son altérité, son monde, c'est faire le deuil de tous les deuils normés, finis, c'est faire le deuil du deuil, un geste impossible, infini.

 

 

 


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