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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'amitié                     Derrida, l'amitié
Sources (*) :              
Jacques Derrida - ""Politiques de l'amitié", suivi de "L'oreille de Heidegger"", Ed : Galilée, 1994, p27

 

-

L'"aimance" tient à cela qu'il vaut mieux aimer (amour ou amitié), même dans la dissymétrie entre l'aimé et l'être-aimé, et même en aimant un mort

   
   
   
               
                       

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Pour aimer, il faut être vivant, il faut savoir qu'on aime - ce qui est possible avant même d'être aimé. C'est le côté actif de l'amitié ou de l'amour, tel que décrit par Aristote. Mais l'aimé, lui, n'est pas nécessairement vivant. On peut aimer un mort d'amitié ou d'amour. Ce que Derrida appelle "aimance" n'est pas un rapport entre deux vivants. Entre la voix active et la voix passive, c'est une "voix moyenne" qui associe dans une seule et même configuration, unique, deux expériences irréductiblement dissymétriques. Les frontières entre amour et amitié, aimer et être-aimé, actif et passif sont débordées par cette expérience. S'il s'agit toujours, dans l'amour et l'amitié, de préférence, vaut-il mieux aimer [pour la passion] ou être aimé [pour l'honneur, l'hommage ainsi rendu]? Ou vaut-il mieux aimer l'aimance?

On peut aimer de différentes façons. Il y a l'amour (indissociable d'une dimension d'"avoir", d'une pulsion d'appropriation), l'amitié qu'on pourrait dire "classique" (celle qu'on éprouve à l'égard du semblable, du prochain), et il y a ce que Derrida appelle la "juste" amitié (l'amitié singulière, dissymétrique, en retrait des savoirs et des jugements, qui rompt avec tout principe d'équivalence). En pratique, ces modalités sont indissociables. La "juste amitié" n'est même pas conceptuable : c'est un concept sans concept, un impossible, et aussi une inconditionnalité.

 

 

- Scripteur : Le film Poison Ivy, (Fleur de Poison dans la distribution française), de Katt Shea (1992), est l'histoire d'une amitié entre deux collégiennes qui se termine très mal. D'un côté Sylvie, fille d'un directeur de chaîne de télévision, d'un milieu plutôt aisé; de l'autre Ivy, dont on ne connaît pas le vrai nom (c'est Sylvie qui lui a attribué ce nom-là). Elle se dit abandonnée par ses parents. La dissymétrie entre les deux filles est saisissante : Ivy provocatrice, séductrice, jouisseuse; de l'autre Sylvie modeste, renfermée, qui s'habille encore en petite fille. Toutes deux, pour des raisons différentes, sont solitaires. Tout au long du film, malgré l'écart énorme qui se creuse entre elles, elles se soutiennent l'une l'autre - mais ce soutien est radicalement dissymétrique. Du côté de Sylvie, l'aimante, l'amitié ne cesse de se renouveler, elle se confirme chaque fois au risque de la folie, malgré ou peut-être à cause des catastrophes provoquées par Ivy. A la fin, cette amitié inextinguible prend le nom d'amour [à noter qu'on retrouve dans Ivy trois lettres du prénom Sylvie]. Du côté d'Ivy, c'est une manipulation mortifère. Ivy fait semblant d'être une amie, mais n'a d'autre objectif que de s'imposer dans la famille de Sylvie. Elle paiera très cher cette trahison : elle mourra. Mais éternellement, Sylvie en gardera le souvenir, elle portera en elle une certaine nostalgie de cette amitié perdue (structure testamentaire de l'amitié).

Un être surgi du dehors, qui brise une famille, c'est aussi le thème du film de Pasolini, Teorema.

- Ozzy : Par l'intermédiaire d'Ivy, Sylvie semble accomplir un désir qu'on pourrait qualifier de strictement oedipien, le plus ambivalent des désirs féminins : tuer sa mère (ici Georgie), coucher avec son père (ici Darryl). Il arrive que le complexe d'Electre ressemble fort à la simple inversion du complexe d'Oedipe. Sylvie tue même sa mère deux fois : la première par l'intermédiaire d'Ivy, qu'elle a introduite chez elle [Ivy veut remplacer Georgie auprès de Darryl], la deuxième en tuant elle-même Ivy (pour se venger d'une triple trahison : avoir poussé Darryl à replonger dans l'alcool, avoir couché avec Darryl, avec poussé Georgie dans le vide). Sylvie peut avoir la conscience tranquille : bien qu'elle ait commis ces forfaits par personne interposée, elle peut encore se dire innocente.

Etranges jeux de substitution : Ivy se substitue à Georgie en tant que femme de Daryll, Ivy se substitue à Sylvie en tant que fille de ce couple bizarre et malheureux, Ivy se substitue à Sylvie en tant que femme séductrice.

Ivy joue tous les rôles, y compris le sien propre : adolescente cynique et prête à tout pour épouser un homme riche, femme de Darryl avec son petit chien et sa voiture de sport, amie de Sylvie. C'est cette dangereuse ubiquité qui la tuera.

A noter que Poison Ivy (L'Empoisonneuse dans certaines traductions), est l'un des ennemis de Batman dans l'univers des Comics. Elément hétérogène appelé par Sylvie pour la protéger, elle vient aussi menacer, détruire, la structure familiale. Figure du pharmakon, elle accomplit pour son double Sylvie à la fois le pire et le plus désirable.

 

 


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