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Derrida, l'amitié                     Derrida, l'amitié
Sources (*) : Derrida, le politique               Derrida, le politique
Jacques Derrida - ""Politiques de l'amitié", suivi de "L'oreille de Heidegger"", Ed : Galilée, 1994, p44

 

Humain trop humain I-376 (Nietzsche, 1876-78) -

Avec la formulation "Ennemis, il n'y a point d'ennemi!" (Nietzsche) qui répond à "O mes amis, il n'y a nul amy" (Montaigne), c'est une révolution du politique qui a lieu

   
   
   
               
                       

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Montaigne cite, de mémoire, la formule "O mes amis, il n'y a nul amy" (en grec "O philoi, oudeis philos"). Il l'attribue à Aristote à la suite d'une longue tradition - bien qu'on ne la trouve dans aucun document aristotélicien connu. Plus tard la tradition se poursuivra avec Kant et Blanchot qui citeront à leur tour cette formule, et aussi Nietzsche. Mais Nietzsche (dans Humain trop humain) ne la citera pas telle quelle, il la parodiera (voir ci-contre). Jacques Derrida accorde la plus grande importance à cette parodie de Nietzsche. C'est un bouleversement dit-il, un séisme, une révolution dans le concept politique de l'amitié, et même une révolution du politique tout court.

La formulation de Montaigne est paradoxale. Comment peut-on apostropher ses amis, tout en disant qu'il n'y a point d'amis? Comment peut-on s'adresser à eux s'ils ont disparu, s'ils sont morts? On ne sait s'il s'agit d'un constat ou d'une sentence, d'une hésitation ou d'une contradiction performative. Montaigne se fait le témoin de cette contradiction, il en atteste. Mais Nietzsche va plus loin. Il attribue cette phrase à un sage agonisant, et c'est avec enthousiasme qu'il annonce une autre phrase, une heure de joie, celle où le fou auquel il s'identifie pourra dire, au présent, ici et maintenant : "Ennemis, il n'y a point d'ennemi!". C'est un contre-témoignage, un renversement, un soulèvement qui arrive pour la première fois, dit Derrida. C'est une révolution plus bouleversante, plus politique encore que les révolutions du passé. Quelle révolution? Derrida insiste sur le peut-être qui précède l'heure de joie.

Le retournement de Nietzsche, qui remplace les amis par les ennemis, est aussi surprenant que la formulation paradoxale de Montaigne, héritée d'une longue chaîne qui l'a légitimée par le nom d'Aristote. Pourquoi ne peut-on penser l'amitié qu'au plus proche de son contraire? Pourquoi se dire fou et crier, appeler? Pour répondre à cette question, Jacques Derrida se réfère à une autre citation de Nietzsche, dans un autre texte (Par-delà le bien et le mal, §2). Peut-être, dit Nietzsche, une nouvelle race de philosophe est-elle en train d'émerger, une race qui ne croirait plus en l'antinomie des valeurs. S'il n'y a certitude ni pour l'amitié, ni pour l'inimitié, c'est qu'il n'y a point de certitude d'antinomie entre les deux. Entre l'ami et l'ennemi, dit Nietzsche, le fou (le philosophe nouveau) ne peut pas choisir.

"O mes amis, il n'y a nul ami". On peut entendre dans cette apostrophe une inquiétude, la crainte d'une instabilité, voire d'une catastrophe (Derrida parlera plus tard de "cat'apostrophe") . Ne peut-on compter sur aucun ami? N'y a-t-il dans l'amitié aucune stabilité, aucune certitude? Il y a dans ce paradoxe un aveu. Y aurait-il, dans ce mot d'amitié, une autre vérité, insaisissable, une vérité monstrueuse liée à la coexistence de valeurs incompatibles?

 

 

Si le fou vivant nietzschéen doute de l'amitié comme de l'inimité, ce n'est pas parce qu'il craint que les autres (les amis ou les ennemis) changent d'avis, c'est parce que lui-même n'a aucune certitude. Il suffirait de très peu de choses, dit-il, pour que l'ami ou l'ennemi ne le soient plus. C'est cette incertitude qui bouleverse, selon Derrida, le champ politique. Que dire d'une démocratie qui n'aurait pas de critère sûr pour distinguer ses amis de ses ennemis? Et où chacun pourrait se faire l'héritier testamentaire d'un autre, d'un ami?

 

 

 


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