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DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Oeuvre performative, oeuvrance                     Oeuvre performative, oeuvrance
Sources (*) :              
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 24 février 2015

 

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Une oeuvre performative s'institue elle-même, elle se pose en s'inventant, comme un acte fondateur

   
   
   
               
                       

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Dans le premier texte d’Otobiographies (conférence prononcée en 1976), Jacques Derrida analyse la Déclaration d’indépendance américaine du 4 juillet 1776. Il s’agit d’un acte politique, qui présente aussi les caractéristiques d’une œuvre performative.

 

a. Quand les 56 représentants des 13 colonies américaines se réunissent en Congrès pour accomplir quelque chose de nouveau, créer une institution, le peuple américain n'existe pas encore. Il faut l’inventer. La Déclaration l’institue comme sujet libre et indépendant, et en même temps constate son existence. Pour qu’une telle Déclaration puisse être produite, il aura fallu que le peuple se soit déjà libéré en fait; elle prend acte de cette libération. La performance et le constat, la production et l’archive, sont indissociables (aporie n°2).

 

b. En inventant le peuple américain, l’acte invente aussi ses signataires. En droit, avant la Déclaration, il n’y avait pas de signataire, ni de droit à signer, ni même de peuple ayant un nom. Paradoxe : le signataire est produit par le texte, et pourtant il aura fallu qu’il y ait déjà un signataire pour que ce « je » puisse signer. L’instant de la signature est hétérogène, anachronique ; c’est un simulacre qui fonde le droit. Entre l’acte accompli et la signature, il y a un lien qui ne peut pas être brisé. Si elle perdure, l’institution sera indépendante des individus qui l’ont constituée : elle fera son deuil de ces personnes. Mais dans l’archive, la signature sera gardée. Cette description ne vaut pas que pour une Déclaration politique, elle vaut pour toute œuvre. Quel que soit son auteur, elle invente, dans l’œuvre / hors l’œuvre, ses signataires et ses signatures. Les œuvres produisent les signataires, comme elles produisent les publics.

 

 

 

c. C’est un coup de force, un « coup de droit ». Je dis que je signe, Je dis que j’ai le droit de signer, affirme la Déclaration. En nommant les signataires « peuple américain », en leur donnant un nom, on leur donne aussi le pouvoir de signer.

 

d. La structure de cet acte est celle d’une fable : en parlant d’elle-même, elle « fait » la vérité. C’est un effet de rhétorique, un discours, un simulacre (Sur la fonction de la fable, cf ci-dessous §3.3.b). Dans le même temps, l’ « affabulation » prend acte de la dissolution des liens avec la puissance coloniale et garantit la crédibilité de la nouvelle institution.

 

e. La double nature de l'acte (performatif / constatif) est essentielle pour que le droit soit posé comme tel. En présentant des énoncés performatifs comme des énoncés constatifs, les signataires entrent dans un jeu où l'on peut croire que la loi qu'ils instaurent est naturelle. Signant au nom des lois de la nature, ils signent aussi au nom de Dieu. Jacques Derrida souligne ce dernier point, essentiel dans son analyse. En s’ouvrant son propre crédit d’elle-même à elle-même, une signature fondatrice se donne un nom et produit la contresignature qui la garantit. Sa crédibilité repose sur ce fondement qui garantit la bonté du peuple, la rectitude de ses intentions. Pour que la Déclaration fasse sens, pour qu’elle produise un effet, le rédacteur de la Déclaration américaine (Thomas Jefferson) n’a pas omis cette ultime contresignature souveraine, hors contexte, qui signe de son nom, d’un sceau indéchiffrable.

 

-- CITATION

"Pour que cette Déclaration ait un sens et un effet, il faut une dernière instance. Dieu est le nom, le meilleur, pour cette dernière instance et cette ultime signature. Non pas seulement le meilleur dans un contexte déterminé (telle nation, telle religion, etc.), mais le nom du meilleur nom en général. Or ce (meilleur) nom doit aussi être un nom propre. Dieu est le nom propre le meilleur. On ne pourrait pas remplacer « Dieu » par « le meilleur nom propre »" (Otobiographies pp27-28).

-- FIN DE CITATION

 

  Le concept d’œuvre, pour Jacques Derrida, c’est que ces cinq points doivent s’y trouver. ll faut qu’ils s’y trouvent. Mais pourquoi ? D’où vient cet impératif ? Pourquoi s’impose-t-il avec autant de force ?

 

 

 


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