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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Un performatif tout autre                     Un performatif tout autre
Sources (*) : L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 7 avril 2015 Derrida annonce l'oeuvre à venir

[Avec chaque oeuvre, c'est "comme si" s'inventait un performatif "tout autre"]

Derrida annonce l'oeuvre à venir
   
   
   
                 
                       

1. Un performatif qui excède le performatif, à la jonction de Sec et de Limited Inc.

Jacques Derrida, polémiquant contre John Searle, invente la situation suivante :

CITATION : "Pour l’instant, voici mon conseil, pour un jour où celui qui dit je (Searle) ne se trouverait plus, en 1975, à la New Literary History (Virginia), mais rêverait de se faire passer (je ne dis pas se prendre) pour Jimmy Carter et exigerait qu’on le laisse entrer à la Maison-Blanche. Dès qu’il aura des difficultés (comme on peut le prévoir), il dira aux services secrets, s’il suit mon conseil : c’était une fiction, I was pretending (au second sens) to pretend (au premier sens). Ils demanderont des preuves, des témoins, ne se satisfaisant pas des déclarations d’intention ; ils demanderont quelles sont les « conventions horizontales » de ce jeu. Alors, je conseille à Searle de dire qu’il joue tout seul, qu’il forme à lui seul toute une société, comme certains joueurs d’échecs jouent seuls ou se donnent des adversaires fictifs ; ou bien alors il dira qu’il fait l’expérience d’une fiction (« to pretend » au second sens) en vue d’un roman ou d’une démonstration philosophique pour Glyph "(Jacques Derrida, Limited Inc p196).

On peut analyser cette situation à partir de ce que j'ai nommé l’Aporie n°1 de l'oeuvre performative. Un jour, en 1975 (un jour unique), un individu qui dit je (unique) se présente devant une institution (la Maison-Blanche). Pour pénétrer dans ce bâtiment, il faut remplir certaines conditions que les agents de surveillance connaissent bien car elles sont fixes, déterminées, conventionnelles. Par exemple, il faut avoir pour identité Jimmy Carter. Donc l’individu dit : « Je suis Jimmy Carter ». Evidemment, les agents ne le croient pas. Alors, au lieu de dire : « mais je n’étais pas sérieux, ce n’était qu’une fiction » (ce qui n’aurait certainement pas amusé les agents, mais l’aurait tiré d’affaire), il dit : « Je forme à moi seul une société qui détermine ses propres conventions, donc vous devez me croire ». En disant cela, il prend le risque de se retrouver en prison ou en asile de fous, même s’il précise que cette « société » qu’il forme à lui tout seul est une société littéraire ou philosophique. L’argument sous-jacent pour Derrida, c’est qu’après tout, rien ne distingue la convention légitime, connue des services de police, de la convention illégitime, fixée par un seul individu. Rien ne distingue a priori une reproduction à l’identique, fixée par la tradition, d’un pur événement, qui émerge soudain, d’un seul coup. Selon l’aporie n°1, rien ne distingue l’énoncé sérieux de l’énoncé parasitaire.

Inventons à notre tour une anecdote. cf [Toute oeuvre qui produit les conventions, formulations et critères qui la légitiment, est performative "au-delà du performatif"] §1.

 

2. Du savoir kantien (constatif) à l'université d'aujourd'hui (responsabilité performative).

cf : Dans chaque énoncé universitaire, un performatif singulier est à l'oeuvre, qui engage une philosophie, une axiomatique.

 

3. Mochlos, ou l'effet de levier derridien.

cf : Faire oeuvre, c'est produire un effet de levier (mochlos), c'est marcher par sauts successifs en équilibre instable entre marque et marge, entre constatif et performatif (§2 et page de droite).

 

4. Ce qu'il s'agit de "faire" dans l'université.

cf : Il s'agit, dans l'université, par l'événement de pensée que constituent des oeuvres singulières, de faire arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité, §1 et 2.

 

5. "Comme si" et "au-delà du comme si".

cf : L'espace des oeuvres performatives est le lieu d'un "comme si" à venir, inconditionnellement libre, affranchi de tout enracinement.

 

6. Cézanne, la promesse performative d'un "autre" performatif.

cf : ["Je vous dois la vérité en peinture"; dans ce contrat pictural, la vérité promise ne peut se "dire" que par l'acte de peindre, en tant qu'il franchit les limites].

 

7. Le "berechit" des Souliers, un commencement boiteux qui ne dit pas son nom.

cf : La "peinture à l'oeuvre", c'est là où, de néant à néant - pariant sur le disparate, sur un reste crypté, secret, idiomatique -, les Souliers font marcher.

 

8. "Au-delà du performatif" et principe de l'oeuvre.

De quoi parlons-nous quand nous utilisons cette formulation, « au-delà du performatif » ? Alors que la formule conventionnelle du performatif austinien, du type « La séance est ouverte », peut être répétée telle quelle, sans modification, par un nombre infini de locuteurs, nous nous référons à des phrases ou formules qui ne sont proférées qu’une seule fois par un locuteur singulier. Ces phrases, formulations, gestes, figures, figurations, dessins ou graphes qu’il faut inventer à chaque fois, nous les nommons œuvres. Le syntagme œuvre performative prend un nouveau sens : chaque œuvre répond à une exigence singulière, pour chaque œuvre se pose la question de la responsabilité. Eu égard aux questions posées, elle doit être ‘juste‘. C’est cela qui déterminera son succès ou son échec.

Que se passe-t-il dans l'université contemporaine quand, pour différentes raisons qui tiennent (entre autres) à la mondialisation, à la virtualisation de la communication et des médias, aux réseaux, à la crise des Humanités classiques (etc.), l'activité du professeur engagé dans l'enseignement déborde les limites de l'autorité traditionnelle? Sa profession de foi n'est plus étayée sur un savoir qui occupait la place de la formule conventionnelle de l'acte de langage. Enseigner, professer, c'est s'impliquer dans un acte de parole, c'est se déclarer, s'engager, transformer l'usage et le sens des mots, sans guide ni horizon d'attente. Ce qui arrive aujourd'hui, cette mutation majeure, ce bouleversement radical, déconstruit la production classique du savoir. L’émergence d’un concept d’œuvre tel que nous l’analysons est une réponse à ce phénomène.

Inventer une écriture, c'est créer, pour chaque situation, la loi d'un événement singulier. Produire une oeuvre - que ce soit dans l'institution universitaire, dans le champ de l'art ou ailleurs -, c'est faire arriver quelque chose, c'est produire un événement qui ressemble à un acte de langage performatif, mais le déborde. Un tel événement engage. Il transforme l'usage et le sens des mots et des images (catachrèse), il mobilise des affects. Alors que certains objets d'art ou textes littéraires ne font que reproduire des styles ou des genres, une oeuvre "digne de ce nom" (si elle réussit, c'est-à-dire si elle est capable de susciter l'acquiescement, le "oui", la croyance), opère "au-delà" du performatif. Ce qui la légitime n'est pas une tradition pré-existante, mais les critères qu'elle est susceptible de produire elle-même, selon la structure itérative du langage, à la façon de l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas.

 

 

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Propositions

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[Derrida, analogie, comparaison, "comme si"]

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[Toute oeuvre qui produit les conventions, formulations et critères qui la légitiment, est performative "au-delà du performatif"]

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L'espace des oeuvres performatives est le lieu d'un "comme si" à venir, inconditionnellement libre, affranchi de tout enracinement

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Il s'agit, dans l'université, par l'événement de pensée que constituent des oeuvres singulières, de faire arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité

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Dans chaque énoncé universitaire, un performatif singulier est à l'oeuvre, qui engage une philosophie, une axiomatique et une responsabilité

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Faire oeuvre, c'est produire un effet de levier (mochlos), c'est marcher par sauts successifs en équilibre instable entre marque et marge, entre constatif et performatif

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["Je vous dois la vérité en peinture"; dans ce contrat pictural, la vérité promise ne peut se "dire" que par l'acte de peindre, en tant qu'il franchit les limites]

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La "peinture à l'oeuvre", c'est là où, de néant à néant - pariant sur le disparate, sur un reste crypté, secret, idiomatique -, les Souliers font marcher

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Il faudrait pour l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas définir un performatif sans événement présent, comme on n'en a jamais décrit, mais que toute proposition présuppose

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