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 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Toute oeuvre est une mise en oeuvre                     Toute oeuvre est une mise en oeuvre
Sources (*) : L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 13 avril 2015 L'oeuvre allie à "autre chose"

[Pas d'oeuvre sans mise en oeuvre qui n'engage, en plus de l'oeuvre, autre chose que l'oeuvre]

L'oeuvre allie à "autre chose"
   
   
   
                 
                       

On trouve dans la langue française les expressions à l'oeuvre, en oeuvre, ou mis en oeuvre. Mettre en oeuvre, c'est mettre en mouvement, mais quoi? Ce qui ne pourrait se dire ni s'énoncer sans l'oeuvre. Mais cela, qui ne se dit, ni ne s'énonce, ni ne s'entend, ni ne se voit, ni même n'apparaît, est-ce dans l'oeuvre ou en-dehors de l'oeuvre? Le syntagme "mettre en oeuvre" est porteur de cette ambiguité. Entre d'une part ce qu'on pourrait aussi nommer l'insu, ou l'invu, ou le non-dit, ou l'inentendu, et d'autre part un souscripteur (ou allié, ou signataire, ou inscripteur) fini, singulier, unique, ce qui est mis en oeuvre n'est pas un contrat, mais une "alliance".

 

1. Corpus archivable et théorie des ensembles.

Ce qu'on appelle corpus, c'est-à-dire une oeuvre ou un oeuvre (selon le degré de dignité qu'on veut bien lui accorder), c'est aussi une archive. Mettre en oeuvre, c'est archiver. On trouve, dans le corpus derridien, une analyse d'un autre corpus, celui d'Hélène Cixous, qui présente cette particularité d'avoir été légué et déposé, du vivant de l'auteur, à la Bibliothèque Nationale de France. Qu'est-ce qui, dans ce dépôt, cette archive, fait partie de l'oeuvre et qu'est-ce qui n'en fait pas partie? Pour délimiter un corpus littéraire pouvant être qualifié d'oeuvre, il faudrait pouvoir le distinguer des autres documents déposés à la BNF sur la base d'un critère clair. Or la définition d'une typologie se heurte à des difficultés insurmontables. Comment classer les récits de rêves, les documents, les objets, les lettres, les textes abandonnés, inutilisés? Les matériaux conservés en vue de l'oeuvre sont-ils, oui ou non, dans l'oeuvre? Peuvent-ils être assimilés aux textes de fiction, soit par choix argumenté de tel ou tel spécialiste, soit pour des motifs qui tiennent à leur contenu, explicite ou secret? On ne peut pas en décider, dit Derrida, c'est indécidable. Pour analyser cet étrange rapport entre un ensemble et les éléments d'un ensemble qui peuvent le déborder ou même l'englober, Derrida fait appel au paradoxe de la théorie des ensembles (dit "paradoxe de Russel") (GGGG p84). Ces éléments ressemblent au barbier qui, pour appartenir à la catégorie de ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes, devrait se raser lui-même. Simultanément, ils appartiennent à l'ensemble (au corpus), et n'y appartiennent pas. La solution formelle proposée par Russel est de hiérarchiser les ensembles (théorie des types). Un ensemble de niveau méta ne peut pas appartenir au niveau inférieur. Mais c'est justement cette possibilité de hiérarchisation qui est interdite par la pluralité virtuelle des interprétations. Lire un corpus littéraire, c'est s'ouvrir à toute interprétation possible, et donc refuser toute interprétation.

Ce paradoxe est l'un des aspects, ou l'une des dimensions, de ce que Derrida nomme ailleurs le mal d'archive (voir ci-après §KS). Car d'une part, mettre en oeuvre, c'est archiver, garder une archive.; mais d'autre part, ce qui est archivé n'est pas dans l'oeuvre.

 

2. Mise en acte, mise en oeuvre.

Mettre en oeuvre, c'est mettre en acte - tout au moins pour une oeuvre "digne de ce nom". L'analyse de la mise en oeuvre renvoie à la question du performatif. S'il y avait du pur constatif, rien ne serait mis en oeuvre.

Dans de très nombreuses occurrences, la mise en oeuvre derridienne est performative. Dans Limited Inc (texte qui porte sur la performativité), y compris Vers une éthique de la discussion, c’est toujours de mise en œuvre qu’il est question. En italiques p257 (insistance sur la mise en œuvre).

Elle peut être dogmatique, oppositionnelle (cf. Limited Inc p136),

Cela n’exclut pas qu’une autre décision (non ou a-logique) soit à l’œuvre (Limited Inc p172).

C'est le cas quand elle est fabuleuse (à même l’œuvre du côté du «comme si», de la fable, du faire-savoir, cf La bête et le souverain p62, voir ici), interprétative (lecture), performative dans le sens conventionnel (Cf LUSC p73) ou dans le sens non conventionnel. Dans ce dernier cas c’est un geste unique, un «coup».

C’est une opération qui intervient dans tous les arts, et aussi ailleurs. Chaque fois, c'est la différance qui est mise en oeuvre - et aussi arrêtée.

Voici d'autres exemples piochés dans le texte derridien :

- la Révolution française, c'est la mise en oeuvre de la promesse d'égalité et de réciprocité héritée du christianisme (PDLA p292).

- la tâche à venir, c'est de mettre en oeuvre la démocratie (PDLA p339).

Dans l'interpétation heideggerienne des textes grecs, ce qui est à l'oeuvre, c'est le logos, un logos qui opère "avant" l'oeuvre, dans le "phileîn" (PDLA p373).

Dans l'université d'aujourd'hui, c'est l'exigence performative comme telle qui est mise en oeuvre.

 

 

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Propositions

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Une "mise en oeuvre" suppose des matériaux déjà disponibles en vue de l'oeuvre, pas encore en elle mais destinés à elle et donc déjà, indécidablement, secrètement, en elle

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Légitimer de droit, en tant que telle, l'exigence performative mise en oeuvre par le langage philosophique, tel devrait être, aujourd'hui, le champ privilégié de la recherche universitaire

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Dans leur pluralité, tous les arts sont des mises en oeuvre

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La Révolution française a sécularisé et mis en oeuvre la promesse d'égalité et de réciprocité qui, dans l'amitié chrétienne, lie entre eux les frères

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La tâche qui reste à venir, au-delà du droit, c'est de mettre en oeuvre la démocratie en déracinant les figures qui prescrivent une fraternité androcentrée

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