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Derrida, sur sa vie                     Derrida, sur sa vie
Sources (*) : Derrida, sa Cabale cachée               Derrida, sa Cabale cachée
Jacques Derrida - "Mémoires d'aveugle, L'autoportrait et autres ruines", Ed : RMN, 1990, p100

 

Memoires d'aveugle (Derrida), p23 -

Derrida, la tora

Jacques Derrida, dont le prénom commence comme Jacob et finit comme Isaac, est à la fois le fils élu contre la loi et le père qui, en bénissant ses fils pour les protéger, se retire

Derrida, la tora
   
   
   
Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait
               
                       

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Au début de Mémoires d'aveugle, Jacques Derrida raconte un rêve qu'il a fait le 16 juillet 1989 (voir ci-contre). Rappelons que, le 22 juin, il avait été atteint par une pathologie bénigne, une paralysie faciale défigurante qui avait touché notamment son oeil gauche : "Je me serais vu près de perdre la face, incapable de regarder dans la glace l'effroi de la vérité, la dissymétrie d'une vie en caricature, l'oeil gauche qui ne cligne plus et te fixe insensible sans le répit d'un Augenblick" (Circonfession, pp117-118). Le 6 juillet, pas encore guéri, il doit annuler une réunion au Louvre pour préparer une exposition dont il ne connaît pas encore le thème. Le 11 juillet, il trouve enfin son thème (le dessin d'aveugle), qu'il intitule provisoirement "L'ouvre où ne pas voir", comme il l'explique, dans Mémoires d'aveugle (p38).

Ce rêve, il le raconte (p23), mais dans la foulée du récit, il n'en donne "aucune interprétation immédiate". Il y aurait trop de fils idiomatiques, dit-il, un labyrinthe trop complexe, et il ne veut pas s'y lancer. "Ce rêve reste le mien, il ne regarde personne", ajoute-t-il. Et pourtant, plus loin dans le livre, par précipitation, indique-t-il, il propose lui-même une interprétation (p100). Et c'est là qu'arrive cette petite remarque apparemment anodine sur son prénom. Pour autant qu'on puisse prendre cette remarque pour une interprétation, comme si le « Jacques » (ou Ja...aac) se trouvait là, devant nous, sur le divan, Jacob et Isaac, le fils et le père, ne sont que deux « lui-même ». Aveugle, il l'aura été à moitié, et ils le seront peut-être à moitié, ces vieillards. Donc les vieillards avec (ou contre) lesquels il combat, c'est lui (ce qu'il appelle, en termes théoriques, l'auto-hétéro-affection), ce qui n'est pas sans rappeler le combat de Jacob avec (ou contre) l'ange sur l'échelle, qu'il cite à la même page. Il est les pères, ceux qui bénissent, ceux qui portent la loi, ceux qui ont reçu la promesse et ceux qui l'accomplissent. [Déjà, dans Circonfession, il ne doutait pas qu'il se soit circoncis lui-même]. Le père Tobit reçoit la bénédiction de son fils Tobie, et le fils Jacob reçoit la bénédiction de son père Isaac, mais Jacques est l'un et l'autre à la fois. Il est celui qui donne et celui qui reoit, celui qui reçoit et celui qui donne.

Récit du rêve de Jacques Derrida, le 16 juillet 1989, tel qu'il est raconté dans Mémoires d'aveugle (p23).

 

 

Mais ces pères qu'il est, ils s'en prennent à lui. Il ne faisait que passer, et voilà que les pères le harcèlent, le "font chanter" [en échange de quoi?], l'entraînent dans leur chute. Les voyant en face, c'est son propre visage de cyclope qu'il reconnaît. Il est donc, déjà, à la fois le fils et le père. Ils ne l'ont pas attaqué sans raison. S'ils l'ont fait, c'est qu'il est lui aussi choisi, élu, à l'encontre de son propre frère aîné qui aurait dû être choisi d'une part en raison de son droit d'aînesse, et d'autre part en raison de son aptitude au dessin, au trait. Et pourtant c'est bien lui, Jacques, cet hybride de Jacob et d'Isaac, qui est choisi. La preuve de ce choix, c'est qu'il s'appelle aussi Elie - mais c'est une autre histoire. Et voici que la position du fils et du père s'inverse encore une fois. Les vieillards brandissent une arme contre qui? Pas contre lui, mais contre ses fils à lui. Comment pourrait-il les protéger? A l'égard de ses fils, il est sans défense, à moins que... A moins qu'il ne fasse bon usage du pouvoir de bénédiction. ["Je peux", explique-t-il à propos de la pulsion de pouvoir]. En se retirant doublement, devant ses pères et devant ses fils, il peut peut-être contrer la malédiction.

Reprenons notre thème : le seul lieu qui puisse à la fois bénir et être béni, c'est le lieu de l'oeuvre.

 

 

 


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