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Sources (*) :              
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 13 novembre 2015

 

La machine JADE -

Le jade, initiales de Jacques Derrida, est une pierre, un pharmakon, et aussi une machine de cryptanalyse

   
   
   
               
                       

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Extraits d'un article de Wikipedia (13 novembre 2015) :

Le jade est une pierre gemme très dure et tenace employée en ornementation et en joaillerie. Les différentes variétés de jade étaient très employées à l'époque de la pierre polie pour la confection des haches. Les artistes chinois utilisent depuis longtemps cette pierre semi-précieuse pour réaliser de petits objets d'art.

Le jade désigne trois minéraux distincts pouvant avoir une apparence semblable : la jadéite, la néphrite et le kosmochlor. Initialement les deux premiers minéraux ne sont pas différenciés. C'est en 1863 qu'Alexis Damour décrit et nomme la jadéite, après avoir observé une variété de jade dont la composition différait radicalement de celle d'une autre variété qu'il avait étudiée en 1846 (i.e. néphrite) et identifiée comme appartenant à la famille des trémolites3. On distingue depuis :

- le jade néphrite composé essentiellement de néphrite, un silicate de calcium et magnésium du groupe des amphiboles, assez commun.

- le jade jadéite composé essentiellement de jadéite, un silicate de sodium et aluminium du groupe des pyroxènes, plus dur, plus dense, plus rare et considéré comme plus précieux.

L'origine étymologique est espagnole : les conquistadors du XVe siècle la baptisèrent "piedra de ijada" - textuellement pierre pour la fosse (iliaque) : selon la croyance indienne, elle passait pour guérir les maux de reins et les coliques néphrétiques mais aussi pour éloigner les mauvais esprits.

Les noms jade et néphrite sont de même origine : lapis nephriticus est l'équivalent latin de l'espagnol piedra de ijada, c'est-à-dire pierre du flanc, en référence à son utilisation par les peuples mésoaméricains pour guérir divers maux internes, dont les problèmes néphrétiques.

Le jade est généralement d'un vert plus ou moins prononcé, mais :

- Le jade blanc est le jade pur

- Le jade vert contient des sels de chrome

- Le jade bleu-vert contient des sels de cobalt

- Le jade noir contient des sels de titane

- Le jade rose contient des sels de fer et de manganèse

On trouve de la néphrite en Chine, en Russie, en Nouvelle-Zélande et au Canada. La jadéite fut également utilisée au Guatemala par les Mayas ; elle provenait sans doute des hautes terres du pays (Sierra de las Minas).

Au Guatemala, le géologue Jay Ridinger et son épouse Mary Lou qui est archéologue, ont prospecté dans la région d'Antigua, les rives du fleuve Motagua. En 1974, ils y ont découvert les anciens gisements qui furent exploités à l'époque précolombienne. Dans les gisements qui sont de nouveau en exploitation, on trouve plusieurs couleurs de jade allant du blanc au noir en passant par la traditionnelle couleur verte ainsi que du jade rose très rare. Le jade bleu-vert est appelé « jade des Olmèques », le jade vert foncé « jade des Mayas ».

On en trouve aussi au Kazakhstan, et en Birmanie riche en kosmochlor (jade impérial).

Il existe des gisements de jadéite dans les Alpes italiennes, à proximité du mont Viso. Redécouverts en 2003, ils avaient été exploités au néolithique pour fabriquer des outils en pierre polie. Une hache dont le matériau provient de ces gisements a été retrouvée en Angleterre.

L'antigorite, une serpentine est souvent utilisée, colorisée, afin de simuler du jade alors qu'elle est beaucoup plus courante et moins chère que le jade. L'autre raison étant que l'antigorite est nettement plus tendre que le jade et donc plus aisée à tailler.

C'est, en l'état actuel des connaissances (2012), dans la culture de Hongshan (une culture néolithique, v. 4700-2900 avant l'ère commune) du nord-est de la Chine (Hebei et de part et d'autre des cours supérieurs du Daling (大凌河) et du Xiliao (西遼河) au Liaoning et en Mongolie-Intérieure) et dans une moindre mesure dans la Culture de Zhaobaogou qui l'a précédé (v. 5000-4400) dans la même région, qu'apparaissent les premiers objets de jade en Chine. Ils sont donc contemporains des cultures : « pré-Yangshao » de la période 5500-4500 : cultures de Laoguantai à l'Ouest, et des phases finales des cultures Cishan-Peiligang à l'Est. Le premier « apogée » de cet art se trouve dans la culture de Liangzhu (v. 3300-2000 avant l'ère commune, dans le Delta du Yangzi Jiang), qui multiplie la production et en fait un usage cérémoniel systématiquement associé à l'émergence d'un groupe social distinct, où le mort disposant d'un prestige apparemment incontestable est littéralement enseveli sous le jade : une élite s'approprie ainsi une matière associée à un travail difficile et lent, et en fait sa marque distinctive. Cette pratique se poursuivra sous diverses variantes au cours des millénaires suivants, et la pierre toujours polie et plus ou moins travaillée de manière artistique restera attaché au prestige du rang social et de la beauté jusqu'à l'époque moderne.

Il y a huit mille ans les habitants de ce qui est devenu la Chine actuelle, poussés par des motivations puissantes et un esprit créatif certain, se sont mis à polir consciencieusement ces pierres fines très dures pour en faire des ornements qu'ils portaient à même leur corps. Mais cette action très complexe et certainement très lente, associée aux formes singulières qu'ils choisissaient n'étaient certainement pas des actes dénués d'importance, voire de signification.

La Chine est ainsi le pays le plus important dans la production, la fabrication et l'utilisation du jade.

Au cours de la préhistoire de la Chine, le jade est devenu une pierre précieuse chargée de propriétés magiques. Ce que la tradition en a transmis peut se résumer dans son élégance, son caractère ferme, son aspect de tranquillité, de réserve, de pureté et de vertu. Les légendes ont contribué à cette image. Ainsi celle de Nuwa, la créatrice de l'humanité, lorsque le dôme du Ciel s'est fendu, Nuwa a scellé les fêlures du ciel en broyant ensemble cinq pierres de couleurs différentes. Cette poussière couvrit la terre pendant des éons. Sur terre les esprits du Ciel et de la Terre, les dieux des rivières, et le miel immortel dans lequel les fleurs et toutes les plantes baignent, ont pour la première fois rassemblé l'essence de la vie, et quand le temps fut venu, il s'est manifesté dans la douce splendeur des perles, l'incandescente brillance des gemmes, les compétences de la complexité et la pleine magnificence. Après quoi le jade apparu au sein de l'humanité. Le signe chinois porte en lui même une petite goutte qui semble posée à côté du pilier qui représente la Terre, cette goutte est cette matière précieuse que Nuwa a dispersé sur terre : le jade lui même. Mais les chinois valorisent la beauté du jade pour manifester leurs aspirations à une meilleure qualité de vie. Ainsi la légende de Pangu, lorsque ce premier humain est mort son souffle est devenu vents et nuages, sa chair est devenue terre, et ses os des perles et du jade. Le jade est ainsi devenu une pierre de bon augure, créée avec la propriété magique d'écarter le mal.

Dans la symbolique chinoise, le jade était une pierre relative à l'empereur, symbole d'un pouvoir absolu. L'empereur se devait d'arborer un sceptre de jade (Ruyi) lors des grandes cérémonies. Les cinq rangs de princes recevaient chacun une tablette de jade d'un type particulier.

- Le premier rang recevait une tablette oblongue avec deux colonnes gravées.

- Le deuxième rang recevait une tablette oblongue où figurait un homme debout, le corps droit.

- Le troisième rang recevait une tablette oblongue où était représenté un homme courbé.

- Le quatrième rang recevait une tablette annulaire sur laquelle figurait du millet.

- Le cinquième rang recevait une tablette annulaire gravée de feuilles de jonc.

Chaque année, les princes se rendaient en audience devant l’empereur et rendaient leurs tablettes qui étaient alors comparées avec les formes-modèles conservées au palais. Si tout était conforme les tablettes leur étaient restituées. Le simple fait que l’empereur ne désire pas rendre une tablette signifiait la destitution du prince. Les envoyés de l’empereur et les ambassadeurs possédaient, quant à eux, des demi-tablettes coupées dans la longueur et qui se devaient de parfaitement correspondre à la partie complémentaire qui avait été confiée au correspondant. Posséder un jade, en Chine, est donc, en quelque sorte, pouvoir prétendre à une dignité impériale.

Par ailleurs, on plaçait dans la bouche des défunts une cigale en jade, symbole de la vie éternelle et de la résurrection dans l'au-delà. Les neuf orifices du corps bouchés par de l'or et de la pierre de jade étaient aussi censés le protéger de la putréfaction. En Orient, le jade est également assimilé à la semence du dragon.

Les noces de jade symbolisent les 26 ans de mariage dans le folklore français. Dans l'antiquité et jusqu'au Moyen Âge, le jade était censé protéger des maladies rénales.

 

 

Extraits d'un autre article de Wikipedia (13 novembre 2015).

JADE était le nom de code donné par les cryptanalystes alliés à l'une des machines de chiffrement japonaise de la Seconde Guerre mondiale. Destinée aux messages importants, elle fut utilisée par la marine impériale dès la fin de 1942 jusqu'en 1944. Similaire à CORAL, la principale différence venait de la capacité de JADE à chiffrer des katakana avec un alphabet de 50 symboles. Les cryptanalystes américains en viendront facilement à bout en reconstituant le réseau de connexions au sein de la machine.

Un exemplaire de la machine fut capturé à Saipan en juin 1944, l'opérateur fut abattu juste avant qu'il ne la détruise. Les Japonais doutant de cette machine qui avait de surcroit des problèmes techniques, décidèrent d'abandonner son utilisation quelques semaines après.

La machine ressemblait à un central téléphonique miniature avec 5 circuits comprenant chacune 25 connexions. Les trois premiers circuits agissaient comme des rotors en modifiant les contacts. À chaque symbole chiffré le premier circuit passait au contact suivant. Le deuxième circuit sélectionnait le contact suivant que lorsque le premier circuit avait fait un parcours complet. Le troisième circuit en faisait de même en fonction de l'état du deuxième circuit. La configuration de ces trois connecteurs était fixe et on ne pouvait pas modifier l'ordre des connexions ce qui représentait une sérieuse limitation. Les deux derniers circuits étaient configurés par l'opérateur.

Le clavier de JADE comportait une touche majuscule et 25 autres touches. La machine utilisait deux dispositifs séparés pour chiffrer, l'un pour les majuscules, l'autre pour les minuscules.

 

 

 


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