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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la circoncision                     Derrida, la circoncision
Sources (*) : Derrida, le mal radical               Derrida, le mal radical
Jacques Derrida - "Circonfession", Ed : Seuil, 1991, p182

 

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Le pire, pour Derrida, le plus épouvantable, aurait été qu'on le laisse tomber, sans nom, pendant "sa" circoncision, qu'il soit laissé forclos, sanglant, impossible à citer

   
   
   
               
                       

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Dans la bande 37 de Circonfession, Jacques Derrida cite le texte qu'il a écrit dans son Carnet (qu'il appelle par ailleurs le Livre d'Elie), le 11 octobre 1977 : "La circoncision, "y en a-t-il une? pour le moment ce n'est qu'un mot avec lequel j'ai envie, de façon plus ou moins continue, mais pourquoi, de faire des choses, de raconter des histoires, d'intéresser un lecteur ou une lectrice (les plus éloignés possible), de me faire plaisir [avec ce à quoi je n'arrive pas à m'intéresser, mais pourquoi?] de me recoudre en ce temps de ma vie où je n'ai jamais été plus décousu, sanglant, saignant : je n'ai même plus pour me soutenir pendant l'opération les bras d'Elie qui au pire instant reste là... si je voulais émouvoir, je décrirais un enfant incapable d'articuler ce qui se passe, même s'il voit et sait tout, et parle interminablement autour, mieux que quiconque, au moment où ça se passe, et qu'Elie aura laissé tomber pendant l'opération, décrire dans le détail cette scène épouvantable, le "parrain" laisse tomber l'enfant sans nom pendant la circoncision, le sang, les instruments, la terreur des participants qui s'enfuient ou achèvent l'enfant, puis l'insupportable forclusion, il y a dans ce que j'écris quelque chose qui appelle : la forclusion : l'insupportable, aimé, déjà su, qui ne se peut citer, seulement incorporer", je voudrais me rassembler dans le cercle du cum, le cirque du circum, devant celui que j'ai toujours cherché en le fuyant, le témoin constituant qui mette fin au mal de Protée, comme je le confiai à mon journal d'adolescent dans le miroir d'un Gide qui se disait privé de toute identité non protéiforme".

Ce pourrait être un cauchemar, ou un fantasme, ou peut-être un souvenir très lointain, un traumatisme? Je suis un bébé totalement dépendant. Ce n'est ni ma mère ni mon père qui me porte, mais un étranger, un inconnu. On me fait quelque chose d'imprévu, d'absolument incompréhensible, on me coupe, je sens le sang gicler, s'écouler de mon corps. L'inconnu me lâche et personne ne vient à mon secours, ni mes parents, ni même le prophète Elie, ce super-parrain qui aurait dû m'assister. Je chute dans cette flaque de sang, dans un abyme sans fond, sans que personne ne me porte, sans secours ni relève possible. Si jamais je survis à cela, il faudra que je me protège contre cette menace...

On trouve dans ce résumé de nombreuses thématiques qui obséderont Jacques Derrida pendant longtemps : la défaillance des généalogies, l'irruption de l'autre, la coupure, l'impératif "Tu porteras l'autre", la non-assistance, le sans-fond, la survie, ... On pourrait dire qu'un enfant qui n'a pas encore de nom est déjà mort. Si l'on ne peut pas le citer, son passage n'aura laissé aucune trace, on n'en fera jamais son deuil. Il n'en restera pas même une cendre, sauf... sauf si son histoire est racontée, comme Derrida le propose au début de la citation. On ne sait pas pourquoi on s'y intéresse, mais il faut raconter son histoire.

 

 

On se demande à quoi correspond le mal de Protée auquel il renvoie en 1991, après s'être cité lui-même. Est-ce le syndrome de Protée? (une maladie très rare et très handicapante caractérisée par un gigantisme partiel des mains et/ou des pieds. Ainsi, les jambes de Mandy Sellars, une Américaine de 36 ans, ont atteint des proportions incroyables (3 fois le volume de son corps). On pense que Joseph Merrick, connu sous le nom d'Elephant Man, souffrait également de cette maladie) Ou le Protée des Grecs, ce réceptable, cette matière primordiale qui peut contenir et embrasser toutes les formes? Une capacité à se métamorphoser qui pourrait être vécue comme un drame, un terrible mal. Celui qui se transforme, se multiplie, se métamorphose sans cesse, n'a plus d'individualité, et donc plus de nom non plus. A chaque métamorphose, il ne reste plus rien de ce qu'il aura été. Ce pourrait être cela aussi, le mal radical.

 

 

 


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