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Derrida, le cinéma                     Derrida, le cinéma
Derrida, responsabilité(s)               Derrida, responsabilité(s)
Fernanda Bernardo - "Derrida et la question de l'art - Déconstructions de l'esthétique", Ed : Editions Cécile Defaut, 2011, p405- Croire aux fantômes, "Penser" le cinéma avec Derrida

 

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Il y a chez Derrida une "pensée du cinéma" liée à la double dimension de la déconstruction : une radicale irresponsabilité, et l'hyper-responsabilité la plus inouïe

   
   
   
               
                       

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Ecrivant sur le rapport de Jacques Derrida avec le cinéma, Fernanda Bernardo affirme, dès le titre de son article, "Croire aux fantômes, Penser le cinéma avec Derrida", qu'il y a chez lui une pensée du cinéma.

"Si Derrida a très peu parlé et très peu écrit sur le cinéma, il y a pourtant bien chez lui une pensée du cinéma qui mettra à nu l'hyper-radicalité, l'inventivité, la singularité et la portée "politique" de la déconstruction en tant que pensée" (p400).

Mais laquelle? Qu'est-ce qu'une pensée du cinéma? Voici ce qu'elle écrit :

"Aller au cinéma, c'était pour lui un voyage au monde du "tout est permis" - un "tout est permis" qui, notons-le, témoigne de la vocation d'hyper-radicalité et de résistance irrédentiste autant que d'inventions liées à une certaine irresponsabilité à l'allure contra-culturelle et contre-institutionnelle qui est propre soit à "la déconstruction" en tant que pensée, soit à l'art et aux arts en généal. Une irresponsabilité qui, en faisant l'épochè de l'institué et du mondain, se trouvera être pourtant la condition de possibilité de l'hyper-responsabilité la plus inouïe du penseur-philosophe, de l'écrivain, du poète ou de l'artiste - tel que Derrida le remarquera, notamment dans "la littérature au secret" (in Donner la mort, p206) (p405).

En quoi une pensée du cinéma est-elle aussi pensée de la singularité, de l'événement, de la justice et de l'avenir, comme elle l'affirme?

Le titre du film de Safaa Fathy, "D'ailleurs Derrida".

 

 

Entre le travail de l'écriture et l'expérience cinématographique, il y aurait une proximité singulière. Le cinéma, comme la déconstruction, est hanté par une logique spectrale, qui est aussi celle de la trace. En mettant en scène des ruines, il témoigne, comme la déconstruction, de l'impossibilité de faire son deuil des spectres. Il en résulte, chez Derrida, une pensée du cinéma qui ne prend pas la forme d'un savoir ou d'une mémoire. Elle se manifeste comme émotion, jouissance sauvage, immédiateté quasi-hypnotique, aimance, passion du spectateur solitaire, qui peut se permettre, sans aucun souci de responsabilité ou de culpabilité, toutes les projections, toutes les identifications.

Mais Fernanda Bernardo affirme autre chose : cette pensée du cinéma, en outre, en plus, inviterait à ce qu'elle appelle l'"hyper-responsabilité", cette éthique inconditionnelle qui marque l'enseignement des vingt dernières années du philosophe. Pourquoi? Au cinéma, on se retire de la culture, de la communauté, du monde courant. On se détache de tout engagement social. Cette déliaison, cette interruption, se rapprocherait de l'expérience même de la pensée. Le spectateur se laisse hanter par l'image, par la trace. Il rejoint une modalité inouïe de la foi, sans dogme ni religion, a-théologique, "pour qui la croyance est tout d'abord l'élémentaire condition de possibilité de l'adresse et du rapport à l'autre comme autre - comme autre, c'est-à-dire dans son altérité absolue" (p414). Certes cette expérience n'est pas courante, elle suppose une autre pensée du cinéma, une cinéphilie toute autre, une cinéphilie qui mette en scène "l'inouïe spectralité de l'image cinématographique", "comme une trace de trace", un "salut au sans-salut". Chaque fois, à chaque séance, à nouveau, "comme si c'était toujours chaque fois la première fois", cette adresse serait réitérée. Si l'on pouvait tenir cette position, ce serait l'essence de la croyance, inconditionnelle, qui se révélerait à chaque projection.

N'est-ce pas cela qui est recherché dans l'oeuvre derridienne? Pour chaque texte, chaque thème, chaque motif, il faudrait pouvoir faire retour à l'essence de la croyance, avant ce texte, ce thème, ce motif.

 

 

 


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