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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
"Nous nous devons à la mort"                     "Nous nous devons à la mort"
Sources (*) : Derrida, la photographie               Derrida, la photographie
Jacques Derrida - "Demeure, Athènes - Photographies de Jean-François Bonhomme", Ed : Galilée, 2009, p54

 

Image n¡20 - J-F. Bonhomme -

Derrida, la mort

Dus à la mort, nous nous rapportons à nous-mêmes en étant pris dans une dette ou un devoir qui, en nous instituant, réfléchit et suspend ce rapport

Derrida, la mort
   
   
   
               
                       

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"Nous nous devons à la mort", dit Derrida. Cette phrase est-elle un constat, une prescription? Que nous soyions mortels, dus à la mort, implique-t-il aussi que nous devrions, en plus, reconnaître cela comme une dette, nous devoir à la mort? Nous sentir responsable de ce devoir? Si l'endettement à l'égard de la mort est premier, s'il vient avant tout contrat, alors pourquoi faut-il déclarer, en plus "Nous nous devons à la mort"? C'est une injonction, une mise en demeure (p19) dont nous devrons nous acquitter, mais pas tout de suite, un peu plus tard, dans un certain délai. Nous sommes dus à la mort, mais avec retard.

La phrase appartient à l'idiome singulier de Jacques Derrida. Qui d'autre aurait pu l'inventer? Qui d'autre aurait eu l'idée de la photographier (cette phrase), de la "photorthographier", comme il dit (p51)? La photorthographier, c'est la laisser telle quelle, en français, avec son orthographe et ses lettres, sans la traduire. Photographiée, la phrase subit le sort de toute photo : retard et deuil. Il ne s'agit pas, ou pas seulement, de se dévouer à la mort, comme le laisse entendre la "grande tradition post-socratique et sacrificielle de l'être-pour-la-mort", il ne s'agit pas, ou pas seulement, de respecter les morts, il ne s'agit pas non plus d'une culture de la perte ou du manque, il s'agit, par le redoublement du "nous", de suspendre le sujet et la phrase elle-même. "Nous nous devons", c'est dire que nous nous rapportons à nous-mêmes, par un contrat d'avant tout contrat, par une hétéronomie primitive, en opposant un premier "nous" (celui de la dette) à un autre "nous", celui du "vivant innocent qui à jamais ignore la mort".

Marché de la rue Adrianou (Photo J-F. Bonhomme).

 

 

"Nous nous devons à la mort". Ce qui rend cette phrase productive, performative pourrait-on dire, c'est la dissymétrie entre le premier et le second "nous".

 

 

 


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