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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, religion                     Derrida, religion
Sources (*) : Derrida, le mal radical               Derrida, le mal radical
Jacques Derrida - "Foi et Savoir, suivi de Le Siècle et le Pardon", Ed : Seuil, 2000, pp60-61

 

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Aujourd'hui, la question de la religion arrive machinalement à revenir, pas comme question de la religion elle-même, mais comme question de la question - celle du mal radical

   
   
   
               
                       

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Le §35 de Foi et Savoir commence par deux syntagmes en caractères gras. Il faut bien répondre, dit Derrida, à la question sur l'origine et l'histoire de la religion, la question qu'elle nous pose, avec sa double étymologie. Mais pour cela, il faut revenir au commencement. Quel commencement? Une anecdote toute simple : comment le thème de la "religion" a-t-il émergé pour une réunion organisée à Capri par des éditeurs, qui souhaitaient en faire une publication?

"Au commencement, Maurizio Ferraris au Lutécia. “Il faut, me dit-il, il nous faut un thème pour cette rencontre de Capri“. Je souffle, sans souffler, presque sans hésiter, machinalement : “La religion“. Pourquoi? D'où cela m'est-il venu, et oui, machinalement?" (...) "La réponse que j'ai donnée presque sans hésiter à Ferraris avait dû revenir à moi de très loin, résonnant depuis une caverne d'alchimiste, au fond de laquelle le mot fut un précipité" (Foi et savoir, p60).

Comment analyser l'émergence soudaine de ce mot "religion", "vocable dicté par on ne sait quoi ou qui" (dit Derrida), qu'il a soufflé sans souffler? Dans son livre Miracle and Machine, Jacques Derrida and the Two Sources of Religion, Science, and the Media, Michael Naas propose une hypothèse (p121). Ce Au commencement, répété en gras au début du §36, rejoue la Genèse biblique, avec cette différence que c'est la machine qui vient à la place du souffle de vie, l'automaticité qui vient à la place de la volonté divine. Derrida refuse le rôle de créateur. La religion dont il suggère la thématique, il ne la crée pas, elle s'impose à lui, déjà contaminée par la répétition. Il est hanté par elle, par ses voix et ses spectres. D'un seul coup, il la souffle, mais sans la souffler (dit-il), combinant les deux récits de la création de l'homme dans l'Ancien Testament, l'un avec le souffle de vie, et l'autre sans.

 

 

Derrida pose la question : "Pourquoi ai-je nommé d'un seul coup, machinalement, "la religion"?" Il ne situe pas cette interrogation sur le plan de la connaissance. Il ne s'agit ni de sciences humaines, ni d'anthropologie, ni même de philosophie. Il ne s'agit pas, dit-il, de "traiter de la religion elle-même", mais de ce qui se passe aujourd'hui [il écrit en 1995], de ce qui va là, et de "ce qui va mal". C'est la question d'un malaise qui le touche lui-même qui est posée à travers ce mot religion, un mot qui survient, qui s'impose depuis une région cryptée, une "caverne d'alchimiste". S'interroger sur le "retour" de la religion, ce serait revenir sur ce qu'on croit connaître, avec le risque de perdre de vue la "chose" dès qu'on croit s'en emparer par un savoir. C'est un autre risque que prend Derrida, celui de déconstruire la question posée. S'il choisit, pour Foi et Savoir, une forme aphoristique, c'est pour casser cet ensemble unique que constituerait la religion, pour laisser venir un autre retour :

"Quoi de la raison et du mal radical aujourd'hui? Et si le "retour du religieux" n'était pas sans rapport avec le retour - moderne ou postmoderne, pour une fois - de certains phénomènes au moins de mal radical? est-ce que le mal radical détruit ou institue la possibilité de la religion?" (Foi et savoir p63).

Ce qui s'est imposé à lui, machinalement, la question de la question, ce serait donc celle du mal radical; et si, après avoir improvisé, au-delà du format qu'on lui avait proposé (25 pages), il écrit, c'est pour, dans un contexte auquel il fait rarement allusion (celui du moderne et du post-moderne) répondre à cette question-là.

 

 

 


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