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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la marche, le pas                     Derrida, la marche, le pas
Sources (*) : Derrida, Blanchot               Derrida, Blanchot
Jacques Derrida - "Parages", Ed : Galilée, 2003, p41

 

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Structure du "pas" : il faut qu'il s'annule en se franchissant, s'altère en conservant son au-delà, que la marche et la négation se contaminent dans le mouvement de la langue

   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida voudrait "faire résonner" le "pas" de Blanchot (ce que, dans ses textes, fait le mot "pas"), un pas qui, venant toujours de partir, va et vient, appelle (dit à l'autre : Viens!), rapproche et éloigne, invite à l'au-delà (la mort) sans franchir le seuil, fait vivre en l'absence d'au-delà, donne un élan, répète un mouvement qui n'aboutit jamais au repos, traverse un corpus (celui de Blanchot) et aussi un corps, porte le soi et l'autre, s'annule à chaque pas mais se conserve, se nie sans se détruire, se poursuit sans qu'on puisse en faire un "pour soi", ni l'intérioriser, ni l'idéaliser.

La particularité du mot "pas" en français, c'est que c'est d'une part un nom ("faire" un pas, marcher), d'autre part un adverbe de négation (un pas qui ne va "pas" au-delà). Etrange procès dit Derrida, où la négation de la négation ne conduit à aucune dialectique. Marchant pas à pas, sans revenir sur ses pas, le pas déplace le pas, il marche sur les abîmes., une dé-marche qui est affectée d'un ne-pas. S'il y a marche, il y a transgression au-delà du pas, la marche transgresse le pas, elle digresse, elle déroute toute logique de la limite. Le nom contamine l'adverbe, et l'adverbe contamine le nom. C'est le "même" mot, il est intact, mais il est déjà altéré. Il ne change pas, mais il disloque la scène. Jacques Derrida voit dans le "pas" de Blanchot une catastrophe (p44). L'é-loignement ne laisse pas intact, il déporte violemment sur une scène tout autre où "la logique la syntaxe, le lexique et la rhétorique" semblent respectés mais énoncent ce qui les ruine ou les viole "avec une obscénité sans mesure". C'est cette "machination sans machine" qui intéresse, fascine, produit une dette infinie, si infinie qu'elle s'en annule (p46).

Le pas, toujours au-delà, est aussi un faux pas. Il ne faut pas de faux pas (ou il en faut). Jacques Derrida joue sur les mots et insiste sur la syllable "pa" dans les titres des livres de Blanchot : La part du feu, L'espace littéraire, Faux pas, Celui qui ne m'accompagnait pas, Le pas au-delà. C'est aussi cela qui transgresse dans le "pas" : un effet asémantique dans l'affinité sémantique, qui ne peut avoir lieu que dans l'écriture, une écriture à la fois littéraire et fiction de théorie, un texte qui appelle à prononcer les paroles dans un procès de dissémination sans fin. L'archi-écriture de Blanchot ne sépare pas le signifiant du signifié, elle laisse venir les anomalies, elle dit "Viens" à l'événement. [Et tout cela, selon Derrida, n'est pas seulement blanchotien : c'est la structure du "pas"].

"Donc les deux pas ne se touchent pas dans le même. Il ne faut pas. C'est comme ça que ça marche et que ça saute, et que l'autre pas habite, marque et efface celui-là même auquel il paraît ne pas toucher" (Derrida, Parages, p51).

Ce serait cela la marque de Blanchot, ce qui marque le pas chez lui : sans se toucher, sans se nier, les deux pas (le nom et l'adverbe) se raturent, s'habitent l'un l'autre, se font marcher.

 

 

Extraits du Dictionnaire du CNRTL, dit "Trésor de la Langue Française".

PAS, subst. masc..

Étymol. et Hist.A. 1. «Mouvement que fait un être pour avancer» a) en fonction de la vitesse fin xes. loc. conj. en pas que «aussitôt que» (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 397), attest. en a. fr., cf. T.-L.; ca 1100 empl. adv. sun petit pas «lentement» littér. «[par] son petit pas» (Roland, éd. J. Bédier, 2227); fin xiies. del pas «aussitôt, sans tarder» (Raoul de Cambrai, éd. P. Meyer et A. Longnon, 1367); 1548 de ce pas (Du Fail, Baliverneries, éd. J. Assézat, t.1, p.196); b) en gén. ca 1180 pas pur pas «un pas après l'autre» (Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, 68, 27); mil. xves. pas à pas (Charles d'Orléans, Rondeaux, éd. P. Champion, CXX, 9, 359); ca 1200 conter ses pas «avancer d'une manière hésitante» (Escoufle, 3367 ds T.-L.); 1507-08 (Eloy D'Amerval, Livre de la Deablerie, éd. Ch.-Fr. Ward, 214b: Je suis trop clerc en ce pas-la); 1585 pas de clerc «fausse démarche» (Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, t.2, p.173); 1530 faulx pas «pas dans lequel on glisse» (Jean de L'Espine, Prénostication de Maistre Albert de Songecreux, éd. P. Lacroix, 53, V); 1606 fig. (Nicot: On dit aussi par metaphore faire un faulx pas, pour faire une faute); 1540 marcher le premier pas «avancer d'un pas» (Nicolas Herberay des Essars, Amadis de Gaule, éd. H. Vaganay, 1erlivre, 5); 1630 faire le pas devant «précéder» (Malherbe, Trad. du Traité des bienfaits de Sénèque ds OEuvres, éd. L. Lalanne, t.2, p.91); 1651 céder le pas «donner la préséance» (Th. Corn., Amour à la mode, IV, 5 ds Livet Molière); 2. 1160-74 «trace, empreinte» (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, III, 10539); 3. 1380 «longueur approximative d'un pas» (20 juin, Escript Fastret de Tiels, chir., St-Brice, A. Tournai ds Gdf. Compl.). B. Ca 1100 «façon de se déplacer» (Roland, 2857); 1. ca 1196 «allure du cheval la plus lente» (Jean Bodel, Saxons, éd. F. Menzel et E. Stengel, XVII, 388, p.44); 2. 1480 danse (Coquillart, Droits nouveaux, éd. M. J. Freeman, 1498); 3. 1755 milit. (Ordonnance du 6 mai d'apr. Encyclop. t.12). C. 1. a) 1160-74 «sentier, passage difficile» (Wace, op. cit., 2718); 1176-81 mal pas «id.» (Chrétien de Troyes, Chevalier Charrette, éd. M. Roques, 4116); xiiies. [date ms.] fig. maveis pas (Renart, éd. E. Martin, VI, 1436); fin xiiies. passer el pas de la mort «trépasser» (Hist. anc., éd. P. Meyer ds Romania t.14, p.54, 64); mil. xves. passer le pas «id.» (Jean Régnier, Fortunes et adversitez, éd. E. Droz, p.217, 90); b) ca 1250 «passage qu'un chevalier s'engage à défendre» (Melion, éd. P. M. O'Hara Tobin, vers 129); ca 1330 pas d'armes (Girart de Roussillon, 4 ds T.-L.); c) ca 1330 «passage, entrée» (Guillaume de Digulleville, éd. J. J. Sturzinger, 760: au roy l'entree et le pas de sa maison deffendi fort); 1579 (Larivey, Les Esprits, IV, 3 ds Anc. Théâtre fr., t.5, p.269: sur le pas de l'huys de sa maison); d) fin xives. (Froissart, Chron., éd. S. Luce, I, § 52: leur estoient clos li pas de terre et de mer); 1530 «détroit» (Palsgr., p.653b); 1559 «défilé» (Amyot, Thém., 16 ds Littré: Le pas des Thermopyles); 2. [ca 1180 «marche de départ d'un escalier?» (Proverbe au vilain, éd. A. Tobler, 224c)]; 1340 «marche d'escalier» (Actes normands de la chambre des comptes, éd. L. Delisle, p.255). 3. technol. 1369 «ouverture de la chaîne dans un métier à tisser, pour donner passage au fil» (ds Ordonnances des rois de France, t.5, p.193); 1676 pas de vis (Félibien). Du lat. passus «pas», «empreinte» et «mesure de longueur», propr. «écartement des jambes», subst. de passus part. passé de pandere «étendre, déployer» d'où «ouvrir en écartant».

PAS, adv. de nég..

Étymol. et Hist.A. Empl. avec une nég. qu'il renforce a) ca 1100 avec ne (Roland, éd. J. Bédier, 250); b) 1188 avec non, v. ce mot. B. Avec ell. de la nég. 1. dans des phrases interr. 1269-78 (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 5699 et 5768); 1779-80 pas vrai? (Mmede Genlis, Théâtre d'Éducation ds Fér., s.v. vrai); 2. dans des réponses, exclam. notamment 1478-80 pas + n. de nombre (Coquillart, Plaidoyé d'entre la simple et la rusée, éd. M. J. Freeman, 55: «Demourés, ribault, pas ung pet!»); 1559 (Amyot, Pericles, éd. L. Clément, p.11: il n'alla jamais soupper chez pas un de ses amis, si non qu'...); 1830 fam., loc. un pas grand chose (Carmouche, De Courcy, Dupeuty, N, i, ni, 13 ds Quem. DDL t.19); 1656 pas + adv. (Molière, Dépit amoureux, I, 3: Vous êtes donc facile à contenter? Pas tant. Que vous pourriez penser); pas mal, v. mal; 1770 pas + adj. (Did., à S. Volland, 28 nov., III, 239 ds Brunot t.6, p.1856, note 1: je suis là [...] écrivant, pas heureux); l'ell. de la nég. est très fréq. dans la lang. fam. Même mot que pas2*, empl. comme auxil. de nég.; d'abord empl. avec des verbes de mouvement, cf. T.-L.; a éliminé dep.le xvies. son princ. concurrent mie2*; v. aussi goutte et point.

 

 

 


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