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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Blanchot                     Derrida, Blanchot
Sources (*) : Derrida, le nom               Derrida, le nom
Jacques Derrida - "Parages", Ed : Galilée, 2003, pp103-106 - Pas

 

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La hantise d'un autre nom

Peut-être faut-il, pour répondre "Oui" au "Viens" de Blanchot, laisser se perdre son nom, appeler - comme une oeuvre ou un enfant perdu - un tout autre nom, un nom sans nom

La hantise d'un autre nom
   
   
   
Le principe de l'oeuvre, sans condition Le principe de l'oeuvre, sans condition
               
                       

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La question qui se pose à Jacques Derrida, à la fin de son article intitulé Pas, dont la première version a été publiée en 1976 dans Gramma et la version définitive reprise dans Parages (livre publié en 1986), peut se dire : comment répondre à Blanchot, après la parution du Pas au-delà, ce livre inclassable, ni narratif ni critique? C'est à un viens qu'il faut répondre, dit Derrida, et pour cela il faut d'abord l'écouter. "Ecoute quand je dis viens" (p102), semble dire Blanchot. Ce viens urgent, impérieux et très doux, qui le dit, qui le hurle? Derrida, comme Blanchot, entretient l'incertitude. Si c'était Blanchot, il faudrait qu'il soit là, ici-maintenant. Or le narrateur de son écriture n'est présent qu'au-dessus de l'abîme, il disloque tous les temps du verbe. "Si j'étais là", écrit-il ou dit-il d'une voix blanche. Je suis là, mais je suis ailleurs, toujours altéré, sans sujet, j'y suis par exception, par ce qui tient lieu de moi. Je crie, je hurle, mais silencieusement, sans rien proférer. Tout ce que tu entends, c'est comme si, toi, tu venais de le prononcer.

Que répondre, s'il faut répondre? Je t'aime, dit Derrida, mais qui? Qui parle au nom de l'autre? Si ce n'est pas une personne qu'il faut aimer, c'est qui, c'est quoi? Un viens peut-être, "le venir à venir de viens", un viens qui ne serait pas impersonnel (ce n'est pas il vient) mais qui ne pourrait pas non plus être attribué à un sujet, ni approprié par un sujet. Viens, je t'aime.

Celui qui laisse dire viens se retire. A-t-il encore un nom? Et ce nom qu'on peut prononcer, Blanchot (qu'on peut associer par exemple à blanchâtre ou à cachalot - associations derridiennes), ce nom ne cache-t-il pas un autre nom resté secret, dissimulé? Cette signature qui garde le nom, est-ce qu'elle ne le perd pas aussi, est-ce qu'elle ne signe pas sans signer? C'est toute la question du retrait blanchotien. Il signe de son nom (indemne, entier), et il abandonne aussi des traces de ce nom dans la langue, des semences dispersées qui effacent le nom plein, toute en le monumentalisant (deux façons de rester anonyme). Il y a donc, dans le texte de Blanchot, plus de nom (encore plus), et aussi pas de nom (encore moins). Le retrait du nom a lieu avant le nom (en-deça du pas), et aussi après le nom (au-delà du pas, au-delà du franchissement de la ligne). Il est négation, et aussi transgression. Mais revenons à la question. Comment répondre à cela?

 

 

Il ne faut ni donner un nom, ni protéger contre le sans-nom. S'il faut écrire (c'est l'exigence de Blanchot), c'est pour laisser se perdre le nom, "comme une oeuvre ou comme un enfant perdu" précise interrogativement Derrida. Voici le passage :

"- Ni vous ni moi, lui? Comme une oeuvre ou comme un enfant perdu? Dans la nuit? Encore sans nom? mort né? elle, moi? moi l'à venir? une femme pourtant..." (Derrida, Pas dans Parages p103).

L'enfant perdu n'a pas de nom. En a-t-il jamais eu? Il l'appelle, il s'appelle, à moins qu'il ne soit appelé pour qu'un autre nom survienne, qui ne remplacera jamais le nom perdu, s'il y en a eu un, ou l'absence de nom. Accepter de perdre son nom, c'est se mettre dans la position de l'enfant perdu, qui est aussi celle de l'oeuvre. L'oeuvre reçoit un titre, mais ce titre est-il autre chose qu'un pas-de-nom? Elle est en attente de nom, en espérance de nom, en désespoir de nom.

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" - Viens.

- Oui, oui."

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Par ces deux dernières lignes qui, après l'interruption, achèvent le texte, Derrida acquiesce. Dans son écriture, le double acquiescement signifie la confiance. Peut-être, par cet acquiescement, ajoute-t-il un autre oui, un troisième. En disant "Oui, oui, oui", il recevra de l'autre ce tout autre nom (p104) qui travaille son texte en silence, ce nom sans nom (p104) ce don de l'autre que, en rendant à l'anonymat, l'amitié héberge.

C'est ce que le scripteur, à cause de son histoire, ne peut pas faire autrement que de tenter. Il ne décide rien, il n'a rien décidé. Le troisième "oui" était déjà là, dans ce qui s'ajoute à son double nom hérité de ceux qui n'auront pas pu être des pères.

 

 


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