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Sources (*) :              
Albert Egakis - "Puisse...", Ed : Galgal, 1989, Page créée le 3 décembre 1995

 

Ex Libris Dodarev -

Le (e), objet du souffle

   
   
   
                 
                       

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Le temps du souffle est circulaire. C’est un rythme, une série de cycles qui reviennent toujours au point de départ, et donc quelque chose qui n’est pas véritablement temporel. Pour le rendre temporel, il lui faut un objet étrange : le (e). Pour accéder au (e), il faut que quelque part la boucle du souffle soit rompue. La temporalité du (e) n’est rien d’autre : une coupure du cycle.

Le non-identique à soi-même est porté par un objet, qui est le (e). Le (e) est l’objet invisible de l’altérité. Il est cause et effet de la non-identité à soi-même.

On peut définir l’humain à partir du (e), qui est à la fois la cause et la conséquence de l’humanité.

Le (e) s'exprime parfois à travers des opérations de hasard. Il a alors sa propre substance que Cage appelle l’Esprit, avec un grand E, et qu’il accueille par sa fameuse et très belle formule : “I welcome whatever happens next”, Bienvenue à ce qui est sur le point d’arriver, et que je ne connais pas encore. Si je substitue un petit (e) au grand E, ce n’est pas que par modestie (toute relative), c’est par méfiance à l’égard de toute doctrine globalisante (beaucoup plus ferme). Pour que le (e) soit ouvert, il faut qu'il puisse résonner avec le reste de la création, ce qui est déjà beaucoup, et même largement assez, et nous dispense d’un contact avec le “tout de la création” dont parle Cage et qui ne m’inspire guère (les “touts” de ce genre sont d’autant plus dangereux qu’ils n’existent pas).

On ne peut pas dire que le (e) soit en rapport avec la temporalité, car le (e) est le temps, le (e) est l’objet-temps.

La mise en valeur du temps sous la forme d’un objet, l’objet (e), est l’essence de la voix.

Tapi dans la voix, comme un chat sauvage sur un arbre, le (e) guette sa proie.

 

 

Dans la langue française, le (e) est la lettre muette de l’alphabet romain, c’est la lettre silencieuse en fatale connivence avec le aleph hébraïque, qui est aussi muet que lui. Quand on dit que le (e) est muet, on veut dire qu’il ne se prononce pas, c’est-à-dire que lui-même ne se prononce pas, comme si le (e) était une personne. “Je ne me prononce pas”, dit le (e), qui ne veut pas prendre parti. Les autres lettres aiment s’entendre, elles sont plus ou moins narcissiques, mais le (e), lui, se tait. Il ne se prononce pas, donc nous ne le prononçons pas non plus. C'est une des différences (entre beaucoup d’autres) avec le (a) de Lacan. Celui-ci est la première lettre de l'alphabet, comme le aleph, et il se prononce, ce qui le situe comme la cause première d’un système axiomatique enfin dévoilé. Au contraire le (e) français, perdu dans l’alphabet, fait ce qu’il peut pour passer inaperçu. Sa position au fondement de la langue s’oublie.

Le (e) fonctionne depuis toujours dans l’expérience vocale, mais il y fonctionnait jusqu’à présent dans la dissimulation. Le (e) était la dimension obscure de l’expérience de la voix.

Le (e) est un tenant-lieu de jouissance qui évacue avec efficacité les aspects les plus triviaux de la jouissance, pour la réduire à un être minimal, à sa structure la plus intime.

La temporalité du (e) est grammaticale, discursive. Elle se moule dans les catégories verbales du temps : passé, présent, futur.

Ce que Marx a prouvé n’est pas ce que l’on croit, ce n’est peut-être même pas ce qu’il croyait lui-même. En effet malgré ses souhaits, la valeur n’est pas et ne peut pas être du travail accumulé, et ce pour une raison simple (qui d’ailleurs n’a pas échappé à ce logicien génial) : c’est que le travail est une valeur d’usage, et non pas un valeur d’échange, et que par conséquent il est, par nature, indifférent à la valeur. D’où la nécessité de distinguer entre le travail et la force de travail, distinction indispensable dans le système de Marx mais qui oblige à substituer comme variable opérationnelle l’heure de travail au travail, substitution qui change tout car, à partir de ce moment, la substance de la valeur, ce n’est plus le travail, c’est le temps (et la qualification : temps de travail qu’on accolle au temps ne change rien à l’affaire, l’essence de la chose est le temps, pas le travail). Le capital réussit cette formidable gageure : accumuler du temps, le faire travailler pour soi, le valoriser. Quant au travail, c’est-à-dire au vécu du travailleur, il est complètement forclos de l’affaire.

L’objet-temps n’advient qu’après que le capital soit devenu dominant. Cela ne veut pas dire que le (e) soit l’objet du capital, cela veut dire que son émergence était conditionnée par le travail sur le temps exercé par le capital. La temporalité du (e) se révèle à travers la temporalité du Capital.

Marx démontre involontairement que l’objet (e) possède sa propre fécondité (mais ne s’en vante pas, car cette fécondité est plutôt cachée). Cette fécondité a beaucoup d’autres manifestations.

 

 

 


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