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TABLE des MATIERES :

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En laissant se faire le retrait                     En laissant se faire le retrait
Sources (*) : Le Cinéloft du Quai               Le Cinéloft du Quai
Nata Tsvirka - "Les spirales du retrait", Ed : Guilgal, 2007-2017, Page créée le 6 septembre 1998

[En laissant se faire le retrait]

   
   
   
                 
                       

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{C'est une question qui est longtemps restée clandestine. Ce n'était pas un thème, c'était l'une des conditions de l'existence même du Quai. On n'en parlait pas, aucune controverse ne s'était portée sur le sujet}.

- Hubert : Avant qu'on y pense, avant même qu'on ait eu connaissance de J.D. et des autres, il y avait déjà, de notre côté, une sorte d'engagement.

- James : C'est l'histoire que j'aurais voulu raconter.

- Mariette : Quelle histoire? Il y a une histoire?

- James : Je crois bien qu'il y a matière à récit.

- Mariette : C'est une fiction que tu écris, James.

- James : Pas seulement. Je raconte, mais je n'invente pas tout.

- Hubert : Ton histoire ne sera qu'un ersatz, un succédané.

- James : Entre ces choses qui se croisent, ces fils qui s'emmêlent, rien ne s'impose tout seul, immédiatement, alors je hiérarchise. Je crois pouvoir dire que ce qui nous est arrivé, ce qu'on a trouvé sous ce nom, ce qu'on pense rassembler, tout cela est vrai, y compris ce que je retranche ou ce que j'ajoute. C'est au lecteur de décider si je mens, et il n'est pas dupe, il sait que je lui raconte une histoire.

- John : Les autres pensées continuent à exister, elles suivent leur route, en-dehors de ton récit. Tu ne peux pas la rabattre sur une certaine forme, ni une aventure, ni une fable, ni un roman, ni un mythe.

- James : Je me moque des genres. Il y aura toujours plusieurs voix, plusieurs moments, et je ne prétends pas maîtriser celui que je raconte. Il prend place parmi d'autres.

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Propositions

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[Jacques Derrida se donne pour tâche de mettre en oeuvre le retrait inouï qui exige, inconditionnellement, d'être traduit]

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[Une oeuvre témoigne d'un secret, d'une énigme qu'elle garde retirée, encryptée]

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[Toute oeuvre suppose un impouvoir, un sacrifice de la vision, un retrait quasi-transcendantal]

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[L'acte de l'oeuvre, son oeuvrement, ne se distingue pas d'un désoeuvrement]

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[Créer, dans notre époque, c'est y faire résonner le vide]

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A l'absence, il faut aussi un centre. Tu l'occupes

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[Et il faut préférer ce qui n'entre dans aucune économie, ce qui rompt avec la réciprocité de l'échange]

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[Dans certains ouvrages, se met en oeuvre le retrait comme tel]

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[Et il faut laisser oeuvrer les retraits]

-

[De la tradition juive, il faut retenir ce qui se retire, ce qui rompt avec l'économie]

- James : Il y a trois niveaux.

1. Le premier est celui de chaque instant de ta vie, celui qu’on dit quotidien, celui de l’action banale que tu répètes chaque jour. C’est le plus important, celui auquel tu consacres l’essentiel de tes efforts. Ici la tâche est lourde, tu en mesures la difficulté. A ce stade le principe est aussi simple qu’impraticable : tu ménages une zone d’incertitude entre toi-même et tes actes. C’est cela le retrait. Entre ton geste quotidien et ce qui t’y engage tu creuses un espace, un espace profond, infranchissable et sévère. Là se loge non pas ta liberté à toi car sur elle tu n’as pas la moindre influence, mais la possibilité de la liberté, de la tienne ou de celle d’autrui.

2. Le second niveau est apparemment plus facile mais tout aussi dangereux. C'est celui où le retrait, éprouvé comme tel, se présente comme problème à résoudre. Tu fais jouer la raison, tu tentes d'introduire une certaine part de logique, mais ce n'est qu'un simulacre qui masque pour un temps sa nature extrême. Exemple : Que fais-tu devant la folie nazie ou la bêtise lepéniste, ou la haine religieuse? Tu ne les combats pas de front avec leurs propres armes. Entre toi et elles tu maintiens fermement ouvert le champ du retrait car leur force n’est pas la tienne. Grâce à la vigueur de ton retrait leurs injures ne te toucheront pas. Je n’en dis pas autant de leur violence. A leur violence tu répondras s’il le faut, mais tu maintiendras entre elle et toi l’espace infranchissable qui te différencie d’eux.

3. Le troisième niveau est celui de l'oeuvre. Toute oeuvre n'est pas d'art, mais tout art n'est pas oeuvre. Sous cet angle il y a deux aspects : 1/ Pas d'oeuvre sans retrait. 2/ Pas de création sans que ne résonne le vide. Il y a polarité entre ces deux aspects. Ils sont loins de se recouvrir entièrement.

 

 


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