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                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
En laissant se faire le retrait                     En laissant se faire le retrait
Sources (*) : [La] matrice (ce qui s'en raconte)               [La] matrice (ce qui s'en raconte)
Nata Tsvirka - "Les spirales du retrait", Ed : Guilgal, 2007-2017, Page créée le 6 septembre 1998 Une éthique du retrait

[En laissant se faire le retrait]

Une éthique du retrait
   
   
   
                 
                       

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Il y a trois niveaux.

 

1. Le premier est celui de chaque instant de ta vie, celui qu’on dit quotidien, celui de l’action banale que tu répètes chaque jour. C’est le plus important, celui auquel tu consacres l’essentiel de tes efforts. Ici la tâche est lourde, tu en mesures la difficulté. A ce stade le principe est aussi simple qu’impraticable : tu ménages une zone d’incertitude entre toi-même et tes actes. C’est cela le retrait. Entre ton geste quotidien et ce qui t’y engage tu creuses un espace, un espace profond, infranchissable et sévère. Là se loge non pas ta liberté à toi car sur elle tu n’as pas la moindre influence, mais la possibilité de la liberté, de la tienne ou de celle d’autrui.

 

2. Le second niveau est apparemment plus facile mais tout aussi dangereux. C'est celui où le retrait, éprouvé comme tel, se présente comme problème à résoudre. Tu fais jouer la raison, tu tentes d'introduire une certaine part de logique, mais ce n'est qu'un simulacre qui masque pour un temps sa nature extrême. Exemple : Que fais-tu devant la folie nazie ou la bêtise lepéniste, ou la haine religieuse? Tu ne les combats pas de front avec leurs propres armes. Entre toi et elles tu maintiens fermement ouvert le champ du retrait car leur force n’est pas la tienne. Grâce à la vigueur de ton retrait leurs injures ne te toucheront pas. Je n’en dis pas autant de leur violence. A leur violence tu répondras s’il le faut, mais tu maintiendras entre elle et toi l’espace infranchissable qui te différencie d’eux.

 

3. Le troisième niveau est celui de l'oeuvre. Toute oeuvre n'est pas d'art, mais tout art n'est pas oeuvre. Sous cet angle il y a deux aspects : 1/ Pas d'oeuvre sans retrait. 2/ Pas de création sans que ne résonne le vide. Il y a polarité entre ces deux aspects. Ils sont loins de se recouvrir entièrement.

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Propositions

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A chaque époque, l'être se retire, l'étant apparaît selon d'autres modes; le monde pré-historique est celui d'avant la problématicité, avant que le retrait ne soit éprouvé comme tel

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A l'absence, il faut aussi un centre. Tu l'occupes

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[Au lieu de la philosophie, de l'ontologie ou de l'art, pourrait venir, peut-être, une éthique du retrait]

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[Créer, dans notre époque, c'est y faire résonner le vide]

 

 

 


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