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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Sur le Derridex                     Sur le Derridex
Sources (*) : Ecrire dans la mouvance derridienne               Ecrire dans la mouvance derridienne
Pierre Delain - "En ce moment même j'écris, dans l'obscurité orlovienne", Ed : Guilgal, 2048, Page créée le 19 avril 2005, ayant traversé une mutation le 9 juillet 2014 Où l'Orloeuvre demeure

[Aux fins de laisser venir l'"autre livre", le Derridex prend appui sur les textes de Jacques Derrida]

Où l'Orloeuvre demeure
   
   
   
Mode d'emploi idixien Mode d'emploi idixien
Du "hors livre" au "livre à venir"               Du "hors livre" au "livre à venir"    
                       

1. Le livre et l'"autre livre".

Le travail sur le texte de Jacques Derrida est l'une des voies possibles dans la problématique de l'"autre livre". Il y en a certainement d'autres - beaucoup d'autres, peut-être une infinité. Mais il se trouve que c'est celle-là qui m'a saisi, jusqu'à y consacrer des heures, des jours et des années. Si je préfère éviter les mots de chemin, de direction ou de voie, c'est parce que l'"autre livre", tel que je l'entends, n'a ni forme, ni lieu définis à l'avance. Le laisser venir, c'est avouer qu'on ignore tout de lui, et c'est peut-être cela, cette absence radicale de toute présupposition quant au contenu, qui m'a attiré dans la pensée derridienne.

Le livre, nous l'aimons, nous ne pouvons pas nous en passer. Jamais autant de menaces n'ont pesé sur lui. D'autres supports, d'autres formes d'écriture, d'autres processus textuels se présentent pour le remplacer ou le marginaliser. D'ici peu, si la grande majorité des lecteurs décide de se reporter sur les tablettes et encres électroniques plus pratiques, plus légères et offrant immensément plus de possibilités, peut-être n'intéressera-t-il plus que quelques collectionneurs nostalgiques ou quelques antiquaires spécialistes d'objets rares. Mais il se peut aussi que la catastrophe annoncée ne soit qu'illusion. Les formes prétendûment nouvelles ne sont peut-être que des mutations du même livre préservant l'essentiel : un ensemble cohérent, linéaire, légitimé par des autorités reconnues, susceptible d'être accumulé et archivé en des lieux estampillés, contrôlé par les détenteurs du pouvoir ou du savoir. Il suffirait pour cela que les conditions d'édition et de protection du livre soient transposées dans le monde digital, qui a déjà largement montré ses facultés d'adaptation.

 

2. Ni auteur ni signataire.

Qui est celui qui écrit le Derridex? A cette question souvent posée, le Derridex répond par des mots : le scribe, le scripteur, Je, etc... Ces mots ne se réfèrent pas à une personne, mais à des opérations, des concepts. Ils répondent à l'injonction faite au texte : Il faut que quelqu'un signe. Il le faut, mais pourquoi? Pour faire livre. A partir du moment où je désire renoncer à faire livre, où j'entre dans la logique de l'autre livre, ces mots lâchent la position qu'ils occupaient, ils n'ont plus le même sens. Ils ne viennent plus arrêter l'oeuvre, en faire une chose, ils s'y incorporent, ils s'y noient.

Comment leur dire que le scribe n'a qu'un désir, être pillé? Comment leur expliquer que ce texte se voudrait sans limite, sans garde-fou, que le signataire accepte par avance de disparaître dans les bordures du texte? Qu'il cède volontiers le contrôle au lecteur - ce contrôle pouvant se révéler aussi mince, voire nul, que les droits d'auteur?

En participant à des colloques, en inscrivant son travail dans des institutions, le signataire pourrait acquérir une légitimité qui pourrait contribuer à rassurer le lecteur. Un éditeur, une institution, une revue, un Comité de lecture... ce serait souhaitable, et même nécessaire, indispensable, ne serait-ce que pour se remettre en question. Mais ce serait aussi une trahison, et tous les compromis qui contribueraient à justifier cela seraient aussi des trahisons.

 

3. Lignes, limites, parerga.

Dès lors que ce travail porte un titre, le Derridex, voire plusieurs (Idixa, l'Orloeuvre), on peut supposer qu'il existe un ensemble borné, limité, localisable, qui porte ce nom, et l'on peut supposer que cet ensemble mérite le nom de livre. Les réserves émises sur la signature ou sur l'existence même du signataire ne changent rien au fait que cet ensemble est borné par un cadre, enveloppé dans des limites. Sur la scène du Derridex, un drame se joue : ce texte sans borne trouvera-t-il une unité? Se construira-t-il en une totalité qui ferait de lui autre chose qu'un texte, un livre? Le ressort du drame, c'est qu'il est impossible de sortir de l'ambiguité. Même si la linéarité du texte (sa succession verticale et horizontale) est douteuse, les lignes s'inscrivent bien là, devant tes yeux, elles s'alignent l'une après l'autre. Nous sommes tous les gardiens de la ligne, il n'est pas si facile de se décharger de cette tâche.

A quoi sert le Derridex? Et d'ailleurs a-t-il seulement un usage, une fonction? Tout ce que Jacques Derrida a pu dire des Souliers peints par Van Gogh pourrait se dire de lui. Il n'a pas de fondement, n'adhère pas au sol, et pourtant il fait marcher. Il exhibe son côté utile, pratique, mais n'explique ni ne justifie rien. Ne pouvant se présenter comme le hors-livre du livre derridien (puisque cet espace du hors-livre est déjà saturé par Derrida lui-même), il n'est qu'un reste, un supplément pur, le quasi-épuisement d'un quasi-savoir.

 

4. Un performatif (au-delà du performatif).

Peut-on dire d'un texte qu'il émerge comme une mutation monstrueuse, produisant ses propres règles, sans tradition ni précédent normatif, s'il s'écrit tout contre un autre texte ayant déjà affirmé et déclaré la même mutation?

En s'écartant du modèle du livre (en le marginalisant, le secondarisant), le Derridex tend à désorienter le lecteur. Mais cet acte de désorientation est un performatif : il institue, il constitue. Peut-on appeler livre ce qu'il produit? C'est difficile à dire. Quel livre? Où en est-on dans sa lecture? Qui en est l'auteur? Quelle est la part des programmes et des machines dans sa confection? Quelle est sa légitimité, s'il en a une? Il est si difficile de répondre à ces questions que, même moi, je préfère les éviter. Je sais par expérience que devant un tel texte et un tel signataire, un certain malaise finit toujours par se manifester. Les références sont si glissantes, les modes de désignation si incertains, l'auteur si peu connu, que la plupart des lecteurs éviteront de citer le texte (ils s'arrangeront pour ne reprendre ses mots qu'indirectement). Rien sur l'écran n'est susceptible de les rassurer, d'ancrer en eux la conviction qu'il y a derrière tout cela un sachant.

Et pourtant le texte invente ses "propres" normes, ou plus exactement, puisque les normes s'inventent elles-mêmes, il produit le semblant de "propre" qu'exige la forme pour se perpétuer. Produire une norme d'écriture, c'est déclarer et constater qu'elle existe déjà, du fait de cette déclaration; s'inventer comme signataire, c'est produire en même temps la contre-signature qui garantit cette invention. Dans tous les cas, c'est le texte qui produit quelque chose. Si l'oeuvre est performative, quelque chose d'impossible arrive, un événement au sens fort. Les raisons du succès (ou de l'échec) sont inconnues, énigmatiques, mais si ça marche, on ne sait pas ce qui a marché. Il faut du temps pour le comprendre et l'interpréter.

 

5. Déconstruire.

Continuer après Jacques Derrida dans la problématique de la déconstruction implique de lire ses écrits comme il lisait les textes. La déconstruction, disait-il, ne s'"applique" jamais de l'extérieur. Elle exige qu'on habite les structures. Qu'est-ce que ça signifie pour nous, ses lecteurs? C'est de l'intérieur de sa problématique qu'il faut partir, c'est elle qu'il faut pousser le plus loin possible, avec rigueur et sans faiblesse, jusqu'à la faille inattendue, la fracture singulière par où la lame unique, singulière, de chacun d'entre nous, viendra désarticuler la structure, pousser l'aporie dans ses derniers retranchements, ouvrir à d'autres concepts, d'autres développements (autres que ceux déjà avancés sous la signature derridienne). Si déconstruire, c'est Laisser venir l'autre (l'autre hétérogène et incalculable), idixer, c'est laisser venir plus d'une voix dans l'autre livre. L'idixation des livres publiés sous la signature de Jacques Derrida n'enferme pas dans ces livres. Multiplier les renvois, se laisser contaminer par les citations, accueillir toujours plus d'auteurs dans d'autres champs, au-delà même de ce qui est nécessaire au propos, c'est un choix, une obligation, un impératif.

 

6. Le livre à venir, au-delà du souverain.

Admettons que je n'aie rien à proposer ni à sauver, que je n'attende des transformations en cours ni révélation, ni catastrophe, ni transfiguration. Supposons que je n'attribue au livre à venir aucune finalité, que je ne fasse appel à aucun critère, ne porte aucun jugement a priori, ne risque aucune évaluation. Face à l'émergence de l'"autre livre", je devrais être absolument neutre, je devrais accepter toute éventualité, y compris de voir venir quelque chose de monstrueux ou d'inacceptable. Je devrais prendre acte d'un postulat qui me dépasse : L'"autre livre" a droit au non-droit. Je ne peux pas exclure qu'il s'impose à moi par la force, qu'il s'affirme par la violence du hors-la-loi, qu'il soit souverain.

Comme Derrida le disait au début de son parcours, l'émergence d'autres écritures qui sonnent le glas du livre s'inscrit dans une mutation qui transforme le rapport du vivant à soi. La rupture de l'écriture linéaire n'affecte pas seulement la forme-livre, elle touche aux rapports entre le corps, les mains, les yeux, le visage, le cerveau, le temps, le discours. Mettre cela en oeuvre, méditer sur les nouveaux modèles (mathématiques, programmatiques, spatiaux) qui débordent l'expérience courante, sur le hors livre, c'est méditer au-delà de l'homme, au-delà de la raison et de la science, c'est laisser venir d'autres liens entre art, technique, réseaux, pensée théorique - et aussi politique et poésie. Ces liens peuvent sembler étranges, inquiétants, voire absurdes. Ils ne sont subordonnés ni à la langue courante, ni à la fable des pouvoirs et des médias, ni à l'autorité du savoir, ni à la majesté du souverain.

 

 

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Propositions

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DERRIDEX (index des mots de l'oeuvre de Jacques Derrida)

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Avec le livre, on a refoulé tout ce qui résistait à la linéarisation; en désédimentant son unité, on bouleverse le lien entre art, technique, économie, littérature, théorie

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Toute oeuvre écrite ne prend pas la forme d'un livre - même les bibliothèques, bientôt, seront dominées par des processus textuels qui ne répondront plus à cette forme

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Devant la catastrophe qui menace le livre, on peut attendre ou espérer qu'un "autre livre" le sauve ou le transfigure - mais un tel livre ne pourrait être que hors-la-loi, monstrueux

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La déconstruction ne s'"applique" jamais de l'extérieur; c'est l'expérience qu'un texte fait de lui-même, sur lui-même

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[Toute oeuvre qui produit les conventions, formulations et critères qui la légitiment, est performative "au-delà du performatif"]

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Pour fonder une institution, l'acte requis est à la fois constatif et performatif, archive et production - la distinction entre l'un et l'autre étant indécidable

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En s'ouvrant son propre crédit d'elle-même à elle-même, une signature fondatrice s'invente comme signature, se donne un nom et produit la contresignature qui la garantit

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En son essence, le savoir est souverain; suspendre l'ordre du savoir, son autorité, penser ses limites, les passer, c'est disqualifier la majesté souveraine

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[Le "hors livre" derridien annonce le "livre à venir"]

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On ne peut parler sérieusement du livre à venir qu'en renonçant à toute téléologie eschatologique, à toute évaluation

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Avec la mutation du livre, ce qui se transforme est un rapport du vivant à soi : entre corps, mains, visage, yeux, bouche, cerveau, temps, station debout et distribution du discours

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Le Derridex est construit pour ne priver Jacques Derrida ni de passé ni d'avenir; ainsi échappe-t-il au statut de théologiciel

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La méthodologie de l'Orloeuvre

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[Mode d'emploi du site Idixa]

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Comment citer les pages du Derridex?

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Le Derridex est une césure ouverte dans la lecture des textes de Jacques Derrida - une circoncision du lecteur

Pour l'acqurir, cliquez

sur le livre

logo

 

Le Derridex se présente comme un index des mots de Jacques Derrida. Comme tout site, c'est un ensemble de pages qui font partie de l'Internet. On peut s'y mouvoir de page en page, ou en passant par un moteur de recherche. Le Derridex a le sien - absolument distinct de tout autre moteur, y compris de celui du Grand Timonier Google (dont on peut aussi se servir, par exemple en bas à gauche de cette page). On y accède en entrant un mot quelconque dans le formulaire qui se trouve au centre de la présente page, à moins qu'on préfère se rendre à celle-ci, qui est la page officielle de départ. S'affichent alors, successivement :

- une ou plusieurs expression entre crochets du type : [Derrida : le mot]. En cliquant sur l'une de ces lignes, on est conduit à un texte qui situe ce mot dans la pensée derridienne.

- un ou plusieurs mots précédés de la mention "index des mots de Jacques Derrida". En cliquant sur l'un d'eux, on obtient la liste des pages où ce mot (ou d'autres, qui lui sont sémantiquement associés) est utilisé dans les ouvrages de Jacques Derrida qui ont été dépouillés jusqu'à présent (environ la moitié de l'oeuvre publiée). Cette idixation ressemble à ce qu'on appelle parfois un index des matières.

- une série de phrases qui renvoient, directement ou indirectement, à l'espace sémantique ainsi défini. Ces phrases, je les appelle parfois des propositions. Elles sont liées à un passage du texte derridien. Sauf exception, ce ne sont pas de citations, mais des interprétations, des lectures. On peut trouver plusieurs propositions pour un même passage, plusieurs passages rapportés à la même proposition, et aussi des renvois à d'autres lecteurs, d'autres commentateurs ou d'autres textes. Il ne s'agit ni d'expliquer, ni de vulgariser, mais de mettre en oeuvre d'une autre façon, de disséminer autrement le texte derridien.

Une telle méthode, qui n'a guère de précédent dans la tradition académique, pose évidemment beaucoup de questions. Où commence et où finit l'oeuvre de Jacques Derrida? Je n'ai pas cherché à répondre à cette question, mais à éviter l'écueil qu'il a qualifié lui-même de théologiciel. Le dispositif idixien brise le texte, mais ce n'est pas pour le priver d'avenir, au contraire! Le texte reste absolument vierge et ouvert à toutes les autres interprétations. La lecture n'est pas clôturante, mais s'expose elle-même à la césure.

 

 


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