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Sources (*) : Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait               Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait
Jacques Derrida - "Circonfession", Ed : Seuil, 1991, d'après les pages 118-120

 

Defiguration (Violaine Rimoir, 2010) -

Le 23 juillet 1989, devant sa mère malade, apparemment guéri d'une paralysie défigurante, Jacques Derrida fait l'aveu en son corps d'une conversion illisible qu'il donne à lire

   
   
   
               
                       

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Il insiste sur la date. On est le 23 juillet 1989. Il a 59 ans et sa mère 88 (on est toujours dans les chiffres). Saint Augustin est en contre-point : confession/conversion. Alors qu'il rend visite, à Nice, à sa mère grabataire, qui ne le reconnaît pas, qui ne se rappelle plus son nom, un symptôme touche son corps : paralysie faciale. Un virus paraît-il. Le voilà pris à rebours. Il doit rompre avec la rhétorique qui était la sienne. Ce qu'il vénérait le plus : lieux sacrés, lieux de culte, lieux des morts, lieux d'habitation, s'efface devant un événement qui n'était pas de ceux auxquels il s'attendait. Un événement illisible, qui arrive en-dehors de l'écriture, est-il autre chose qu'un symptôme? Quelle faute a-t-il commise? Est-ce à cause de ses écrits, de l'oubli de sa circoncision, de sa rupture avec sa généalogie juive?

L'élection ne prend pas les chemins qui étaient prévus. Le voici sur la route de Damas.

Le 23 juillet est la date du 88ème anniversaire de sa mère Georgette, Sultana, Esther, Derrida, née Safar le 23 juillet 1901. fille de Maurice Safar (son autre grand-père dont il ne précise jamais que le nom, en hébreu, signifie livre). Dans Mémoires d'aveugle, il insiste aussi sur les dates et la chronologie. Il doit annuler une réunion le 5 juillet, car il souffre de cette maladie depuis 13 jours, ce qui conduit à dater son déclenchement du 22 juin. Il précise même que les dates sont vérifiables ("Et tout cela est archivé, je ne suis pas le seul à pouvoir en témoigner", Mémoires d'aveugle, p38) Mais pourquoi irait-on les vérifier? Pourquoi ces dates sont-elles si importantes? Peut-être parce que, comme Saint Paul sur le chemin de Damas, sa conversion est liée à un aveuglement. Est-ce de cette paralysie faciale qu'il faut dater le fameux tournant? Celui qui lui fait privilégier les inconditionnalités et le rapproche de Levinas, théoricien du visage? Celui qui affecte le corps, la présence du corps, la voix du corps, d'une autre valeur? D'une part, la date de cette conversion doit être précise, mais d'autre part, elle s'étend sur des dizaines d'années, elle est en filigrane depuis le début. Pour prendre un seul exemple, dans Schibboleth (1986), la voix est déjà en embuscade. Or la conversion est aussi un retour de la voix. Malgré le désir derridien de dater, elle ne sera pas fixée, la conversion est indatable.

 

 

Quand il en parle dans Mémoires d'aveugle (pp37-38), il associe cet épisode à l'aveuglement. "L'ouvre à ne pas voir", écrit-il dans sa voiture pour donner un titre au thème qu'il a choisi pour une exposition qui se tiendra au Louvre du 26 octobre 1990 au 21 janvier 1991, peu après la rédaction de Circonfession (de janvier 1989 à avril 1990). La conversion était illisible, mais peut-être était-elle visible dans l'aveuglement?

 

 

 


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Derrida
DerridaBiographie

1989.ME.MAN

ArchiOeuvreSacrifice

DC.LLE

W.conversion

Rang = WG
Genre = DET - DET