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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
L'échange, c'est rien pour rien                     L'échange, c'est rien pour rien
Sources (*) : Les récits danéliens               Les récits danéliens
Geminga Dorgès - "Le rien n'a pas de nom", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 20 septembre 2005

[Le principe de l'échange, ce n'est pas : "quelque chose pour quelque chose", c'est : "rien pour rien"]

   
   
   
                 
                       

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(Ouzza) : [Un silence].

- Geminga : L'idée est très simple. Si tu veux échanger, vraiment échanger, au sens fort du mot, il faut que tu ne t'attendes à rien. Je m'en suis rendu compte dans mon travail. Dans un premier temps, tu organises une expérience en fonction de ce que tu prévois; mais dans un second temps, il faut que tu oublies tout ce que tu avais prévu. Au moment où tu mets ton expérience en oeuvre, tu te vides de toute anticipation.

(Bendito) : On était parti sur l'idée que le Cercle favoriserait l'échange, mais on ne s'était jamais demandé sur quoi l'échange allait porter. Il allait bien porter sur quelque chose, imaginait-on, certainement pas sur rien du tout.

- Gloria : D'où vient l'échange? On a tendance à le considérer de façon trop abstraite. Je préfère supposer qu'il vient de quelque part, par exemple d'un endroit creux, la bouche, et qu'il arrive sur une surface, par exemple l'oreille, après avoir fait vibrer d'autres surfaces, par exemple le corps, l'air et l'espace environnant. L'échange n'est pas isolé, tout y conspire : "Tu me donnes ceci, je te donne cela". "Tu me cèdes ceci, je te contrecède cela". Ni l'émetteur ni le récepteur ne se rendent compte de ce qu'ils font. Il leur suffit de parler, et tout en eux participe de ce mouvement général.

- Yolande : Le grand pari de l'échange, c'est qu'en plus de ce qui est échangé, il offre autre chose. On ne s'en rend pas vraiment compte. Le phénomène est inconscient, et le supplément reste dissimulé, inconnu.

(Bendito) : Sans le savoir, Geminga avait découvert le clef de l'Orloeuvre.

- Gloria : Dans l'échange vocal, ce n'est pas la voix qui compte, c'est le dessus, le dessous, le devant et le derrière de la voix. Quelque chose de sensuel va avec le corps : le toucher, la peau, les lèvres, l'empathie, le sexe. S'il n'y avait pas cette sensualité, on ne pourrait pas échanger la moindre pensée.

- John : Il y a un cauchemar de l'échange. Plus les mots sont jolis comme réciprocité ou équilibre, et plus on risque de sombrer dans une caricature. Je ne donne que pour recevoir, disait Gloria tout à l'heure, ce qui annule le don lui-même. Moi je rêverais d'un échange qui serait un double don inégal, qui protégerait de la compensation ou de l'égalité, cette humiliation suprême.

(Ouzza) : Il y avait, dans cette controverse sur l'échange, des positions extraordinairement divergentes. Pour Geminga, on faisait semblant d'échanger des objets, mais on n'échangeait en réalité que la chose la plus importante, le rien; tandis que pour John, tout ce qui dans l'échange était intuitif et faisait plaisir à quelqu'un comme Gloria n'était que pure rhétorique, illusion verbale. John voulait restreindre son intérêt au don pur, tandis que Yolande ne s'intéressait qu'à ce qui, dans l'échange, débordait l'échange.

- Yolande : En employant le mot "désir", tu introduis un autre genre de satisfaction. Désirer, c'est espérer, c'est vouloir tirer un avantage. Tu en restes toujours à l'hypothèse de la compensation.

- John : OK. Alors je rêverais d'un don absolument gratuit, sans salaire, ni reconnaissance, ni aucun retour symbolique, un don sans échange qui serait une rupture radicale du système.

(Bendito) : S'il fallait que je donne moi-même une définition, je dirais que l'échange orlovien, ce n'est ni quelque chose pour quelque chose, ni rien pour rien, ni quelque chose pour rien, ni rien pour quelque chose, mais le cercle des hétérogènes.

- Gloria : Il y a un risque que tu sous-estimes, John. En entrant dans un monde sans échange, un monde où la parole ne ferait que passer, où pour le rien tu n'aurais même pas un rien, même pas moins que rien, un monde sans aucune forme de religion ni de croyance, sans aucun crédit accordé à l'autre, en entrant dans un tel monde, toi même tu n'existerais plus.

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Propositions

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Il faut, pour faire oeuvre, une voix qui s'arrête, ne circule pas

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Le baiser est comme la voix : un échange de pensées

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Premier instrument et lieu d'échange avec autrui, la peau est, dans l'ordre organique comme dans l'ordre imaginaire, notre système de protection le plus originaire

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S'il y a du don, il doit se donner comme un rêve : sans échange, ni reconnaissance, ni retour symbolique

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Il suffit d'une simple reconnaissance du sens intentionnel du don, d'une identification, d'une garde, pour qu'il soit transformé en échange symbolique, annulé et détruit

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Le don présuppose un système d'échange circulaire; mais il n'y a don, s'il y en a, que dans ce qui interrompt ce système - et annihile le don

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La voix passe, mais ne s'échange pas

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Le capitalisme n'a pas besoin d'autre légitimation que sa formule canonique : "Je te cède ceci, si tu peux me contrecéder cela"

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La religion fait croire que de la voix s'échange

 

 

 


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