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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Sur la perspective illusionniste.                     Sur la perspective illusionniste.
Sources (*) : Le classique perdure               Le classique perdure
Hubert Donoissy - "D'un point de non-savoir", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 27 février 2006

 

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Sur le Contemporain

[Paradoxe de la perspective illusionniste : les lois qui la régissent sont des instruments de tromperie]

Sur le Contemporain Autres renvois :
   

Sur la vision

   

Sur la perspective actuelle

   
                 
                       

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La perspective dite classique, celle de la Renaissance, n'est pas univoque, comme en témoigne la diversité de ses noms : centrale, géométrique, illusionniste, artificielle, linéaire, légitime, etc... Il y a deux façons de la décrire, apparemment contradictoires :

- c'est un artefact, une technique, un instrument d'illusion qui vise à tromper, à appeler le désir du sujet dans le tableau, et qui en outre exclut certains éléments qui ne trouvent pas de place dans son ordre.

- elle est naturelle, mathématique, régie par des lois. Elle a été montrée expérimentalement par Brunelleschi vers 1425, par le moyen d'un dispositif vérifiable et conforme aux principes de la raison, théorisée par Alberti et abondamment démontrée. Chaque chose peut et doit y trouver un juste lieu où s'inscrire.

Le paradoxe de la perspective illusionniste est que cette technique qui ordonne le tableau par rapport à un sujet (quoique réduit à un oeil) est aussi celle qui se croit la plus objective. Des règles strictes y sont applicables, mais le signe s'efface devant le sens. Le réel semble y triompher, mais c'est la sphère du moi qui s'y épanouit. Elle définit un lieu abstrait dans lequel les figures s'humanisent. En tant qu'espace géométrique, elle est aussi un lieu à habiter et à vivre. En 1495-97, Léonard de Vinci en avait tiré les conclusions : la perspective géométrique de la Cène est déjà doublée par une perspective vocale.

Dès que la perspective a été résolue comme problème technique, elle a posé un problème artistique. Les peintres, confrontés à la tension entre les deux aspects, ont du faire des choix, et c'est généralement l'illusion qu'ils ont choisie. Même si le public est trompé par son intuition et les critiques par l'académisme, on sait maintenant que plus un art évolue vers le naturalisme, plus il intègre des conventions. La peinture occidentale s'est crue naturelle grâce à la perspective; c'était une erreur, voire une faute, que la photographie a révélée.

En général, on définit cette perspective par la méthode de projection. Chassant de son esprit le support matériel du tableau tel qu'il est, on l'imagine comme une surface (plan de projection) traversée par le regard, avec un point de vue, des points de distance et des points de fuite. C'est une des façons d'obtenir une illusion de profondeur. Mais il y en a d'autres : par exemple le cadre, le contraste des couleurs, le clair-obscur. Choisir l'une ou l'autre est une question de style ou d'esthétique plus que de vérité.

Plus que sur le visible, la perspective classique s'appuie sur un invisible qui la précède, sur des frayages inconscients irréductibles qui la conditionnent. Elle est une scène théatrale qui se donne pour transparente, mais s'ouvre sur une quatrième surface invisible.

Sa légitimité est restée peu contestée pendant des siècles, dans les arts plastiques, au théatre ou dans l'organisation des pouvoirs politiques. Vers 1900 - bien avant l'électronique -, le second temps de la modernité l'a remise en cause. Au cinéma, art de l'homme privé, elle coexiste à présent avec d'autres régimes de vision, mais elle est loin d'avoir disparu.

 

 

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Propositions

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[La perspective, mot latin signifiant "vision traversante", suppose un oeil unique dont le regard traverse un plan]

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La perspective de la Renaissance repose sur la croyance que tout acte de voir est régi par des lois

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[La perspective est à double tranchant : 1. elle ramène le phénomène artistique à des règles stables, objectives; 2. elle le fait dépendre d'un point de vision subjectif]

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La perspective est l'institution d'un site où toute chose doit trouver à s'inscrire dans son lieu

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La perspective a été conçue comme instrument d'illusion plutôt que comme construction légitime de l'espace

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La vision du sujet de la perspective coïnciderait avec la vision naturelle si le sujet regardait le tableau du même point que le peintre, à la même distance, avec un seul oeil immobile

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La perspective est simultanément triomphe du sens du réel et élargissement de la sphère du moi

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La perspective n'est pas qu'une construction formelle, c'est un lieu que peut habiter un sujet concret

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Plus encore que la perspective géométrique, le contraste des valeurs a été un des moyens utilisé par l'art occidental pour créer l'illusion de profondeur

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[L'expérience de Brunelleschi (1425) est le moment inaugural de la perspective artificielle]

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La perspective est une méthode de projection qui définit un point de vue, des points de distance et des points de fuite

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Un point de fuite est un point de convergence d'un système quelconque de droites parallèles entre elles; celles qui sont perpendiculaires au plan du tableau convergent en un point unique

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La perspective linéaire transforme l'espace psychologique en espace mathématique artificiel

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En imposant une échelle uniforme pour tous les objets sur la surface du tableau, la perspective géométrique n'a pas dévalué l'humain, elle a humanisé les figures religieuses

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Seconde expérience de Brunelleschi : La peinture ne représente pas les choses telles que l'oeil les voit, mais telles que les lois de la perspective les imposent à notre raison

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Le cadre appartient à l'espace du spectateur plutôt qu'à l'espace illusionniste qui se creuse dans ses limites

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"La Cène", de Léonard de Vinci (1495-1497), s'organise asymétriquement autour de la voix du Christ disant : "En vérité, je vous le dis, l'un de vous me trahira"

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Le principe de la construction légitime veut que la peinture s'efface devant ce qu'elle représente comme le signe devant ce qu'il signifie

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La perspective de la Renaissance est un style cohérent et logique, qui instaure un rapport laïc ou esthétique entre l'oeuvre d'art et le spectateur

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Dans le théatre de la représentation, une quatrième surface semble s'ouvrir sur la scène, mais n'est qu'un voile invisible et opaque, un miroir, une projection

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La perspective est l'aptitude à représenter plusieurs objets de telle sorte que le support matériel du tableau se trouve chassé par la notion de plan transparent

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La perspective, qui repose en son fond sur un paradoxe spéculaire, n'est pas sans reste, comme le montre la place des nuages dans l'expérience de Brunelleschi

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Dès l'instant où la perspective est résolue comme problème technique, elle pose un problème artistique

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La perspective fut le péché originel de la peinture occidentale; Niepce et Lumière en furent les rédempteurs

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Dans la perspective classique, le sujet est manoeuvré, appelé, pris dans le tableau, son désir est capturé dans le champ de vision

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[Le sujet de la perspective ne tient qu'à un fil : il ne saurait se repérer dans le dispositif qu'à s'y résorber ou s'y perdre]

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La perspective spatiale, dite légitime, induit un régime spécifique de légitimité politique et esthétique

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Brunelleschi réalise vers 1425 une expérience démonstrative qui institue la perspective exacte (première expérience de Brunelleschi)

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Les arts primitifs évoluent généralement d'une représentation conceptuelle fondée sur l'image mnémonique vers une représentation perspective en accord avec la perception

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Le cinéma est l'affaire de l'homme privé : pur sujet vidé de tout contenu, omnivoyant et invisible, point de fuite de la perspective monoculaire

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Avant toute perspective, avant que tout trait soit tracé, un frayage invisible, originaire, hante le dessin, qu'on peut nommer : "aperspective de l'acte graphique"

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La perspective classique a été brutalement remise en cause autour de 1900

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Dans le clair-obscur, la lumière et l'ombre se succèdent comme symboles du connu et de l'inconnu, du bien et du mal

 

 

 


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