Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

 

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Point de fuite de l'espace vocal                     Point de fuite de l'espace vocal
Sources (*) : L'espace vocal               L'espace vocal
Ignace Lequedeur - "D'une prothèse en plus", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 17 décembre 1995

 

-

[La voix remplace le point de fuite de la perspective classique]

   
   
   
                 
                       

Pour l'acqurir, cliquez

sur le livre

logo

 

C’est un énorme événement (passé inaperçu) que nous prenons sous un certain angle, peut-être étroit, celui de la perspective. Dans ce champ, il peut s’exprimer de la façon suivante : le point focal de l’espace ne peut plus être construit par la science-reine des espaces, la géométrie. A sa place vient un point hétérogène, un point d’étrangeté extérieur à l'espace, qui se transforme couramment en ligne, surface ou volume. Ce point est familier, rassurant, mais difficilement localisable, sans territoire précis. Il fuit. On ne peut pas le saisir, il est inaccessible, et cependant absolument nécessaire pour s'orienter physiquement et affectivement. Sa présence n'est jamais garantie, toujours instable. Hypothèse : aujourd'hui, ce point est la voix. Le sens dominant n'est plus la vision, mais l'audition.

Nous allumons presque tous la radio ou la télévision tous les jours. Pourquoi? Pour nous orienter. De ces appareils sortent des voix qui nous permettent de nous situer dans le temps (non pas le temps abstrait, mais le temps concret des évènements qui surviennent et dont on parle). Ce temps est la seule dimension qui compte. Cela ne date pas d'aujourd'hui. C'était déjà le cas à l'époque de Léonard de Vinci (voir la Cène) et de Raphaël (voir Ste Cécile). Ce qui est nouveau, c'est que ce temps laïcisé ne se combine plus à un espace mais à un cyberespace - c'est-à-dire une autre dimension du temps. En s'orientant sur la voix comme point de fuite, le temps se replie sur lui-même.

Quand on regarde un écran de télévision, on ne trouve pas de point de fuite. On a l’impression que tous les points particuliers se dissolvent sur la surface de l’écran, que l’image est dépourvue de point de vue et de point de distance. Mais ce n’est qu’une illusion, car ils sont au fond du tube. Certes, ils ne se voient pas. S'il s'agit d'un écran plat, on peut même dire qu'ils n'existent pas. Ils sont invisibles, et c’est justement pour cela qu'ils sont reliés inconsciemment à un autre point invisible : la voix du présentateur, qui est au centre du visage, au centre de l'écran et au coeur de l'attention. On ne peut pas y échapper, elle vient à nous. Les autres voix (celles des personnes interviewées par exemple) n’ont pas la même fonction. Elles sont de type cinématographique et non pas télévisuel.

Le paysage vocal rend au monde une unité dont l'explosion des points de vue imaginaires l'a privé. Cette unité est fragile. Elle est en chute perpétuelle. Grâce à elle, le monde n'explose pas hors de toute image. La disparition de l’assise du monde qu’entretenait la perspective classique est limitée par une certaine recomposition. Hitler avait magistralement compris la fonction structurante de cette voix ou de ses substituts, qui peuvent être extrêmement divers, visage, objet, main ou geste, rassurants, effrayants ou dégoûtants. Ce n'est pas un hasard si cette voix-là a conduit à l'abîme.

On ne choisit pas de structurer l’espace par la voix, on y est forcé. Les futuristes, qui forçaient les spectateurs à écouter, ont parfaitement compris le phénomène. Aujourd'hui les media y invitent, et personne n’est en mesure de résister. On y cherche un sens, mais le flot de paroles qu'on y trouve ne peut pas opérer comme vérité. Plutôt que de rassurer dans un discours, il fait l'aveu du non-sens, il crève l'horizon sémantique.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

Paroles du diable (Paul Gauguin, 1892) : "Sa voix est en moi et hors de moi"

-

Les paysages soutiniens sont des espaces d'invocation

-

La perspective a ouvert à l'art religieux une région nouvelle : celle de la vision entendue

-

La ligne de fuite de la peinture passe par les mains

-

La télévision supprime toute autre médiation que celle du présentateur anonyme

-

[Les futuristes italiens ont commencé à pratiquer la performance en 1909, en mettant la déclamation au centre de leur pratique]

-

Le point de fuite de la peinture soutinienne est l'oreille

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Ignace
EVocalPointFuite

AA.BBB

MQiEVocal

PF.LLO

GF_EVocalPointFuite

Rang = P
Genre = Pfem -