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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Double sens de l'hymen                     Double sens de l'hymen
Sources (*) : La limite nous joue des tours               La limite nous joue des tours
Elias Oester - "A l'écart des appartenances", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 14 mars 2007

 

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Trésor de la Langue Française (http://atilf.atilf.fr/dendien/).

[Le mot "hymen" a un double sens : il est la membrane à déchirer et l'union nuptiale]

Autres renvois :
   

Voir ici ce qu'en dit Derrida

   
   
                 
                       

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L'hymen se caractérise par sa duplicité. Pour un seul mot, il y a deux articles différents dans le Trésor de la Langue Française, avec deux étymologies : 1. une membrane, du bas-latin hymen. 2. un Dieu du mariage, du latin classique Hymen, ou encore hymenaeus, chant d'hyménée (chant nuptial). Le même signifiant désigne 1. une limite, un seuil du corps à franchir par un acte qui implique une violence, du sang qui coule; 2. un chant, une invocation apaisante.

L'acte de réparation est indissolublement associé à l'acte de séparation. Il y a déchirement, mais il ne doit pas durer trop longtemps. C'est pourquoi on préfère que le mariage ait lieu avant le déchirement. On anticipe, on s'excuse de la faute avant même de la commettre. On se prépare au choc du franchissement.

Dans l'usage philosophique du mot, la membrane se déchire elle-même. Elle se plie et se replie indéfiniment, elle fusionne les contraires, elle brûle les logiques et les discours, elle s'interpose dans l'obscurité, écartant toute référence. C'est une membrane miraculeuse, merveilleuse, qui engendre un espace en perpétuelle extension : l'espace de dissémination.

On retrouve cette fonction de l'hymen à toutes les époques, dans la peinture chrétienne, chez Mallarmé ou encore dans le cinéma moderne (cf le film d'Abellatif Kechiche, La vie d'Adèle). On la retrouve aussi dans la vie courante et le langage (par exemple dans le double sens du mot partage).

 

HYMEN, subst. masc.

A. ANAT. Mince membrane de forme variable, qui obstrue partiellement le vagin des vierges. L'hymen, repli membraneux, plus ou moins large (...) qui forme une cloison incomplète entre le vagin et la vulve, et rétrécit plus ou moins l'entrée du premier (CUVIER, Anat. comp., t. 5, 1805, p. 122).

B. BOT. ,,Pellicule de la corolle qui se déchire lors de l'épanouissement`` (Ac. 1935).

REM. Hymén(é)al, -ale, -aux, (Hyménal, Hyménéal)adj. Relatif à l'hymen (au sens A). L'hymen se rompt (...) en formant de petites excroissances à l'entrée du vagin appelées lobules hyménéaux (Lar. Méd. t. 2 1972).

Prononc. et Orth. . Att. ds Ac. dep. 1718. V. hymen1. Étymol. et Hist. 1520 anat. (FALCON, Le Guidon de Guy de Chauliac, P. méd., 56, 647 ds QUEM. DDL t. 3). Empr. au b. lat. hymen « membrane », gr. « id. ». Bbg. QUEM. DDL t. 3.

 

HYMEN, HYMÉNÉE, subst. masc.

Poét. ou littér.

A. 1. Union, mariage. Allumer les flambeaux de l'hymen. Si le destin jaloux Avait permis qu'un fruit de ton doux hyménée, Qu'un rejeton d'amour (...) Consolât de Gilfort la vie infortunée (BAOUR-LORMIAN, Veillées, 1827, p. 316) : L'ennui est un dissolvant de l'hymen, dissolvant redoutablement actif. Jusqu'ici l'idée de passer mon existence entière avec une même femme, m'a toujours fait plus peur qu'envie... AMIEL, Journal, 1866, p. 439.

re, c'est la mort prochaine (MICHELET, Insecte, 1857, p. 368).

2. Au fig. Association, communion. De leur vrai sens je détourne les mots Et leur fais contracter les hymens les plus faux (BARBIER, Satires, 1865, p. 50). Dans l'action volontaire, il s'opère un secret hymen de la volonté humaine et de la volonté divine (BLONDEL, Action, 1893, p. 371).

B. ANTIQ. Chant nuptial accompagnant la fiancée à la demeure de son époux; p. méton. fête accompagnant le mariage. Synon. épithalame. On chante autour d'elle un hymne religieux, qui a pour refrain ô umen, ô umenaie. On appelait cet hymne l'hyménée et l'importance de ce chant sacré était si grande que l'on donnait son nom à la cérémonie tout entière (FUSTEL DE COUL., Cité antique, 1864, p. 48).

REM. Hyménéen, -éenne, adj., rare. Relatif au mariage. La maison retentissait de l'hymne hyménéen (BARRÈS, Voy. Sparte, 1906, p. 190).

prononc. anc. réservée à la poésie à côté de [] ds LITTRÉ (,,Les deux prononc. sont usitées; les poètes le font rimer avec des rimes en in ou en ain``), DG, PASSY 1914, BARBEAU-RODHE 1930 et WARN. 1968 (,,parfois [-] en poésie``). La prononc. [-] disparaît parce que le mot sort de l'usage au sens I et qu'il n'est plus usité que comme terme techn. (v. hymen2) qui se prononce comme pollen ou abdomen [-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1548 Hymen « dieu du Mariage » (RONSARD, Premières poésies ds Oeuvres, éd. P. Laumonier, t. 1, p. 10, 10); av. 1560 « mariage » (DU BELLAY, L'Enéide ds Oeuvres, éd. H. Chamard, VI, 279); 2. 1548 Hymenée « dieu du Mariage » (RONSARD, loc. cit.); 1580 « mariage » (R. GARNIER, Antigone, t. III, p. 81 ds IGLF). 1 empr. au lat. class. Hymen « dieu du mariage », gr. « id. »; 2 empr. au lat. class. hymenaeus « chant d'hyménée », « mariage », gr. « chant nuptial, mariage », « dieu du mariage invoqué dans le chant nuptial ».

 

 

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Propositions

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L'hymen, se divisant, se rapporte à lui-même par des pliures dont rien, dans sa syntaxe, ne peut arrêter le jeu

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L'hymen "a lieu" dans l'entre (antre), dans l'obscurité d'une caverne, entre le dedans et le dehors de la femme

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La consumation de l'hymen est fusion entre-deux, accomplissement de désir qui suspend les différences en inscrivant une différance sans présence

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La consumation du livre, comme celle de l'hymen, ne commence ni ne finit jamais

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"Il faut" la dissémination, car c'est la loi de l'hymen

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Dans sa généralité, l'écriture est assujettie à la loi de l'hymen : écarter la référence

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La dissémination dans le repli de l'hymen, telle est l'opération mallarméenne

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Le film d'Abdellatif Kechiche, "La vie d'Adèle", montre une bouche-hymen qui mange, lèche, suce, jouit, parle, enseigne et pleure - sans réussir à vivre

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L'hymen de la Vierge est un mur, intact et infranchissable mais transfiguré, traversé par l'altérité

 

 

 


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