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Van Gogh, la foi                     Van Gogh, la foi
Sources (*) : Van Gogh, désir de jouissance               Van Gogh, désir de jouissance
Pierre Delain - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Guilgal, 1988-2016, Page créée le 30 décembre 2007

 

Arles, le cafe de nuit (Van Gogh, 1888) -

Van Gogh traitait la peinture comme une prostituée sacrée et interdite

   
   
   
                 
                       

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Dimanche dernier, à 11 heures 1/2 du soir, le nommé Vincent Vangogh, peintre, originaire de Hollande, s'est présenté à la maison de tolérance n°1, a demandé la nommée Rachel, et lui a remis ... son oreille en lui disant : "Gardez cet objet précieusement". Puis il a disparu. Informée de ce fait qui ne pouvait être que celui d'un pauvre aliéné, la police s'est rendue le lendemain matin chez cet individu qu'elle a trouvé couché dans son lit, ne donnant presque plus signe de vie. Ce malheureux a été admis d'urgence à l'hospice (Extrait du Forum Républicain, Journal de l'arrondissement d'Arles, 30 décembre 1888).

Il s'est donné à la peinture comme il a donné son oreille à Rachel. Dans le temps de la peinture, les autres sens ne comptaient plus. Il les a sacrifiés à la vue - pas la vision codifiée, organisée, mais la vue hors langage, celle que Lyotard appelle le figural et Didi-Huberman le visuel. Pour le chrétien, voir est une faute, un péché. Or Van Gogh avait désiré passionnément devenir pasteur : il n'y avait renoncé qu'en 1879, désespéré, et en cette veille de Noël 1888, le désespoir était toujours là. Il n'aura pas diminué un an plus tard, le 24 décembre 1889 (autre jour de Noël). Enfermé dans la solitude à l'asile de Saint-Rémy, il subira une nouvelle crise et tentera de s'empoisonner en suçant ses tubes de couleur.

 

 

Peu de temps auparavant, Van Gogh avait écrit dans une lettre : "Faut-il dire la vérité, et y ajouter que les zouaves, les bordels, et les adorables petites Arlésiennes qui s'en vont faire leur première communion (...) me paraissent aussi des êtres d'un autre monde?" Zouaves et filles vont ensemble, car il rendait souvent visite, avec Gauguin, aux filles à zouaves pour "étudier les bordels" (écrit-il à son frère). D'ailleurs, avec Gauguin, ils avaient mis spécialement une certaine somme d'argent de côté pour cet usage. Dans sa solitude, ayant renoncé, après deux refus, à trouver femme à son goût, il n'avait personne d'autre à qui faire don de son oreille.

Ce n'était pas la première fois que son destin se jouait avec une prostituée. Il avait, en 1882, tiré le portrait (intitulé Sorrow) de celle qui, alors, était aussi sa compagne. Son prénom était Sien, il ne l'avait abandonnée qu'au nom de la peinture (il n'a pas cédé aux pressions de sa famille, mais à l'impératif d'apprendre à peindre auquel il ne pouvait pas se soutraire). Pourtant sa conscience lui commandait de rester avec elle. Peut-être ne s'était-il jamais remis de ce choix terrible : pour le visuel contre la voix de sa conscience, pour la jouissance indicible et inaudible de la peinture contre l'autre vocation qui était la sienne : défendre dans le monde, au nom du Très-Haut, les pauvres et les réprouvés.

 

 

 


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