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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le subjectile                     Derrida, le subjectile
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 13 novembre 2008 Derrida, Artaud

[Derrida, le subjectile]

Derrida, Artaud Autres renvois :
   

Derrida, le rien, Khôra

   

Derrida, Artaud

   
L'oeuvre s'écrit à même le subjectile L'oeuvre s'écrit à même le subjectile
                 
                       

1. Artaud.

SUBJECTILE (définition du Littré) : surface externe sur laquelle le peintre applique une couche d'enduit, de peinture, de vernis. Pour la première couche, le subjectile s'identifie au matériau qui est appelé à recevoir le système de peintures.

"Subjectile" est un mot presque oublié de la langue française. C'est Antonin Artaud qui en a transformé l'usage, en le mentionnant trois fois pour parler de ses dessins. [On trouvera sur cette page d'autres définitions, et le détail des mentions d'Artaud].

cf : Le mot "subjectile" est lui-même un subjectile.

Dans la définition du Littré, le subjectile "s'identifie" au matériau, mais ne l'est pas : il y adhère, se "confond" avec lui. Nullement passif, il participe de l'oeuvre. Artaud pousse aussi loin que possible la logique de l'identification du subjectile avec l'oeuvre. Quand il se remet à dessiner à partir d'octobre 1939, il ne cherche pas à l'utiliser, ni à le domestiquer, ni à le traduire sous une forme acceptable par la tradition des Beaux-Arts. Il le saisit au corps. Pour envoûter ses interlocuteurs, il le perfore littéralement, il le brûle, le bombarde, le détruit.

cf : Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu.

cf : Par ses oeuvres, Artaud entend conjurer tout ce qui les trahit : le subjectile, le système des Beaux-Arts, le supplément étranger.

cf : Le subjectile, ce lieu d'incubation qui se soustrait à toutes les oppositions et prend toutes les formes sans les assumer, est tout, rien et n'importe quoi (comme la Khôra).

 

2. La trace du coup.

Toujours à propos d'Artaud.

cf : [Il y a "oeuvre" quand on peut faire survivre le mal fait, quand on peut garder trace du coup porté, sauver la dissonance dans le contre-coup d'une consonance].

 

3. Réceptacle.

On peut rapprocher la thématique du subjectile d'un autre mot difficilement traduisible en français : Khôra.

cf : [Derrida, le rien, Khôra].

 

4. Le corps à corps derridien avec l'oeuvre.

La question de l'oeuvre tourmente Artaud; et c'est aussi cette question qui tourmente Derrida dans Artaud - et qui explique qu'il ait choisi d'axer sa lecture sur le subjectile, corps de l'oeuvre. Etymologiquement, le mot subjectile vient du latin subjectum - qui ne désignait pas un sujet, mais "ce qui est dessous" - ce qui peut fournir une base durable à la certitude. Pour répondre à l'appel de l'oeuvre, il faut apaiser le subjectile, une tâche plus difficile qu'il n'y paraît, et toujours à recommencer.

cf : Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt du trajet, l'apaisement du subjectile, l'interruption d'un jet qui garde la trace d'une brûlure mais donne consistance à ce qu'il attaque.

Quand il renvoie à son cas personnel, Jacques Derrida se sert du mot "subjectile" pour nommer ses outils de travail : la feuille de papier (Papier machine, p241), l'ordinateur (Circonfession, p128). Un support sur lequel on est sur le point de peindre, d'écrire ou de dessiner est à la fois une toile vierge, nue, non préparée, et un parergon chargé de toutes les limites, de tous les encadrements. La feuille de papier ou l'ordinateur sont des réceptacles de toutes les marques, ou traces, ou plis qui pourraient venir s'y inscrire. Même un écran virtuel qui n'a encore accueilli aucun texte est porteur d'une longue tradition.

A la suite d'Antonin Artaud, il s'empare de ce fond sans fond, de cette Khôra d'où émergent des figures de l'autre. Car le subjectile, comme le mot qui le désigne, n'est pas représentable. Ce n'est ni un objet, ni un sujet. Il est actif et passif, masculin et féminin, utéro-phallique. Il n'a ni forme ni sens. Il ne peut faire l'objet d'aucun savoir et n'a pas d'autre consistance que l'entre-deux. Sa portée ne tient qu'à la tension, au jet ou au rythme de ce qui s'écrit sur lui. Aucun texte, graphe ou graphème ne peut faire disparaître cette tension où s'engendrent, performativement voire archi-performativement, les oeuvres et les événements.

 

5. Le subjectile à venir, à revenir.

Freud rêvait de ressusciter l'instant de l'impression de la trace, à même le subjectile. Il en attendait une catharsis, une guérison; mais cet instant est définitivement perdu, on ne peut pas le retrouver.

A chaque oeuvre, le subjectile est appelé, une fois unique, dans un mouvement où il se fonde et s'institue. Ce mouvement ne se laisse pas répéter. Il est unique, comme est unique le moment où Eros vient sortir Psychè de son sommeil, et comme est unique l'éponge de Francis Ponge, capable de revenir chaque fois à son état initial.

 

 

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Propositions

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Artaud utilise trois fois le mot "subjectile" pour parler de ses dessins

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Artaud n'écrit jamais "sur" ses dessins mais seulement "à même", dans l'extrême tension d'un rythme, d'une vibration, d'un timbre de voix qui donne au subjectile sa portée

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Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu

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On ne peut pas traduire une phrase d'Antonin Artaud en proposition

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Avant le sujet, avant l'objet, avant l'être lui-même, il y a une projection, une jetée

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Artaud veut en revenir à une scène plus originaire encore que celle de l'expropriation : la scène utéro-phallique du subjectile

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"Subjectile", ce mot intraduisible, est lui-même un subjectile

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Chez Artaud, le souffle ne se confond pas avec la voix : il perfore le subjectile, il fait la guerre aux mots et au langage

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Le subjectile peut prendre la place du sujet ou de l'objet, mais il n'est ni l'un ni l'autre : c'est ce qui, dessous, n'est pas représentable

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Le subjectile n'a pas d'autre consistance que celle de l'entre-deux

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En tant que subjectile multisensoriel, multiorganes, multimedia, le papier est un lieu où résonne, dans l'espace-temps, l'histoire du corps humain

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Francis Ponge est une éponge, un subjectile équivoque, aussi indécidable qu'un hymen

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Le subjectile est le corps unique de l'oeuvre, en son premier événement, qui ne se laisse pas répéter

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Freud voudrait ressusciter la trace originelle et unique, à l'instant même de son impression, à même le subjectile

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Le subjectile (jeté/jetant) se fonde et s'institue dans le mouvement où il devient le support de l'oeuvre

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Le subjectile, fond sans fond, se retire à l'infini derrière les figures, mais jamais complètement : il y a toujours plus de fond, de la figure vient en plus

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Sauver l'oeuvre, c'est laisser le support de la confession, son subjectile, son archi-performatif, engendrer et consigner d'autres événements textuels

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Le subjectile n'est autre qu'une figure de la Khôra, sinon la Khôra elle-même

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Le subjectile, ce lieu d'incubation qui se soustrait à toutes les oppositions et prend toutes les formes sans les assumer, est tout, rien et n'importe quoi (comme la Khôra)

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Le subjectile est une figure de l'autre, il figure l'Autre

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Par ses oeuvres, Artaud entend conjurer tout ce qui les trahit : le subjectile, le système des Beaux-Arts, le supplément étranger

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Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt du trajet, l'apaisement du subjectile, l'interruption d'un jet qui garde la trace d'une brûlure mais donne consistance à ce qu'il attaque

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En Psychè étendue (intouchable, intacte, intangible), ce qui est insupportable est qu'elle n'a pas de rapport à soi : elle est un subjectile qui ne sait et ne voit rien à son propre sujet

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