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 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
L'oeuvre s'écrit à même le subjectile                     L'oeuvre s'écrit à même le subjectile
Sources (*) : L'oeuvre supplée l'origine               L'oeuvre supplée l'origine
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 7 mai 2011 L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire

[L'oeuvre s'écrit à même le subjectile]

L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
   
   
   
L'archi - oeuvre L'archi - oeuvre
                 
                       

1. Subjectile.

Sur la définition du subjectile, les sources retenues par Derrida (Artaud, la khôra), on lira : [Derrida, le subjectile].

Chez Artaud, tout est subjectile, y compris les mots. L'oeuvre n'est pas assujettie à l'esprit : c'est une machine, un excrément jeté à la face du voyeur ou de l'auditeur. Se tenant en-dehors du système des arts, elle n'appartient à aucun genre.

 

2. A même.

Dans un tableau, c'est la peinture elle-même, le matériau, qui est l'oeuvre, à même l'oeuvre.

En ne s'écrivant pas "sur" le subjectile, mais "à même", l'oeuvre le blesse. Il laisse les plaies ouvertes [à moins que l'oeuvre, en se faisant oeuvre d'art, ne les cicatrise et les apaise].

 

3. Archi-oeuvre.

Mais l'oeuvre comme telle ne s'institue jamais complètement, elle reste toujours archi-oeuvre. Artaud souhaite passionnément faire oeuvre, mais s'il réussit, c'est contre lui. Ses coups entretiennent la dissonance qui empêche l'oeuvre de se stabiliser. A chaque coup, le subjectile est appelé, une fois unique. Dans ce mouvement qui ne se laisse pas répéter, il se fonde et s'institue, mais sans forme ni sens.

Pour faire oeuvre, pour acquérir une consistance, il faut que l'expérience de l'oeuvre appelle une réponse, une responsabilité, une transformation.

 

4. La forme et le fond.

Selon Jean-Luc Nancy, dans la peinture, le lieu de l'auto-affection est moins la forme que le fond. Si l'image peut se détacher sur un fond, c'est parce que celui-ci est le lieu hétérogène à partir duquel la peinture résonne - une résonance de type auditif, hétérogène au silence de l'image.

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Dans ses dessins, Artaud l'entame, le perfore, le bombarde, le détruit, l'expulse, le brûle.

Le subjectile (ce que ce mot désigne, et aussi le mot lui-même) est ce lieu d'incubation qui est la matrice de toutes les oppositions et de toutes les formes mais n'en a aucune.

 

 

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Propositions

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[Derrida, le subjectile]

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[Derrida, "à même"]

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[Derrida, le rien, Khôra]

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"Subjectile", ce mot intraduisible, est lui-même un subjectile

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Le subjectile, ce lieu d'incubation qui se soustrait à toutes les oppositions et prend toutes les formes sans les assumer, est tout, rien et n'importe quoi (comme la Khôra)

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Le subjectile est une figure de l'autre, il figure l'Autre

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Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu

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Une oeuvre qui se stabiliserait serait une trahison, mais cette trahison, on ne peut la conjurer que par l'oeuvre

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Chez Artaud, le souffle ne se confond pas avec la voix : il perfore le subjectile, il fait la guerre aux mots et au langage

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Artaud n'écrit jamais "sur" ses dessins mais seulement "à même", dans l'extrême tension d'un rythme, d'une vibration, d'un timbre de voix qui donne au subjectile sa portée

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Le subjectile, fond sans fond, se retire à l'infini derrière les figures, mais jamais complètement : il y a toujours plus de fond, de la figure vient en plus

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Le subjectile peut prendre la place du sujet ou de l'objet, mais il n'est ni l'un ni l'autre : c'est ce qui, dessous, n'est pas représentable

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Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt du trajet, l'apaisement du subjectile, l'interruption d'un jet qui garde la trace d'une brûlure mais donne consistance à ce qu'il attaque

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Dans un tableau, c'est la peinture elle-même qui est à l'oeuvre, à même l'oeuvre

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Dans l'expérience de l'art, c'est l'oeuvre qui, par son "subjectum", est l'autorité souveraine qui exige, ordonne, appelle réponse, responsabilité, transformation

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La peinture est le lieu d'une auto-affection où l'image s'entend, dans la tension d'un silence

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