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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le sensible en art est politique                     Le sensible en art est politique
Sources (*) : Jacques Rancière               Jacques Rancière
Jacques Rancière - "Le spectateur émancipé", Ed : La Fabrique, 2008, pp64-66

 

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Sur le Contemporain

[L'art est politique par son efficacité singulière : il met à distance les hiérarchies établies et laisse jouer le dissensus des formes sensibles]

Sur le Contemporain
   
   
   
                 
                       

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De nombreux artistes veulent intervenir dans le champ politique ou idéologique. Mettant en oeuvre des pratiques et des formes très diverses, ils tiennent pour acquis un certain modèle d'efficacité : en montrant les stigmates ou les symboles de la domination, on déclenchera une sensibilisation, une indignation ou une révolte. Ce modèle qui se veut subversif reproduit paradoxalement les procédés issus de la tradition mimétique, que l'art d'avant-garde a mis en question depuis longtemps. C'est une étrange schizophrénie : d'une part, on admet qu'il faut repenser entièrement les stratégies artistiques; d'autre part, on valide des modèles d'efficacité de l'art ébranlés depuis plus d'un siècle. Radicalité de l'art et radicalité politique se dissocient. Tout se passe comme si on croyait à une continuité entre l'art et la vie sociale, alors que justement le régime esthétique de l'art repose sur une séparation entre les deux. On revient à des formes d'expression politique issues du 18ème siècle : un auteur dispose des signes sensibles, représentatifs, qu'un spectateur est invité à lire. C'est un modèle pédagogique, celui du théatre classique qui démasque les hypocrites. Mais l'efficacité de l'art ne consiste ni à transmettre des messages, ni à corriger les moeurs par l'éthique. Au contraire, il se sépare de la vie collective, il suspend l'intelligence active et la causalité courante. Cette rupture esthétique que Winckelmann avait ressentie devant le torse du Belvédère ou Schiller devant la Juno Ludovisi libère l'art du culte religieux, de la médiation représentative ou de l'immédiateté éthique. Elle ouvre la place du musée qui ne s'adresse à aucun public spécifique et où n'importe quelle oeuvre peut être montrée, de l'icone au readymade. Déconnectées des fins sociales et de toutes les polices de l'espace et du temps, les formes sensibles peuvent se diversifier, s'ouvrir au dissensus. L'expérience commune se repartage autrement. L'effet de l'oeuvre ne peut plus être rapporté à aucun savoir.

L'art ainsi défini se détache de l'émancipation au sens traditionnel. Sa démarche reste critique, mais ni comme révélation d'une vérité, ni comme tournant éthique, ni comme intervention dans la vie politique courante. Il témoigne d'un monde non réconcilié. En respectant la résistance des choses, il décompose et recompose les hétérogènes par une micropolitique ou une métapolitique.

 

 

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Propositions

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Le libre jeu esthétique définit un mode d'expérience inédit, porteur d'une nouvelle forme d'universalité et d'égalité sensible

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L'art contemporain recompose les hétérogènes jusqu'à rendre indécidable la distinction entre art et politique

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L'efficacité propre au régime esthétique de l'art tient à une séparation entre ses formes sensibles et celles de la vie collective

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L'art est politique par l'écart qu'il prend par rapport aux formes ordinaires de l'expérience sensible et par le type de temps et d'espace qu'il institue

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La question des dominés n'est pas la prise de conscience des mécanismes de la domination, c'est celle du dissensus : se faire un corps voué à autre chose qu'à la domination

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Dans l'art qui se veut politique, la tradition mimétique est dominante

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[Pour préserver la démarche critique en art, il faut dénouer son lien traditionnel avec un horizon d'émancipation]

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L'art moderne reposait sur une alliance entre radicalité de l'art et radicalité politique aujourd'hui défaite

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[Un tournant éthique affecte aujourd'hui l'esthétique et la politique : un droit humanitaire, de justice infinie, au-delà de tout droit, qui évacue le droit même]

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En mélangeant les hétérogènes, une micro-politique de l'art brouille les frontières entre art, non-art et politique et les délégitimise

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La pureté de l'oeuvre d'art autonome, auto-affirmée, témoigne de la dissonance d'un monde non réconcilié

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La politique de l'art actuel est une métapolitique : venir à bout du dissensus politique en changeant de scène

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L'art critique pérennise un monde où la transformation des choses en signes redouble l'excès des interprétations et fait s'évanouir toute résistance des choses

 

 

 


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