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Gustave Courbet                     Gustave Courbet
Sources (*) : Courbet, le réalisme et son corps               Courbet, le réalisme et son corps
Michael Fried - "Le réalisme de Courbet, Esthétique et origines de la peinture moderne, tome 2", Ed : Gallimard, 1993, pp141-2

 

L'Enterrement ˆ Ornans (Gustave Courbet, 1849) -

Dans l'"Enterrement à Ornans", on peut distinguer deux points de vue séparés et différents : celui du spectateur générique et celui du peintre-spectateur

   
   
   
                 
                       

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En face de cet horizon bas, sans point de fuite ni effet illusionniste, devant cet amas de personnages, le spectateur n'est pas réductible à un oeil unique. Deux points de vue sont possibles :

1. au centre, face à la fosse ouverte, le spectateur générique. Comme dans d'autres tableaux de Courbet, le bas du tableau n'est pas un bord net, tranché. Nous nous trouvons devant cette tombe comme devant un seuil mal défini, proche de nous, qui nous attire de l'autre côté. Cette position n'est pas celle d'un observateur neutre et impersonnel [comme celui que suppose la perspective classique], elle tend à nous absorber quasi corporellement dans le tableau. Courbet a laissé vide cette partie centrale de la composition.

2. plus à gauche, le peintre spectateur, en face d'une ligne verticale définie par le Christ sculpté et le seul personnage qui regarde dans notre direction (le vigneron Colard-Claudame, porte-croix). La disposition de la tombe, oblique, nous conduit à nous placer en face de l'enfant de choeur qui regarde au-dessus de lui d'un air surpris. Sans doute sa bougie a-t-elle heurté le chapeau du porteur du cercueil qui lui jette un regard. Dans ce secteur encombré, entre le curé et le cercueil, se déploie un pli, une fissure ou une fente spatiale étroite qui aboutit à la tête non couverte de l'ami intime de Courbet, Maximin Buchon. Michael Fried suggère que, dans une "psychopachie" proche de celle des Casseurs de pierre, le cercueil peut être identifié à la palette du peintre, et l'enfant qui porte le bénitier et/ou la pelle couverte de terre à gauche de la fosse, peuvent être identifiés à son pinceau.

 

 

L'existence de plusieurs points de vue, distincts et apparemment antithétiques, n'est pas le résultat d'une incohérence ou d'une confusion, mais des efforts de Courbet pour résoudre certaines difficultés. Entre la place du spectateur générique (nous-mêmes), qui suppose une certaine théatralité et celle de l'"autre" spectateur - Courbet dans l'acte de peindre - (anti-théatral) se déploie une tension. La nécessité de concilier les deux points de vue peut être analysée comme un échec, une impossibilité du projet initial de Courbet (celui des autoportraits).

 

 

 


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