Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

 

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Babel, plus de langue unique                     Babel, plus de langue unique
Sources (*) : Abraham se dessaisit 7 fois               Abraham se dessaisit 7 fois
Cécile Loth - "Parages hybrides", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 30 avril 2010

 

-

Derrida, la tour de Babel

[En condamnant la tour de Babel, Yhvh conjure le risque qu'une langue unique ne vienne effacer son nom]

Derrida, la tour de Babel
   
   
   
                 
                       

logo

Cliquer pour accder son texte

 

L'interprétation la plus courante du chapitre (Gn, 11) de la bible sur la tour de Babel dénonce le caractère totalitaire de la culture babylonienne. On peut la résumer ainsi : C'était une époque où le peuple travaillait collectivement sous la direction des prêtres et des rois. Il vivait discipliné, en masses compactes, avec un seul horizon, une seule idéologie : bâtir pour le bien de la communauté, renforcer la cohérence et la puissance de l'Etat. Persuadé que, par ses oeuvres, il réussirait à monter jusqu'au ciel, il ne pratiquait qu'une seule langue. Tout ce qu'il accomplissait, art et technique, était au service de l'amélioration de sa vie matérielle. Il n'y avait dans le monde que des choses et des paroles closes.

Selon une autre interprétation, la langue sacrée avait été oubliée [l'hébreu]. Les hommes ne pouvaient plus ni communiquer entre eux, ni nommer les choses, ni même se nommer eux-mêmes. L'universel avait été perdu.

Mais voici que Yhvh, le nom divin, vient interrompre l'enchaînement mortifère. En imposant la confusion des langues - c'est-à-dire l'écart entre langues différentes, cultures et familles humaines, il brise l'enfermement dans la chose.

A la même époque vit Abraham qui accepte, en prenant tous les risques, de répondre à un appel incertain. Rompant avec tous les repères établis, assumant ses devoirs envers autrui, se désaisissant de tous ses attributs, il s'engage dans une errance dont il ne connaît pas le but.

-------

Le commentaire traditionnel met l'eau à la bouche, mais il ne va pas jusqu'au bout. Pourquoi ce Dieu tout-puissant aurait-il eu peur d'une tour aussi dérisoire à ses yeux? En quoi consistait, pour lui, la menace? Les babyloniens risquaient de tout expliquer, et même de donner un sens à son nom. Devant ce peuple astrologue qui ne pouvait pas concevoir que la rencontre, le hasard ou l'aléa soient bien plus puissants que le déterminisme, il fallait préserver l'irréductibilité d'un nom, il fallait qu'un graphème reste incompréhensible, indicible.

 

 

A l'époque de la tour de Babel, Abraham a les mains et les pieds liés par le parcours du soleil et de la lune [c'est-à-dire l'astrologie, qui était la science dominante à cette époque]. Mais il ne se laissera pas enfermer. Il est sur le point de partir pour sa longue errance.

--------------

Propositions

--------------

-

A l'époque de la tour de Babel, l'univers n'avait qu'un seul bord, c'est-à-dire une seule langue

-

A l'époque de Babel, le monde entier était un ensemble de paroles scellées et de choses fermées

-

L'homme de la tour de Babel accède à l'artifice et à l'art, mais il met cette invention au service d'un pacte avec la matière

-

La faute de Babel, c'est de vouloir se faire un nom; Dieu punit en affectant le pouvoir de nommer

-

La transgression de Babel tient à son caractère collectif : elle veut unifier l'humanité en une seule voix, sans tenir compte des individus ni des peuples

-

En construisant la tour de Babel, les hommes se réunissent pour monter à la conquête du ciel; tandis que Yhvh descend pour donner à chacun le temps de son histoire

-

À l'époque de Babel, chaque famille humaine et chaque peuple parlait son dialecte; mais la langue sacrée avait été oubliée

-

En la qualifiant de "balal" (confusion en hébreu), les juifs babyloniens se moquaient de Babel et de sa tour (Bâb-Ilou, la "porte de Dieu" en akkadien)

-

Refusant la chose inerte et inventant la parole, Abraham, contemporain des bâtisseurs de Babel, a été le seul homme à refuser de prêter la main à l'entreprise

-

La confusion babélienne se joue entre la parole et l'écriture : la différence phonétique s'entend par la voix, mais la graphie ou la lettre passent l'entendement

-

La tour de Babel (Pierre Bouretz, Marc de Launay, Jean-Louis Schefer, 2003) [COL-LTDB]

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Ccile
BabelYhvh

AA.BBB

HebAbraham

GE.LGE

DerridaBabel

FK.LLK

LX_BabelYhvh

Rang = XBabelYhvh
Genre = -