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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
La photo fait prévaloir l'indice                     La photo fait prévaloir l'indice
Sources (*) : La photographie, simulacre               La photographie, simulacre
Rosalind Krauss - "Le photographique, Pour une théorie des écarts", Ed : Macula, 1990, p14

 

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Rosalind Krauss

[Avec la photographie, les règles de l'indexation (trace, indice, empreinte) se substituent à celles de la représentation iconique]

Rosalind Krauss
   
   
   
                 
                       

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Pour Roland Barthes, la photographie n'est ni un objet esthétique, ni un objet historique, ni un objet sociologique. C'est quelque chose qui me touche au plus intime, qui dépose en moi une promesse singulière : la preuve d'un fait brut, le témoin d'un "Ça a été", une tâche aveugle qui suspend les clichés linguistiques. Devant cette évidence brute (celle du Référent), il n'y a plus rien à ajouter. Pour Walter Benjamin, son caractère mécanique et reproductible affaiblit l'originalité et l'authenticité de l'oeuvre. La photographie contribue à faire dépérir l'aura. Rosalind Krauss rapporte ces deux directions de pensée aux notions d'"indice" et de "double". On ne peut fabriquer une photographie que par association directe, physique ou chimique avec un référent. L'image produite n'est pas une représentation (signe iconique), mais un autre genre de signe issu d'une écriture directe de la lumière, d'une impression, d'une trace ou d'une archive : un indice. Cette dimension d'automatisme inhérente à la photographie relativise des notions classiques comme "artiste", "auteur", "oeuvre", "style".

Mais la photographie n'est jamais purement indicielle. Si elle était une inscription directe du réel, elle resterait inarticulée, vide de sens (syncatégorème). Elle ne devient intelligible que parce que, en plus, elle est en rapport avec des discours. Du daguerréotype aux vues stéréoscopiques, elles s'est toujours inscrite dans des séries, des systèmes de substitution ou des dédoublements qui mettent la trace matérielle en abyme et la transforment en ensemble signifiant. Ce mode de fonctionnement, ce "calibrage", s'est étendu à la sculpture comme à la peinture. Prenant acte de l'impression directe produite par la nature, les impressionnistes l'ont immédiatement compensée par le respect des règles de composition de la peinture classique. Mais cette réserve n'a pas duré. Après le cubisme et le surréalisme (qui fait grand usage de la photographie), la génération des peintres dits "modernistes", influencés par Marcel Duchamp et sa Mariée mise à nu par ses célibataires, a renoncé au programme iconographique du tableau. C'est à ce moment-là qu'on a commencé à les accuser d'imposture. Avec le collage, le Body Art, le land Art, la performance ou la vidéo, ce sont des pans entiers du monde de l'art qui ont prolongé la rupture initiée par la photographie. Pour rendre compte de ces événements, il faut faire de la photographie un instrument théorique à partir duquel on peut définir un nouveau type de médium. Même si la peinture, dans une certaine mesure, était indicielle depuis le début (comme le signale son mythe d'origine), le "photographique" a profondément modifié ses pratiques. Des thèmes aussi anciens que le Nu féminin ont changé de caractère : il ne s'agit plus de représenter la beauté, mais d'en exhiber le fétiche.

Pour photographier, il faut un geste, une opération de la main. Cette opération n'est pas neutre. Elle prolonge le corps (prothèse) et rend le référent intelligible par ce qui s'ajoute au réel : technicité, croyances, constructions, fictions. Il en résulte des décalages, que le surréalisme met en valeur par son exploration du double.

Entre le corps, son image et ses figurations, la crise est permanente.

 

 

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Propositions

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L'ordre fondateur de la Photographie est la Référence; c'est son essence intraitable, que nul ne peut nier

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La photographie a été vécue dès son invention comme le lieu ultime de la trace

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La photographie promeut le fantasme d'un rapport direct au réel

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La lumière est la forme d'écriture propre à la photographie

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Ce ne sont pas les peintres qui ont inventé la Photographie, ce sont les chimistes

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L'appareil photographique opère comme un substitut de la main qui écrit ou dessine

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Le surréalisme s'est intéressé à la photographie car elle s'ajoute au réel - comme représentation, signe ou écriture paradoxale

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La photographie ne saurait produire tous ses effets qu'en restituant sa valeur de rupture, sa faculté d'irruption

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Les vues stéréoscopiques des années 1850-80 sont construites en fonction d'un discours spécifique (la "photographie topographique"), distinct du discours de l'art

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L'indice est inarticulé; il ne peut faire sens sans l'addition d'une légende, d'un texte ou d'un supplément imaginaire

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En dédoublant (à la façon d'un mime) les signes produits par la lumière, la photographie les rend intelligibles

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En photographie, la représentation est mise en abyme en tant qu'elle intériorise son propre processus de fabrication, et qu'un signe en interprète un autre

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Le mythe d'origine de la peinture - le tracé, par la fille d'un potier, de l'ombre de son amant portée sur un mur - signale son caractère irréductiblement indiciel

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On peut distinguer deux types d'images : indicielles (la photographie) et symboliques (la peinture)

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Les peintures pré-impressionnistes de Daubigny ressemblent aux calotypes des années 1850, qui accentuent les contrastes et laissent voir le grain de l'image

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Dans le tableau impressionniste, la perte d'unité résultant de l'observation directe de la nature est compensée par une composition qui respecte les règles traditionnelles

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Dans leurs publications, les surréalistes ont donné la priorité à la photographie sur d'autres types d'images

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La photographie, qui parle toujours le langage du collage, est l'ennemie naturelle de l'idéal d'autonomie de l'art

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Des pratiques de trace ou d'empreinte, comme le Body Art, le Land Art ou la performance, révèlent l'emprise du caractère indiciel de la photographie sur d'autres formes d'art

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L'exploration du double - ce principe structurel, formel et thématique de la photographie surréaliste - témoigne de la perte par le sujet de sa maîtrise visuelle

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Une crise a éclaté entre le corps et l'image : la crise de la référence

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Le modernisme et la photographie, qui couvrent presque exactement la même période, ont été tous deux accusés d'imposture

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La photographie est un objet théorique qui relativise des concepts comme "artiste", "auteur", "oeuvre", "style"

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Le vidéaste contemporain doit s'enregistrer lui-même, tout en présentant un matériau qui l'exclut comme sujet

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L'univers de la photographie est celui de l'archive et non celui du musée

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La fétichisation du Nu Féminin en photographie tient à son essence même : produire une image artificielle, qui exhibe le réel en se substituant à lui

 

 

 


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