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Messianique, le temps qui reste                     Messianique, le temps qui reste
Sources (*) :              
Giorgio Agamben - "Le temps qui reste - Un commentaire de l'"Epître aux Romains"", Ed : Payot - Poches, 2000, p90

 

Protogene (Pierre Cousteau, 1555) -

Saint Paul introduit dans la division des peuples entre Juifs (circoncis selon la loi) et non-Juifs (avec prépuce) un reste : celui qui est dans la loi du messie

   
   
   
                 
                       

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Du point de vue de la loi (selon Paul), la division fondamentale oppose le peuple juif (en hébreu am, en grec Ioudaios) et les non-juifs (en hébreu goyim, en grec Hellen ou ethnè). L'appel messianique (klèsis) tel qu'il le conçoit met chaque Juif et chaque non-Juif en tension avec lui-même. La loi (nomos) devient inopérante. [C'est désormais la question de la foi qui est posée]. Paul privilégie une autre division, entre la chair (sarx) et le souffle (pneuma), qui ne coïncide pas avec la première. Giorgio Agamben compare cette distinction entre deux lignes proches l'une de l'autre à l'anecdote d'Apelle rendant visite à Protogène (voir ci-contre). Ce que Paul appelle aphorisme dans le premier verset de l'Epître aux Romains "Paul, serviteur du Christ Jesus, appelé apôtre, séparé (aphorismenos) pour l'Evangile de Dieu", est "une coupure qui, tout en n'ayant pas d'objet propre, divise les divisions tracées par la loi" (Agamben, p89). Sous l'effet de la coupure d'Apelle, Juifs et non-Juifs ne forment plus à eux deux une totalité, il y a un reste, un tiers qui correspond à une autre logique. A ceux qui sont sous la loi et ceux qui sont sans loi, il faut ajouter ceux qui sont dans la loi du messie.

La division dans la division oblige à penser de manière nouvelle la question de l'universel et du particulier. Les Juifs d'une part, les Goyim d'autre part, ne coïncident jamais avec eux-mêmes. Les uns et les autres peuvent être "selon le souffle" ou "selon la chair", et aucun principe transcendant, du type "humanité de l'homme", ne les unifie. Chaque être manque infiniment à lui-même, chaque être est toujours déjà séparé de lui-même.

 

 

Un jour, Apelle, peintre le plus célèbre de son temps, apprit qu'un autre peintre dénommé Protogène, qui résidait à Rhodes, avait une réputation égale à la sienne. Il partit immédiatement et débarqua dans cette île, curieux de connaître les ouvrages de cet homme. Quand il arriva à l'atelier, Protogène était absent. Un grand tableau était disposé sur le chevalet, gardé par une vieille femme. Annonçant que Protogène était sorti, elle demanda le nom du visiteur. Apelle saisit un pinceau et traça en couleur une ligne d’une extrême ténuité. A son retour, la vieille raconta à Protogène ce qui s’était passé. L’artiste ayant contemplé la délicatesse du trait, devina immédiatement qui en était l'auteur. Nul autre n'était capable de tracer une ligne aussi parfaite. Lui-même dessina alors une autre ligne encore plus fine avec une autre couleur, et sortit en recommandant à la gardienne de la faire voir à l’étranger, et de lui dire : «Voilà celui que vous cherchiez.». Quand Apelle revint, il constata qu'il avait été surpassé et refendit les deux lignes avec une troisième couleur, ne laissant plus aucune place, même pour le trait le plus subtil. Protogène s’avoua vaincu et courut au port accueillir son hôte.

 

 

 


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