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Derrida, l'université                     Derrida, l'université
Sources (*) : Derrida, responsabilité(s)               Derrida, responsabilité(s)
Jacques Derrida - "Du droit à la philosophie", Ed : Galilée, 1990, p421

 

Democrite et Heraclite (Rubens, 1603) -

Derrida, le performatif

Dans chaque énoncé universitaire, un performatif singulier est à l'oeuvre, qui engage une philosophie, une axiomatique et une responsabilité

Derrida, le performatif
   
   
   
L'oeuvre, au - delà du performatif L'oeuvre, au - delà du performatif
Dans l'université : faire venir l'inouï               Dans l'université : faire venir l'inouï  
Un performatif tout autre                     Un performatif tout autre    

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Que fait l’universitaire ? C’est la question sous-jacente à l’ensemble des textes écrits par Jacques Derrida entre 1974 et 1984 et publiés en 1990 dans Du droit à la philosophie. On les considérera ici sous l’angle de l’analyse critique proposée dans Mochlos, ou le conflit des facultés (conférence prononcée pour la première fois en 1980). Laissons le contexte dans lequel Kant a écrit Le conflit des Facultés en 1798 et les considérations sur la censure qui l’ont motivé, et portons notre attention sur les conclusions de Jacques Derrida. Kant distinguait entre :

- des Facultés « supérieures » (théologie, droit et médecine) engagées dans la vie courante, au service de leurs intérêts et de ceux du prince. Ces Facultés impliquées dans la maîtrise technique, dans la gestion, dans les questions de pouvoir, déploient (selon Kant) un savoir performatif. Il est donc légitime (toujours selon Kant) que le souverain puisse les censurer.

- une Faculté « inférieure », celle de philosophie. Celle-ci étant soucieuse uniquement de vérité, utilisant un langage théorique qui lui est propre et n’ayant aucun contact avec le grand public, aurait (toujours selon Kant) été guidée exclusivement par la raison et par un savoir "constatif". En préservant l’autonomie de ces Facultés inférieures, le souverain n’aurait pris aucun risque ; toute censure aurait été inutile et même nuisible.

A cet argumentaire kantien justifié par des considérations politiques, Jacques Derrida opposait, dans les années 1970-80, une problématique justifiée par son analyse des mouvements de l’université contemporaine, où :

- les académies et sociétés savantes spécialisées qui concurrençaient déjà l'université à l'époque de Kant, ont pris une ampleur considérable : instituts de recherche indépendants, bases de données informatisées, actions du complexe militaro-industriel, développement des techno-sciences par les capitaux privés, laboratoires, etc. Souvent l'université se situe désormais à la marge du savoir et non plus en son centre. Ces institutions, vécues comme "parasites", ne peuvent plus être exclues. On ne peut nier leur engagement dans la société ni leur dimension performative ; ce qui n’empêche qu’elles produisent, elles aussi, du savoir (« constatif »).

- la classe kantienne des "lettrés", ces hommes d'affaires, fonctionnaires, prêtres, juristes ou médecins formés dans les universités mais devenus des instruments du pouvoir en rapport direct avec le peuple, cette classe a elle aussi pris une dimension beaucoup plus considérable. Ces gestionnaires ne peuvent plus être distingués des savants ni des techniciens de la science (les universitaires).

- les "philosophes" capables d'exercer leur libre jugement pour distinguer le vrai du faux, selon le paradigme occidental classique, n'ont plus la possibilité ni une compétence reconnue pour distinguer entre le juste et l'injuste, le moral et l'immoral, comme le souhaitait Kant. Ils ne peuvent ni se soustraire à l'espace public pour mener à bien leurs recherches, ni éviter la publicité des archives et des médias, ni utiliser une langue spécifique (une langue universelle, univoque, purement constative) qui serait distincte des langages naturels (nécessairement équivoques et impliqués dans l'action). La frontière qui les sépare des deux autres "classes" est de plus en plus ténue.

Conclusion : les distinctions sur lesquelles Kant, au commencement de la modernité, appuyait son analyse de l'Université, sont aujourd'hui brouillées. On ne peut plus distinguer entre d'une part les Facultés dites "supérieures" exerçant une influence sur la société mais que - justement pour cette raison - le roi pouvait légitimement contrôler et censurer, et d'autre part la Faculté dite "inférieure" (qui inclut la philosophie) qui n'exerce aucun pouvoir, mais que le roi s'interdisait de censurer afin de protéger la connaissance et la vérité. Dans l'activité universitaire d'aujourd'hui, on ne peut pas distinguer le versant constatif du versant performatif. Chaque fois qu'un enseignant demande un crédit, organise une recherche, évalue des travaux, attribue un grade, écrit, lit ou interprète, il met en œuvre une axiomatique, des codes, des intérêts. Qu'il en ait ou non conscience, il s'engage dans une politique de l'enseignement et du savoir. A chaque nouvelle affirmation, il propose un autre modèle institutionnel, une autre inscription dans la communauté et la société. Dans ce monde post-kantien, chaque texte, chaque écrit, chaque élément de corpus prescrit un type différent d'échange ou de hiérarchie pour l'évaluer, le déchiffrer, le traduire, le faire survivre. Chaque opération donne lieu à un nouveau contrat, un autre engagement que l'enseignant a pour responsabilité de clarifier.

 

 

Evoquant l’origine du principe de raison, Derrida le rapproche alors de la fondation de toute institution, y compris l’institution universitaire. Est-elle performative, constative, ou les deux ?

CITATION : "Nous sommes ici en ce lieu où la responsabilité fondatrice passe par des actes ou des performances – qui ne sont pas seulement des actes de langage au sens strict ou étroit, et qui, pour n’être évidemment plus des énoncés constatifs réglés sur une certaine détermination de la vérité, ne sont peut-être pas plus simplement des performatifs linguistiques ; cette dernière opposition (constatif/performatif) reste encore trop intimement programmée par la loi philosophico-universitaire – autrement dit par la raison – qu’il s’agit ici d’interroger" (Jacques Derrida, Du droit à la philosophie du droit, p435).

 

 

 


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