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de Jacques Derrida

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Derrida, le témoignage                     Derrida, le témoignage
Le secret de Derrida, indéchiffrable               Le secret de Derrida, indéchiffrable
Jacques Derrida - "Le Cahier de l'Herne sur Jacques Derrida", Ed : de l'Herne, 2004, p535 - Poétique et politique du témoignage

 

Aschenglorie -une strophe oubliee -

Oeuvre, arrêt, différance

Dans le poème ou dans l'oeuvre, l'impossibilité du témoignage se manifeste comme telle, en tant que non-manifestation, au lieu où l'on doit continuer d'en appeler à ce témoignage

Oeuvre, arrêt, différance
   
   
   
L'oeuvre garde /manifeste le secret L'oeuvre garde /manifeste le secret
Une oeuvre en appelle au témoignage d'un autre               Une oeuvre en appelle au témoignage d'un autre  
                       

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1.

Tout poème est un témoignage, mais ce dont il témoigne restera à jamais secret, inconnu, ininterprétable, pour celui qui le reçoit - et aussi sans doute pour celui qui l'a écrit. Dans son analyse du poème de Paul Celan, Aschenglorie, Jacques Derrida annonce dès le départ qu'il renonce à toute interprétation. Que fait-il alors? En cheminant dans les phrases du poème, c'est son discours qu'il déploie, sa logique à lui, ses associations - qui résonnent peut-être avec celles de l'auteur, mais sans aucune garantie.

Quand il analyse la dernière strophe du poème, Nul ne témoigne pour le témoin, sa lecture n'est pas poétique, mais philosophique. "Témoigner pour", ce peut être, dit-il, trois choses distinctes : (1) Témoigner en faveur de quelqu'un (2) Témoigner à la place d'un autre (ce qui est impossible, car un témoin parle toujours à la première personne, son secret reste, de toutes façons, secret) (3) Témoigner devant quelqu'un, un destinataire qui écoute et qui regarde. En principe, ce témoin devant lequel on témoigne (un juge, un tribunal, un arbitre) ne peut pas être lui-même un témoin, car il serait partie prenante. Mais n'est-il pas, en fait, impliqué dans ce témoignage? Ne doit-il pas témoigner du témoignage pour remplir cette fonction? Si, bien sûr, répond Derrida. Conclusion : un témoignage (à ne pas confondre avec une preuve) est une assertion performative et non pas constative; et du côté du destinataire, il n'appelle pas non plus une réponse constative (du type "interprétation"), mais performative, du type : Je crois le témoin ou Je ne le crois pas (une croyance, et aussi une prise de responsabilité).

La chose dont l'oeuvre témoigne ne peut pas se présenter comme telle, et pourtant, par l'oeuvre, elle se présente, elle survit. Cette chose est en cendres, elle a disparu, et pourtant un événement (l'oeuvre ou le poème, en tant qu'ils témoignent) la rend présente, [à condition qu'il y ait quelqu'un pour les croire].

2.

Dans un texte publié en 2006 (Traduire, témoigner, survivre, in Rue Descartes n°52), Marc Crépon fait observer que Aschenglorie est le seul poème de Celan pour lequel Derrida ait pris le risque de proposer lui-même une traduction. En choisissant de traduire ce texte dont le thème est le témoignage, il témoignerait lui-même d'une autre éthique, une éthique inouïe, hyperbolique. Cette autre éthique repose, selon Marc Crépon, sur la rencontre.

cf sur ce point : [Traduire un poème, c'est témoigner d'une rencontre, d'une éthique du rapport à l'autre, où chaque fois s'invente un nouvel idiome, unique].

 

 

3.

Et pourtant on trouve dans le texte Poétique et politique du témoignage une omission, que Marc Crépon lui-même semble ignorer : dans les différentes traductions, celles qu'il cite et celles qu'il établit lui-même, Jacques Derrida omet deux vers du poème de Celan, celle qu'on a reproduite ci-dessus. Pourquoi? Y a-t-il dans cette strophe un secret qu'il faille contourner, éviter?

- Le scripteur : Dans ce poème de cendres, de témoignage et de serment, il est question de la Shoah. Derrida fait observer que ceux qui ont disparu, les morts réduits en cendres, vrais témoins virtuels, n'ont jamais pu témoigner et ne le pourront jamais. Avant de prendre acte de l'impossibilité du témoignage (dernière strophe), le poème tente, quand même, un témoignage de substitution. Ici un lieu de dissémination est nommé (l'Est), qui jette, vers nous, quelque chose de terrible. Serait-ce cela, cette chose terrible, qu'on voudrait éviter? Ce qui se tient devant nous, au-devant, cela n'est-il pas présent? Cela n'impose-t-il pas brutalement, violemment, immédiatement, sa présence, sans aucune médiation, aucune protection, aucune possibilité de différer, aucune différance même? Le témoin ne peut-il pas, dans certains cas exceptionnels, inouïs [la Shoah], rendre présente la présence de ce dont il témoigne? Cette chose qui passe les limites de l'interprétation et aussi celles du témoignage, ne se transmet pas par testament, ni dans l'espace saint et sacré du rapport à l'autre. La voici, jetée devant vous, terrible, qui se manifeste / non-manifeste.

- Laaqib : Ici, scripteur, tu exagères un peu. Tu vas au-delà des auteurs que tu commentes. Tu es un peu sournois, tu les prends à défaut là où ils ne s'y attendent pas.

- Le scripteur : Mais non voyons, au contraire! Leur défaut, paradoxalement, va dans le sens de ce qu'ils disent.

 

 


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