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Apocalypse : les fins de l'homme                     Apocalypse : les fins de l'homme
Sources (*) :              
Pierre Delain - "Croisements", Ed : Galgal, 2004-2016, Page créée le 13 janvier 2014

[Pour notre temps, l'Apocalypse est moins celle d'un monde qui arrive à sa fin, que celle où le "propre de l'homme" vacille]

   
   
   
                 
                       

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1. L'Apocalypse au cinéma.

Peter Szendy a écrit un livre intitulé "L'apocalypse cinéma, 2012 et autres fins du monde". Dès le début du livre, Szendy énonce ce qu'il appelle "la loi du genre apocalyptique" (au cinéma) : "La fin du monde, c'est la fin du film; ou la fin du film, c'est la fin du monde". Il y a plusieurs interprétations possibles de ce postulat. L'une est chronologique : quand le monde s'arrête, le film lui aussi s'arrête. C'est ce qui arrive dans Melancholia de Lars von Trier, ou dans The last man on earth, d'Ubaldo Ragona et Sidney Salkow (1964). Le film s'arrête quand le dernier homme est tué. Mais l'on peut proposer une autre interprétation, selon laquelle ce qui arrive à sa fin, et qui reste inconnu, concerne l'humain. La loi de Szendy pourrait alors s'écrire : "La fin de l'homme, c'est la fin du film; ou la fin du film, c'est la fin de l'homme". On ne partirait pas d'un compte à rebours qui suppose une linéarité du temps [comme dans Une femme sur la lune (Fritz Lang, 1928)], mais d'une situation dans laquelle le film mettrait en scène l'irruption d'un autre concept de l'homme.

La plupart des films dits "apocalyptiques" (ou des films-catastrophes) ne font que conforter le propre de l'homme. C'est le cas par exemples de L'An 01 (film de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, 1972, à partir d'une bande dessinée de Gébé) dont les auteurs mettent en scène un univers rousseauiste où les hommes et les femmes réduits à des corps vivants rejettent tout ce qui pourrait menacer leur pureté (y compris la technique), ou encore de 2012 (film de Roland Emmerich, 2009), une fable dont la logique moralisante exalte la pérennité de l'humain, sauvé grâce à une nouvelle arche de Noé.

 

2. L'Apocalypse derridienne.

Pour Derrida, il y a apocalypse quand un cataclysme, qui était déjà là, se révèle. On déplore la ruine, on pleure pour le monde perdu et on implore, dans le temps même où s'instaure un nouvel ordre. Ça se déconstruit, ça s'est toujours déconstruit, et voilà autre chose qui émerge, une oeuvre. Quand les limites extrêmes de l'humain approchent, arrive l'ultime frontière qui précède la mise au jour d'un autre fondement, que nous ne pouvons encore ni décrire ni penser. Ce moment, nous pouvons l'expérimenter dans des situations diverses : devant le regard sans fond d'un animal, ou par l'effroi ressenti devant l'histoire du 20ème siècle. On pourrait le qualifier de bipolaire avec sa dimension mélancolique (Je suis mort), et sa dimension maniaque (mais je survis dans la joie, la jubilation). L'Apocalypse ne renvoie ni à la vie, ni à la mort, mais à un survivre d'un autre type.

Les fins de l'homme : cette formulation reprise de Jacques Derrida est le titre d'une conférence prononcée en octobre 1968 à New York, datée d'avril 1968 [deux dates qui encadrent mai 1968], publiée dans Marges en 1972.

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Propositions

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Une oeuvre est un événement sacrificiel, apocalyptique, qui ruine ce qu'il met en ordre et implore la résurrection de qu'il ruine

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L'expérience du regard sans fond d'un animal annonce l'ultime frontière apocalyptique, l'instant d'extrême passion où sont frôlées les limites abyssales de l'humain

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Dans le film "Melancholia" de Lars von Trier, il y a quelque chose de nazi : l'entrée en scène d'un monde absolument dépourvu d'avenir

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L'utopiste, qui veut tout prévoir, n'attend plus rien de l'avenir (L'An 01, film de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch,1972)

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Parler de l'"écrire" comme "survivre", c'est une apocalypse, et aussi un fantasme maniaque

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S'il y a, au cinéma, un genre apocalyptique, sa loi peut se dire : "la fin du monde, c'est la fin du film; ou la fin du film, c'est la fin du monde"

 

 

 


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