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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Faire son deuil de l'aporie du deuil                     Faire son deuil de l'aporie du deuil
Sources (*) : "Je suis mort", commencement derridien               "Je suis mort", commencement derridien
Jacob Rogozinski - "Cryptes de Derrida", Ed : Lignes Ed., 2014, pp36-41

 

Photo prise dans le ghetto de Varsovie par un allemand -

Singularité de la Shoah

De la Shoah, on ne peut parler qu'en silence, sans en parler, dans l'expérience extrême d'un deuil impossible

Singularité de la Shoah
   
   
   
Derrida, le deuil Derrida, le deuil
Derrida, prière, théologie négative               Derrida, prière, théologie négative  
                       

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Jacques Derrida, selon Jacob Rogozinski, ne se serait jamais "confronté" à la Shoah [quel que soit le sent de ce mot, "confronter", c'est une affirmation qu'on peut contester - cf ici], ou s'il l'a fait, c'est de manière indirecte, allusive.

Pour celui qui soutient la mémoire de la Shoah, se pose la question du deuil. Une limite a été franchie où le deuil est refusé, où menace une "amnésie sans reste" (Schibboleth, p83, cité par Rogozinski). Quand le Nom même est anéanti, quand la mort ne donne plus rien en échange du sacrifice, aucune "relève" (au sens hegelien, Aufhebung), n'est encore possible, la mélancolie ne peut pas être surmontée. Tant que je peux être endeuillé, je suis, mais si même le deuil m'est impossible, alors je peux dire que je suis déjà mort, cette étrange "devise" que Rogozinski attribue à Derrida. Dire "Je suis mort", c'est dire que Je ne suis qu'un survivant].

Pour Derrida, Auschwitz n'est pas l'arrêt de mort de la philosophie occidentale. Même s'il est très difficile d'"enchaîner" après Auschwitz, il est possible de continuer à philosopher. Mais pour cela, il faut en passer par ce deuil impossible. La déconstruction de la métaphysique, tentée par Derrida, pourrait se placer dans cet enchaînement. Une mort sans nom, pour des noms qui n'ont pas de nom, cela pourrait évoquer le nom imprononçable de Dieu. Si Derrida a gardé un quasi-silence sur Auschwitz, s'il a laissé ces noms privés de sépulture dans une crypte absolue, c'est peut-être à cause de la folie de la Shoah, sa démesure, qui serait aussi une folie de Dieu, un trou noir impensable. C'est Rogozinski (et non pas Derrida) qui associe ces trois mots, folie, Shoah et Dieu (p189), pour faire droit au sans fond, à l'impossibilité de signer.

 

 

Il y a, dans l'argumentaire de Rogozinski, une contradiction ou un paradoxe. Selon lui :

- Derrida ne s'est jamais confronté ni à la Shoah, ni à la terreur totalitaire [à quelques exceptions près, malgré tout, non négligeables, comme la poésie de Paul Celan et Fichus, à partir d'Adorno];

- le même Derrida ferait, par son oeuvre, l'expérience du deuil impossible à travers cette formule : "Je suis mort", qui renverrait ainsi à la Shoah.

Le "Je suis mort" n'est-il pas, aussi, une façon de porter en soi les victimes? N'est-ce pas la façon la plus radicale de faire l'expérience, dans la pensée, de cette catastrophe? Rogozinski en fait l'hypothèse : "la mélancolie de la déconstruction trouve-t-elle sa source dans cette expérience extrême d'un deuil impossible" (p36).

- Melissa : Il y a beaucoup de façon de ne pas parler. Ce peut être par culpabilité (Blanchot), par ignorance, par indifférence, par hostilité, par haine (le négationnisme) ou par mépris (Heidegger). Mais ce peut être aussi par respect, ou par souci de ne pas nommer l'innommable. Il est possible que Jacques Derrida ait été dans cette situation. Je ne dis pas que c'était un choix, un calcul, mais une situation. Ayant subi l'antisémitisme mais n'ayant eu personne dans sa famille proche assassiné par les nazis, il s'est senti obligé à une certaine pudeur. Il est des choses trop lourdes pour être abordées directement.

 

 


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