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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire                     L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Sources (*) : Sur le scripteur               Sur le scripteur
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 26 nov 2014 Inoculer, prémunir, désactiver

[On peut comparer l'oeuvre derridienne à un vaccin, qui protégerait contre "la loi du pire"]

Inoculer, prémunir, désactiver
   
   
   
                 
                       

Jacques Derrida est signataire de ce qu’on appelle une "œuvre" : un vaste corpus de textes où d’autres "œuvres", en grand nombre, sont citées, étudiées, analysées ou déconstruites. Souvent, il utilise le mot "œuvre", et plus rarement mais de manière significative, il interroge ce mot ou ce qu'il appelle l'"énigme" du concept d'œuvre. Dans ce qu’il « dit » alors, un double « faire » est impliqué. D’une part, il se demande « Que fait cette œuvre ? », et nous pouvons analyser et commenter ce qu’il dit. Mais d’autre part, nous pouvons aussi nous demander : « Mais que fait Derrida quand il analyse ce que fait cette œuvre ? ». C’est cette deuxième question qui tend à prévaloir dans cette étude.

Dans les champs de l'histoire de l'art, de l'esthétique ou de la critique littéraire, il existe une immense littérature autour de la question de l'œuvre. La convoquer, dans le format limité de ce travail, aurait conduit à des simplifications, des approximations ou des omissions. On a donc fait un autre choix : chercher dans le texte derridien lui-même, dans son faire, son auto-hétéro-affection, les éléments qui pourraient conduire à l’élaboration d’un concept d'œuvre spécifique et singulier. Afin de tenir compte de la critique externe et aussi de la longue histoire de la philosophie autour de cette thématique, on a mis à profit la structure d'"invagination" du texte derridien. Dans ce texte même, en prenant appui sur la littérature secondaire, on peut repérer d'autres pensées de l'œuvre, par exemple celles de Lévinas ou d’Heidegger.

Cette méthode a conduit aux hypothèses suivantes :

1. Il y a dans l'œuvre derridienne, y compris à travers l’analyse des autres œuvres, la mise en jeu d’un "Il faut", d’une ou de plusieurs inconditionnalité(s), et ce dès les premiers textes.

2. La structure d'auto-immunité, décrite dans l'œuvre, opère dans l'œuvre. "Il faut" se protéger contre quelque chose. Quoi? Notre hypothèse, c'est qu'il s'agit du mal radical.

3. Malgré les apories multiples dont la description occupe une large partie de l'œuvre, le désir de protection, en principe impossible à réaliser, réussit quand même. On peut tenter de démontrer cette réussite, mais on peut aussi, surtout, en témoigner par la lecture : Je dois reconnaître, je dois avouer qu'elle me vaccine.

4. Cette opération, que nous nommons aussi "œuvrance", est performative. Elle passe par cinq obligations inconditionnelles : laisser l’avenir ouvert, s’adresser à l’autre comme tel, s’aventurer pour plus que la vie, garder le secret, répondre des principes - en ce moment même.

5. Cela conduit à la définition d'un "principe de l'œuvre" spécifique de l’œuvre derridienne dont l'énoncé est le suivant : Ce qui a lieu dans une œuvre s’affirme inconditionnellement, en-dehors de tout calcul, de toute finalité et de toute transaction.

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Définition du vaccin (Trésor de la Langue Française) : Substance préparée en laboratoire à partir de microorganismes (tués, inactifs ou atténués) et qui, inoculée à un être vivant, l'immunise ou l'aide à lutter contre une maladie infectieuse (déterminée par le même microorganisme) grâce à la formation d'anticorps spécifiques.

Etymologie (Trésor de la Langue Française) : Forme masc. subst. refaite sur le lat. vaccinus, -a, -um « de vache » d'apr. vaccine.

Histoire : "Variola vaccina" était une forme de variole, également appelée "vaccine", qui se transmettait à l'homme. En 1796, le docteur anglais Edward Jenner s'est rendu compte que du pus prélevé sur une fermière contaminée pouvait protéger un enfant de la maladie.

Observation de Valérie Péan (Mission Agrobiosciences, novembre 2009) : Se faire vacciner n’est peut-être pas un acte aussi naturel qu’il le semble. Se faire inoculer une substance inconnue peut susciter une certaine anxiété. Et en la matière, un détour par l’étymologie du mot vaccin met à jour un véritable cocktail sémantique où interviennent l’animalité, la sexualité et la maladie... Ce qui peut induire, c’est une hypothèse, une certaine répugnance dans l’inconscient collectif.

 

1. Le vaccin.

Il ne semble pas qu'on trouve d'occurrence du mot "vaccin" dans l'oeuvre derridienne. Cette absence n'est ni un oubli, ni un hasard. En effet pour Derrida, les mécanismes d'auto-immunité qui gouvernent la religion, et aussi la science, et aussi les télé-technologies, et aussi toutes les modalités de foi et de croyance, ces mécanismes s'entretiennent eux-mêmes et ne peuvent pas être atténués. Telle est la conclusion qu'on peut tirer, par exemple, d'un livre comme Foi et savoir. Ni le désenchantement, ni la sécularisation, ni même l'athéisme, ne peuvent "guérir" de la religion, et les remèdes qu'on peut imaginer, les différentes pharmacies, risqueraient de se muer en nouveaux poisons qui accéléreraient ces mêmes mécanismes. J'examinerai plus loin (§NG) la question plus générale du rapport entre le concept d'oeuvre et le schème d'auto-immunité. Mais dans cette introduction et en termes très généraux, je dois expliquer pourquoi, malgré cette objection, j'ai choisi de retenir le mot "vaccin", comme fil directeur pour ce texte.

Pourquoi Derrida écrit-il? Qu'est-ce qui le pousse à écrire, par exemple, un livre comme Foi et savoir qui soutient l'idée que le mal radical est indissociable de ces mécanismes, et qui se conclut, non sans un certain pessimisme, sur une citation de Genet à Chatila? Il y a ce fait : Et pourtant il écrit. Même si le contenu de ces textes est une démonstration circonstanciée et rigoureuse de l'impossibilité d'un vaccin, l'existence de ces textes, la façon dont ils sont organisés, leur structure, tout cela peut opérer comme un vaccin. Pour des lecteurs, s'il y en a, ces textes sont performatifs. Tout se passe comme si l'acte de langage produit par la phrase : "Il ne peut pas y avoir de vaccin" ouvrait au contraire la possibilité inouïe, imprévue pour le signataire, de production effective d'un vaccin.

Cela voudrait dire que, même si l'on ne tenait pas compte de la multiplication des principes dits éthiques (ou inconditionnels) développés à partir des années 1990, on peut interpréter la structure même de l'oeuvre derridienne comme une tentative de protection ou d'auto-protection non dite, non avouée comme telle. On pourrait même dire [s'il était possible de dévoiler un secret, et sachant que Derrida conteste que cela soit possible], anticipant là encore sur le chapitre IV de cette thèse, que le secret de cet oeuvre, son secret inavouable, serait que tout est suspendu à l'invention éventuelle, ou à l'émergence, ou l'irruption, peut-être, d'un vaccin miraculeux.

L'une des particularités du mal radical est de pouvoir survenir, surprendre à tout instant. A tout instant, il peut, sous des formes inédites, interrompre le cours ordinaire de l'histoire - et c'est bien ce qui est arrivé ces dernières années et qui arrive aujourd'hui, avec certaines guerres d'intervention, certains progrès technologiques ou ce qu'on appelle (entre autres) le retour du religieux. Comme toute décision, cette décision-là est celle de l'autre; mais, et c'est Derrida qui le dit, elle n'exonère personne de sa responsabilité.

On prendra comme exemple de la polysémie (ou ambiguité) du texte derridien le motif de la grenade dans le livre cité, Foi et Savoir. Rappelons que ce texte est organisé en 52 paragraphes, dont 26 correspondent à une intervention faite à Capri, et 26 sont regroupés sous le titre global Post-Scriptum. Dans la deuxième série de 26, Derrida distingue Cryptes (les 11 premiers), et Grenades (les 15 derniers). Pourquoi Grenades? On peut avancer plusieurs hypothèses.

1. Concernant ces 15 derniers paragraphes, Jacques Derrida écrit (p72, dans un passage de niveau méta, intégré dans aucun des 52 paragraphes) : "Satellisons les quinze propositions finales sous une forme encore plus égrenée, grenadée, disséminée, aphoristique, discontinue, juxtapositive, dogmatique, indicative ou virtuelle, économique : bref : plus que jamais télégraphique". Le thème de la grenade est associé à la dissémination, l'aphorisme, la discontinuité, et aussi, dans la même foulée, à son opposé : la positivité, le dogme, l'indication, l'économie. Ce fruit qui contient une multitude de grains cachés dans une enveloppe ferme, solide, peut symboliser à la fois l'éclatement, l'explosion, et l'enveloppement dans une totalité.

2. Le mot "grenade" est, comme tel, une réponse au mal radical. Avant le §38 où commence la série des grenades, le §37 (p71), qui est une sorte de récapitulation des 36 premiers, se termine par cette phrase : "En deux mots, il lui faut prendre en charge, on pourrait dire en gage, la possibilité de ce mal radical sans lequel on ne saurait bien faire". C'est Derrida qui met la locution "mal radical" en caractères gras, cette locution étant reprise, toujours en caractères gras, dans la page suivante, où elle est qualifiée de "plus grand risque", "plus grande menace". A cette menace, le style égrené, grenadé, le style comme tel, répond sur un mode théorique, mais aussi sur un autre mode sur lequel Derrida insiste plusieurs fois dans ce livre : la responsabilité.

3. La référence à la "grenade entamée" du §51 est particulièrement ambiguë. Citons la phrase complète : "L'ontothéologie encrypte la foi et la destine à la condition d'une sorte de marrane espagnol qui aurait perdu, en vérité dispersé, multiplié, jusqu'à la mémoire de son unique secret. Emblème d'une nature morte : la grenade entamée, un soir de Pâques, sur un plateau" [les caractères gras sur une partie du mot "encrypte" sont de Derrida lui-même]. Si ce passage est une référence à une tradition juive concrète, elle est erronée, car dans le rituel courant, on ne mange pas de grenades pour le Seder de Pessah - on n'en mange que pour celui du nouvel an (Roch Hachanah) ou du nouvel an des arbres (Tou Bichvat), et alors leur signification est double : fertilité d'une part, loi d'autre part (les multiples grains de la grenade sont identifiés aux 613 commandements). Mais surtout : pourquoi Derrida parle-t-il d'une nature morte? Et pourquoi la grenade est-elle entamée? Nature morte, peut-être, à cause de la crypte elle-même, qui enferme le secret dans un silence absolu. De même qu'un secret est toujours inavouable, le contenu de la grenade est stérilisé, ce qui ne l'empêche pas de se multiplier, de se disperser. Tout repose sur cette duplicité. Cette grenade qui n'est plus un tout n'a pas perdu son enveloppe, et pourtant ses graines ne cessent de se transformer.

Donc revenons à notre hypothèse. Y a-t-il un rapport entre la figure de la grenade, qui apparaît comme un élément hétérogène, bifide, à peine compréhensible, dans Foi et savoir, et la question du vaccin? L'hypothèse que nous avançons ici, c'est que c'est cet usage multiple, complexe, si difficile à résumer, du mot grenade, comme de beaucoup d'autres mots dans le texte derridien, c'est cet usage même qui agit comme un vaccin, indépendamment de son contenu. Ces figures sans contenu ou au contenu variable, ces strictures toujours incertaines, à définir, à préciser théoriquement dans une interprétation à venir, ce sont des figures du vaccin. Et la seule preuve que nous puissions en donner, à condition que notre témoignage soit suffisamment crédible pour être entendu, c'est d'attester que nous sommes, nous-mêmes, vaccinés.

 

2. Biographie, ou limitrophie.

Avec cette thématique, la question de la biographie se pose d'emblée. L'oeuvre derridienne est conceptuelle, philosophique, mais elle se raconte aussi biographiquement et autobiographiquement. Entre "la vie" et l'oeuvre, il n'y a pas de limite précise, mais une limitrophie complexe, toujours divisible, traversée par des forces, des dynamiques. Il faudra toujours se situer sur cette crête, cette bordure, qui est aussi celle du nom, de la signature.

Mais pour commencer, pour situer un paysage, un lieu, on peut partir de quelques éléments biographiques, de quelques dates, par exemple : 7 octobre 1940 (abrogation par Pétain du décret Crémieux de 1870 accordant la nationalité française aux Juifs algériens); octobre 1942 (Derrida est exclu de son lycée en application du numerus clausus); novembre 1942 (débarquement allié en Algérie); 14 mars 1943 (abolition des mesures antisémites); 18 mars 1943 (confirmation du décret Crémieux par le général Giraud); avril 1943 (Derrida peut réintégrer son lycée); 20 octobre 1943 (rétablissement du décret Crémieux par le Comité français de la Libération nationale); juin 1947 (échec de Derrida à la première partie du bac); septembre 1947 (entrée de Derrida en terminale au lycée Emile-Felix-Gautier d'Alger). Ces bornes chronologiques, avant l'oeuvre, déterminent dans la vie du jeune homme, né en 1930, une instabilité, une perte d'appartenance. Pendant quelques mois, il a été exclu de la communauté nationale et de son établissement scolaire. Il ne réagit pas par une demande de réintégration, mais par une prise de distance, le choix d'une liberté accrue. Vous m'excluez? Eh bien je vais rendre votre action inutile, je vais m'exclure moi-même. Du poison que vous m'inoculez, je vais faire un remède - la logique du pharmakon est déjà à l'oeuvre. Il faudra plusieurs années pour que Derrida reprenne le chemin de l'institution scolaire.

A ces événements - et sans doute encore beaucoup d'autres, que nous ignorons, il faut donner un sens. Qu'est-ce qui est arrivé? Que faire de ce qui est arrivé? On avancera d'emblée une hypothèse qui ne pourra être confirmée (ou non) que par l'analyse de l'oeuvre théorique : à ce mal radical qui vient d'ailleurs, de l'extérieur, il ne faut pas répondre par plus d'appartenance, mais par moins, beaucoup moins, et même par l'absence radicale de toute appartenance. C'est cette réaction spontanée qui sera érigée plus tard en principe, ou plus exactement en principes, ce que nous appelons les principes inconditionnels.

 

3. L'inconditionnel et lui seul, à hauteur de mal.

Il fallait bien répondre, et il fallait que la réponse fut à la hauteur de l'événement. Devant cet affront radical, elle devait être elle aussi radicale, mais d'une radicalité qui ne puisse, en aucune façon et sur aucun plan, mimer le mal radical. Peut-être cette aporie fut-elle la première : se dissocier absolument de ce qui exige absolument la dissociation. Il en résulte une dualité dans la structure conceptuelle : d'un côté un mouvement de déconstruction insatiable (différance et dissémination), et d'un autre côté la recherche obstinée de principes indéconstructibles, et ce bien avant le supposé tournant des années 1990.

Comment oser ce paradoxe? Comment soutenir l'idée que le théoricien de la déconstruction n'aurait été, en définitive, à la recherche de rien d'autre que d'un principe irréductible, indéconstructible? Comment justifier cette sorte d'inversion de la chronologie qui consisterait à partir des derniers textes pour lire les premiers? Il y aurait, avant même le début de l'oeuvre, longtemps avant La voix et le phénomène, une flèche téléiopoétique, messianique, qui aurait présupposé, d'avance, un destinataire, et sans que le contenu à venir n'ait été, d'aucune façon, déterminé, la flèche aurait déjà bouclé son parcours. Cela aurait signifié qu'il se serait donné, sans qu'il le sache, dès le départ, pour principe d'accueillir, à même son oeuvre, l'inconditionnalité comme telle. Ou encore : il se serait donné pour tâche de répondre par des principes inconditionnels à une exigence qui se serait ultérieurement stabilisée sous le nom de : justice. Ou encore : il aurait choisi d'en appeler, pour ceux qui l'entendent, à une juste inconditionnalité. Et s'il n'y avait pas eu cela, et sans ce trou qu'ont été les trois années de non-citoyenneté et de non-appartenance, il n'aurait jamais été question de déconstruction.

Quel destinataire? Chaque lecteur, bien sûr, chacun séparément, ou peut-être... Peut-être lui, la figure du Derrida survivant mais disparu, endeuillé sans fin. Peut-être se serait-il adressé, dès le départ, à sa propre figure posthume.

 

 

 

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Propositions

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Cheminement tortueux vers ce qui se présente comme une "thèse"

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[Pour lire l'oeuvre derridienne sans la trahir, il faut accepter le principe : "Tu ne chercheras pas à comprendre, mais à répondre"]

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[Le corpus derridien interroge une énigme : comment mettre en oeuvre, autrement, le concept d'oeuvre]

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[On ne peut présenter une "thèse" autour de l'oeuvre derridienne sans faire jouer en elle les paradoxes et les apories du concept même de "thèse"]

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[Par l'insistance de la forme "Il faut" qui sous-tend son oeuvre, Jacques Derrida tente de conjurer le mal radical]

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Jacques Derrida fut exposé très jeune aux paradoxes d'une perte d'appartenance, à la fois libératrice et déterminée par un mal radical

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[S'il est impossible de concrétiser effectivement, dans la pratique, un principe inconditionnel, il n'est pas impossible de le mettre en oeuvre - ou d'en faire une oeuvre]

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[Principe de l'œuvre : ce qui a lieu dans une œuvre s'affirme inconditionnellement, en-dehors de tout calcul, de toute finalité et de toute transaction]

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[Chez Derrida, le principe de l'oeuvre se donne comme vaccin, jamais prescrit comme tel]

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[Dans une oeuvre s'affirme, inconditionnellement, un principe de performativité, une œuvrance]

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[Avec chaque oeuvre, c'est "comme si" s'inventait un performatif "tout autre"]

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[Par son oeuvre singulière, Jacques Derrida promet un événement qui en engage plus d'un à sa suite : la mise en oeuvre d'une performativité inouïe]

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[Le génie de Jacques Derrida, c'est d'avoir laissé venir dans l'université ce qui aurait pu arriver autrement ou ne pas arriver : une inconditionnalité absolue, inouïe]

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[A travers la création d'oeuvres et d'événements historiques, se fait entendre la discordance originaire, inouïe]

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[Une oeuvre n'est oeuvre que si elle accueille l'autre en elle]

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[Pour jouir de l'oeuvre de l'autre, il faut être fidèle à ce qui arrive, en contresigner l'événement]

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[Une oeuvre ne se transmet pas, ni ne s'expose, ni ne se présente, ni ne s'explique : elle se donne]

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[Mettre en oeuvre, aujourd'hui, c'est penser l'au-delà du souverain]

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[L'événement d'aujourd'hui, c'est que ce qui vient en lieu et place des figures politiques du frère et de l'ennemi est l'"autre comme tel", au-delà du politique]

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[L'oeuvre, en son mouvement, tient à l'ajointement inouï du programme et de l'événement]

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[L'oeuvre derridienne est déterminée par l'obligation de présenter toujours en priorité le principe aporétique]

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[L'oeuvre brouille les conventions qui rendent possible la réitération de la marque]

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Face à l'université moderne dont le projet terrifiant, intolérable, est d'archiver toute la culture, l'oeuvre implore un "oui" de l'autre, la nouveauté d'une contresignature

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["Avant" l'oeuvre, il y aura eu acquiescement, un "oui" qui s'oublie et se réitère dans l'oeuvre]

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[Chaque oeuvre met le "oui" en oeuvre, avec ses paradoxes et la possibilité qu'en la contresignant, un tout autre "oui", un oui-rire, lui réponde et la ruine]

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[Dans toute oeuvre "digne de ce nom", un mouvement est à l'oeuvre : l'"archi-oeuvre"]

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[Il n'est pas d'oeuvre, aujourd'hui, qui ne soit travaillée par l'archi-oeuvre]

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[Une oeuvre vient à la place d'une origine qui n'a jamais existé]

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[Pour qu'il y ait "oeuvre", il faut un arrêt; mais il faut aussi que la différance soit impossible à arrêter]

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[Il y a "oeuvre" quand on peut faire survivre le mal fait, quand on peut garder trace du coup porté, sauver la dissonance dans le contre-coup d'une consonance]

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[Une œuvre ne survit que par double invagination parergonale]

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L'oeuvre derridienne : une passion hyperparergonale

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[La beauté se donne comme la trace d'un "sans", la pure dissémination d'un sans-but, d'un sans-pourquoi, d'un non-savoir]

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[L'oeuvre répond à un "Qui", mais on ne peut jamais exclure que ce "Qui" soit un "Quoi"]

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[En toute oeuvre, un archi-performatif entretient la dette - il engage, promet, conjure, adjure, culpabilise ou disculpe]

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[Derrida, oeuvre et confession]

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[L'oeuvre est une figure du dernier mot, qui laisse croire en sa puissance réparatrice]

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[Un archi-choix, inconditionnel et secret, commande l'oeuvre derridienne]

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[Une oeuvre est une alliance hétéronomique entre un objet visible, présentable, et autre chose, inaccessible et imprésentable]

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[Pas d'oeuvre sans mise en oeuvre qui n'engage, en plus de l'oeuvre, autre chose que l'oeuvre]

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[Pour rendre ou restituer une vérité, la peinture doit être fiable : offrir une alliance originaire, antérieure à tout produit ou objet symbolique]

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[Pour définir un concept d'oeuvre, il faut rompre la circularité qui unit "oeuvre" et "art"]

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[Il faut, pour exposer une oeuvre, un lieu qui, malgré la mise en ordre, ne la restitue à aucun savoir ni aucune appropriation]

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[Toute oeuvre "digne de ce nom" entretient un rapport ambigu à l'institution qui l'accueille]

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[Devant une oeuvre, tout savoir est suspendu]

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[Toute oeuvre suppose un impouvoir, un sacrifice de la vision, un retrait quasi-transcendantal]

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[Hypothèse de la vue : dans le dessin ou la peinture, il s'agit de restituer la vue par suppléance, supplémentation ou substitution]

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[Il y a dans toute oeuvre une dictée, une injonction, un appel à la réponse, à la responsabilité]

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[L'oeuvre est le lieu où les pulsions de mort sont indissociables d'une graphique de la différance]

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[Une oeuvre renvoie à la plus originelle des scènes d'écriture : "auto - bio - thanato - hétéro - graphique"]

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[L'acte de l'oeuvre, son oeuvrement, ne se distingue pas d'un désoeuvrement]

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[L'oeuvre "digne de ce nom" menace les systèmes de l'art et de l'édition qui l'archivent, elle ruine l'autorité légitime qui la garde]

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[Il faut trouver dans la vie "encore plus que la vie"]

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[A la phrase : "Je suis mort", toujours déjà annoncée, Jacques Derrida ajoute l'écart d'une phrase supplémentaire : "Nous nous devons à la mort"]

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[La loi de l'oeuvre, c'est de laisser oeuvrer la trace]

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[La restance est la loi de l'oeuvre]

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[Il faut, pour faire une oeuvre, laisser s'ouvrir l'espacement]

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[L'oeuvre accueille les spectres; elle les fait parler, les conjure, les exorcise, elle les chasse]

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[Une oeuvre est une chambre d'échos, hantée par les citations qui la contaminent et qu'elle contamine à son tour]

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[La pratique citationnelle de Jacques Derrida est diverse et hétérogène : de la plus classique à la plus contaminatrice / disséminatrice]

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[La querelle entre Giorgio Agamben et Jacques Derrida, ou : "Comment protéger les bords de l'oeuvre?"]

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[L'oeuvre s'ajoute et ajoute encore et encore, elle ajoute toujours plus à la dissémination]

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[Il y a dans l'oeuvre une surabondance qui précède tout savoir, toute vision]

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[Dans une photographie dépourvue de légende, le rapport à l'autre génère une productivité infinie]

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[L'oeuvre accueille en elle le référent; elle le crypte, le fabrique, le réinvente, le met en mouvement]

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[Avec ou sans ressemblance ou imitation, l'oeuvre fait proliférer la mimesis]

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[Une oeuvre ouvre, en s'auto-affectant, une quasi transcendance, un monde]

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[Une oeuvre déliée du logocentrisme viendrait à la place du dégoûtant : irreprésentable, innommable, elle serait impossible à arrêter, même par le mot qui la désigne]

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[Pour garder l'œuvre intacte, il faut la contaminer]

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[L'oeuvre s'écrit à même le subjectile]

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[Dans l'art se révèle, par auto-affection, le cercle ouvert, infini, de la différance]

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[A présent l'oeuvre, qui est infectée par les nouvelles technologies, les parasite à son tour]

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["Glas" est l'oeuvre qui laisse venir, entre les colonnes, cette force secrète, irrelevable, qui exclut, écoeure, détruit, met à mort, indispose et transforme]

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[L'oeuvre témoigne à la fois d'un serment de fidélité à son nom, et d'un parjure - car si elle est lisible, elle trahit le serment]

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[Une oeuvre témoigne d'un secret, d'une énigme qu'elle garde retirée, encryptée]

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[L'oeuvre promet une vérité qui ne se dévoile pas, mais "fait oeuvre"]

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[On ne peut arrêter, dans une oeuvre, la hantise d'un autre nom]

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[Le secret de l'oeuvre est sa date, qui restera indéchiffrable]

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[Dans l'oeuvre titrée "Glas", pour justifier le titre, "il faut" que le nom se perde, que le texte fasse son deuil de la signature]

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Pour percer le secret du fondement de la loi, il faudrait à la fois dire sa généralité et la singularité de celui qui s'y rapporte - ce qui est impossible, sauf peut-être par un récit

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["Je suis une oeuvre", dit l'oeuvre, cette mise en abyme]

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[Derrida, la poésie]

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[Le nouveau dans les poèmes qu'on écrit aujourd'hui, c'est peut-être la tentative de garder en mémoire telle date depuis laquelle on écrit]

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[Le poème partage l'impartageable : un schibboleth où se dissimule, dans sa lisibilité, le chiffrage comme tel]

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[Tu traduiras dans ton idiome]

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[Paul Celan tente, par la signature unique d'un poème unique, par son art, de s'affranchir de l'art]

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[A la violence, on peut répondre par l'éthique, mais au mal radical, on ne peut donner qu'une réponse "toute autre"]

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[Derrida, sur sa vie] - élements biographiques et autobiographiques

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[Nul ne peut garantir les "droits" d'un auteur sur une oeuvre]

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[On ne peut être fidèle à la pensée derridienne que sur une bordure externe de l'université, là où la philosophie commence sa mutation]

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[Produire une oeuvre, c'est soutenir ce désir dont on arrête la forme]

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[L'oeuvre derridienne répond d'un secret qui reste indéchiffrable]

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[L'"oeuvre" derridienne tire sa dynamique de ses bords, là où le "corpus" est indissociable de la vie, là où les règles d'écriture sont travaillées par des apories]

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[Les transformations du monde d'aujourd'hui conduisent à interroger l'énigme du concept d'oeuvre, lui aussi en cours de mutation]

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Par ses apories, son axiomatique impossible, l'oeuvre derridienne réfléchit et formalise la mutation d'aujourd'hui, sa dislocation absolue, son désajointement sans bordure

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[Aujourd'hui, l'oeuvre doit répondre du "peut-être"]

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[La configuration des livres de Jacques Derrida est régie par un commandement : "Tu feras signe au Hors livre"]

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[Le "hors livre" derridien annonce le "livre à venir"]

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[La mise en oeuvre d'une autre écriture, dans la mouvance de Jacques Derrida]

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[Et il faut œuvrer, c'est l'éthique même]

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[L'œuvre d'Emmanuel Lévinas "aura obligé" Jacques Derrida à mettre en oeuvre, par son Oeuvre, l'inconditionnalité comme telle]

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[La crédibilité d'une oeuvre, sa fiabilité, tient à ce qui s'annonce ou se promet en elle]

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[Par son oeuvre, Jacques Derrida annonce l'"oeuvre à venir"]

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[Si Jacques Derrida avait mis en oeuvre son concept d'oeuvre, cette oeuvre serait signée d'un nom tout autre]

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[Au-delà de "Jacques Derrida", toute déconstruction à venir est suspendue à la question du nom, de la signature]

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Il faut tenter de penser le nazisme depuis son autre : la possibilité de la singularité, de la signature et du nom

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Pour une œuvrance à venir (Pierre Delain, 2011-2016) [OPDS]

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[On peut, à partir des textes de Jacques Derrida, proposer un concept d'"oeuvre"]

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[Derrida, l'art, l'oeuvre]

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