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 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Il faut vivre, encore plus que la vie                     Il faut vivre, encore plus que la vie
Sources (*) : L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 25 décembre 2014 Derrida, la vie, la survie

[Il faut trouver dans la vie "encore plus que la vie"]

Derrida, la vie, la survie
   
   
   
Derrida, le deuil Derrida, le deuil
"Je suis mort", et "Je me dois à la mort"               "Je suis mort", et "Je me dois à la mort"    
                       

Oui, il faut vivre, il faut prendre plaisir à la vie, au premier, au second degré et plus encore, c'est indéniable. Mais il y a encore plus. Le plaisir est conditionnel et conditionné, il est dépendant, relatif. On peut en faire une règle de vie, une morale ou une contre-morale, une politique de compromis, on peut y trouver quelques avantages, mais selon moi il y a mieux à faire. Mieux, c'est quoi? En utilisant l'expression éthique inconditionnelle, je prends mes distances avec quelques binômes traditionnels comme plaisir / déplaisir ou vie / mort.

 

1. La mort, toujours conditionnée et toujours inconditionnelle.

La particularité de la mort, ce n'est pas qu'on puisse la vivre (c'est bien connu, il est impossible de vivre sa mort, on ne vit que la mort des autres), c'est qu'elle finit toujours par arriver. Il n'y a pas d'incertitude à son sujet, sauf sa date. Mais cette exception suffit à introduire en elle la structure du "peut-être". Je vais mourir, mais peut-être pas demain, peut-être un autre jour. Je vais mourir, mais j'ignore de quoi. Son inéluctabilité n'empêche pas que la mort soit soumise à certaines conditions - ce qu'on appelle les causes de la mort. Puisqu'il n'y a pas de mort sans cause, et puisque j'ignore les causes de ma mort, ce qui s'ouvre n'est pas la possibilité de m'y soustraire, mais une incertitude d'un autre type qui, dès aujourd'hui, s'ajoute à mon présent. Il n'y a pas de vie au-delà de la mort, mais j'ai peut-être la possibilité d'affirmer inconditionnellement une vie en plus, virtuellement infinie, non liée à la mort.

 

2. Affirmer la vie, un principe inconditionnel.

Et puisqu'il s'agit, ici, d'une analyse des oeuvres derridiennes, je renvoie aux dernières phrases de son dernier entretien (Apprendre à vivre enfin, pp54-55). Sans revenir sur l'inconditionnalité de la mort (son inéluctabilité), c'est l'affirmation inconditionnelle de la vie qui est affirmée. "La survie, ce n'est pas simplement ce qui reste, c'est la vie la plus intense possible. Je ne suis jamais autant hanté par la nécessité de mourir que dans les moments de bonheur et de jouissance. Jouir et pleurer la mort qui guette, pour moi c'est la même chose". On peut, en général, préférer vivre plutôt que mourir, tout en répudiant une vie machinique, répétitive ou circulaire. Vivre intensément, ce n'est pas seulement vivre, c'est s'engager dans une surenchère de vie, un principe plus vieux, plus puissant, que le principe de plaisir lui-même.

Comme tous les principes inconditionnels (pardon, hospitalité, liberté, amitié, etc.) "la vie plus que la vie" s'écarte radicalement des cycles vitaux et du présent vivant. Il s'agit d'un engagement, d'un acte de foi dans une vie dont ni la forme, ni le contenu sont déterminés. Par définition, puisqu'elle vient en plus, la mise en oeuvre de cette sur-vie ne peut pas être prévue, organisée, décrite. Elle est inanticipable, et pourtant Jacques Derrida n'a cessé de la pister comme on piste une trace ou un fantasme. Il le dit lui-même : c'est un excès incontrôlable, une apocalypse, une manie.

 

3. Affirmer la vie plus que la vie : un autre présent, le présent de l'autre.

Pour frayer le chemin d'une vie qui ne s'inscrive pas dans son propre présent, il faut laisser l'autre parler dans son temps à lui. En s'adressant à l'autre, en lui disant "tu", en exigeant de lui qu'il lise et "traduise" l'oeuvre, on inscrit son chemin dans le présent de l'autre. Toute oeuvre tournée vers un "tu" (comme celle de Paul Celan), est porteuse d'une telle révolution, qui coupe le souffle. Ainsi peut-elle valoir, peut-être, "plus que la vie même".

Comme figure exemplaire de ce mouvement, Jacques Derrida retient la photographie. Tout en nous rappelant que Nous nous devons à la mort, que le verdict est déjà acquis - puisque ce qu'une photo montre a déjà définitivement disparu, la photo s'adresse à un autre à venir. Elle est encore là, elle proteste, elle suspend l'injonction. Entre l'instant où elle est prise et celui où elle est regardée, sa survie est indécidable.

 

 

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Propositions

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[Derrida, la vie, le vivant, la survie]

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La déconstruction est du côté de l'affirmation inconditionnelle de la vie, d'une survie qui soit la vie plus que la vie, la vie la plus intense possible, au-delà de la vie

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Il y a deux façons de penser l'Etranger : en tant qu'"autre présent vivant", ou par "le présent de l'autre"; mettre le cap sur la seconde, c'est ouvrir l'abîme du sans fond

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[La déconstruction s'apparente à une traduction nécessaire et impossible, interdite et imposée, dont la tâche serait de faire survivre et croître les oeuvres de la tradition]

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Ce qui vaut "plus que la vie même", c'est tisser le mourant-vivant du même fil, c'est faire à l'autre l'avance d'une vie, d'une oeuvre

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Parler de l'"écrire" comme "survivre", c'est une apocalypse, et aussi un fantasme maniaque

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["Nous nous devons à la mort", mais nous pouvons ignorer cette sentence, la laisser en suspens, par des retards dont la figure exemplaire est la photographie]

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[Je n'aurai survécu que comme hymen, alliance ou oeuvre des autres]

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- Madjiguène : Au sens courant du mot "oeuvre", Danel n'a jamais rien fait. Il n'a ni produit, ni écrit, ni fabriqué, ni signé quoi que ce soit. Il n'a laissé aucune trace, rien qui puisse être transmis au sens traditionnel du terme. Ce qui reste de lui, en plus de sa vie, ce ne sont ni ses actes concrets ni le peu de souvenirs qu'il peut encore en conserver. C'est ce que les autres ont gardé de lui.

 

 


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