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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Oeuvre derridienne, aporétique                     Oeuvre derridienne, aporétique
Sources (*) : L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 13 janvier 2015

[L'oeuvre derridienne est déterminée par l'obligation de présenter toujours en priorité le principe aporétique]

   
   
   
                 
                       

1. Le préalable aporétique.

A première lecture, les textes de Jacques Derrida sont déroutants. On ne saisit pas où il veut en venir, on a du mal à se repérer, tout paraît touffu, mélangé, complexe. Cette impression ne tient ni à une maladresse de sa part, ni à une ruse. C'est une nécessité de structure : avant de poser ses propositions, ses concepts, il doit commencer par dénouer les fils aporétiques qu'il trouve dans les textes qu'il cite ou qu'il analyse. De la pelote apparemment indémêlable du texte commenté, il lui faut extraire les éléments qui interdiront ou rendront impossibles sa réduction à un logos ou un système cohérent. Ces fils, il les mettra en oeuvre à partir des principes inconditionnels qu'il a choisis. Avant de s'engager dans une autre construction conceptuelle, il doit mettre en place une sorte de digue provisoire qui le protège de l'inéluctable retour de la logique à déconstruire. Cette digue fragile, faite à partir des apories qu'un labeur infini retrouve dans le texte, a pour particularité de se déconstruire elle-même : elle aide à penser, mais ne protège pas, et ne constitue jamais une barrière infranchissable.

On ne peut donc pas dissocier ce que j'ai nommé le principe de l'oeuvre d'un principe aporétique qui, comme tel, opérerait comme protection ou vaccin, lui-même aporétique (si cela est concevable), contre une tendance à la restauration / pétrification des systèmes. S'il pouvait y avoir, en la matière, une dimension d'espace ou de proportion, on pourrait dire que plus cette tendance approche de sa figure extrême, ultime, le mal radical, et plus se justifie l'inconditionnalité du principe aporétique.

 

2. Affinités entre les concepts d'oeuvre et d'aporie.

cf [Derrida, l'aporie] §1

 

3. L'oeuvre derridienne : une hyperaporétique.

Sa méfiance à l'égard des distinctions, oppositions et frontières du langage courant, sa quête obstinée de l'aporie, explique-t-il dans une conférence prononcée en 2000, sont liées à l'expérience de l'antisémitisme dans sa jeunesse.

"Dès l'âge de 10 ans (ce fut l'expulsion de l'école et l'acmé de l'antisémitisme officiel et autorisé en Algérie) se forma donc en moi un obscur sentiment, d'abord inculte puis de plus en plus raisonné, d'appartenance interrompue ou contrariée des deux côtés, du côté de l'ennemi déclaré, bien sûr, l'antisémite, mais aussi du côté des "miens", si je puis dire (...) Ce que je veux seulement souligner pour l'instant, c'est le retranchement dont je parle, un retranchement, une césure qui sembla se décider, se découper dans la blessure même, dans la blessure non cicatrisable que laisse en moi l'antisémitisme" (...) Cette axiomatique du "je suis le dernier des Juifs", loin de me rassurer dans des distinctions ou des oppositions, n'ont fait que rendre les distinctions et les oppositions impossibles et illégitimes. Au contraire, cette expérience a affiné ma méfiance raisonnée à l'endroit des frontières et des distinctions oppositionnelles (conceptuelles ou non), et donc poussé à élaborer une déconstruction mais aussi une éthique de la décision ou de la responsabilité exposée à l'endurance de l'indécidable, à la loi de ma décision comme décision de l'autre en moi, vouée, dévouée à l'aporie, au ne-pas-pouvoir ou au ne-pas-devoir se fier à une frontière oppositionnelle entre deux, par exemple, entre deux concepts en apparence dissociables". (Abraham l'autre, in Judéités, Questions pour Jacques Derrida, pp24 et 25).

cf [Derrida, l'aporie] §2

 

4. Un exemple : Politiques de l'amitié.

On peut, à titre d'exemple, considérer ce livre-séminaire comme une oeuvre, et tenter de démontrer que son statut d'oeuvre est conditionné par son caractère aporétique.

Entre beaucoup d'autres développements conceptuels, on trouve dans ce texte une distinction entre trois concepts de l'amitié : (1) l'amitié conditionnelle (celle qui privilégie l'utilité, le plaisir ou la proximité), (2) l'amitié inconditionnelle souveraine (celle de Montaigne, qui traverse toute la tradition gréco-chrétienne), et (3) l'amitié inconditionnelle sans souveraineté (un concept que Derrida associe à ses politiques de l'amitié). Pour arriver à cette trilogie conceptuelle - qui ne permet en aucune façon de résumer l'ensemble du livre -, il faut le lire dans son ensemble, l'interpréter, et on n'a jamais l'assurance que cette interprétation sera la seule. Le fil directeur, énoncé dès le départ, est la phrase de Montaigne citant Diogène Laërce qui cite Phavorinos qui cite Aristote (ou est supposé le citer) : "O mes amis, il n'y a nul amy". En focalisant l'analyse sur cette phrase, son original grec et les autres traductions possibles, ce sont les apories d'une longue tradition qui sont mobilisées. Il faudra démonter une à une ces apories avant d'entrer, avec mille précautions, dans le travail conceptuel proprement dit : une amitié inconditionnelle sans souveraineté elle-même aporétique. Non seulement la phrase choisie, "O mes amis, il n'y a nul amy", est formellement contradictoire, mais en outre elle est philologiquement fausse - c'est un faux sens, une traduction erronée.

Dans toute oeuvre, Derrida cherche la phrase aristotélicienne ancrée dans la tradition, une phrase extérieure, étrangère, qu'il pourra à force de travail faire venir dans son idiome en la transformant radicalement. Il faut, d'une certaine façon, fétichiser cette phrase pour qu'elle puisse devenir le lieu de la différance. Il faut la vider de son sens, pour en appeler à l'interprétation de l'autre. Il nous revient (à nous lecteurs d'aujourd'hui) de ne pas retenir que la dimension fétichiste.

 

 

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Propositions

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[Derrida, l'aporie]

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Une hyperaporétique de l'amitié est la condition archi-préliminaire d'une autre expérience, une autre pensée du politique, qui promet "peut-être" autre chose

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[Derrida, la folie]

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