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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'aporie                     Derrida, l'aporie
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 28 janvier 2011 Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels

[Derrida, l'aporie]

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels Autres renvois :
   

Derrida, la folie

   

Derrida, l'impossible

   
Oeuvre derridienne, aporétique Oeuvre derridienne, aporétique
                 
                       

1. Définition.

Emprunté au grec aporia qui signifie littéralement "sans chemin, sans issue" (a-poros), le mot aporie signifie aussi en grec embarras, incertitude (dans une conversation). En langage philosophique, c'est "une contradiction insoluble dans un raisonnement" (Trésor de la Langue Française). Pour Jacques Derrida, toute aporie donne à penser : elle déplace, met en mouvement et contamine tout ce qu'elle touche. L'événement aporétique est une déconstruction, qui affecte la parole, le sens, les valeurs d'acte et de vérité. C'est une auto-déconstruction qui arrive du dehors, mais pas par accident - elle est, déjà, impliquée par le langage. La métaphysique élude ou omet les questions aporétiques. Jacques Derrida en fait la démonstration dès le début de son oeuvre, à propos du temps (l'impossibilité pour un instant de coexister avec un autre, qui s'éprouve comme possibilité - cf Marges de la philosophie, p63) : une aporie posée dès Aristote, mais qui a été éludée par toute la tradition.

Une aporie n'est réductible ni à une contradiction logique, ni à un accident, ni à une exception. Au sens le plus littéral (étymologique), elle immobilise dans un système dont il est impossible de sortir : absence de chemin, paralysie, barrage devant l'avenir. Jacques Derrida inverse cette logique. Pour lui, l'aporie ne reconduit pas vers une unité plus "vieille" que celle sur laquelle il bute, mais vers une structure toute autre, présupposée par l'opposition et donc oubliée, une structure intenable et en même temps promise, à venir. Par un acte de mémoire, une aporie fait appel vers un autre lieu.

A chaque analyse d'oeuvre, Derrida s'attache à montrer que sa force, son énergie, trouve sa source dans une aporie, laquelle aporie entretient ensuite la force et l'énergie de l'oeuvre derridienne elle-même.

 

2. L'oeuvre derridienne, une hyperaporétique.

Ayant refusé, dès son enfance, de se laisser enfermer dans ces distinctions pour lui illégitimes, Derrida s'est trouvé pris dans une dynamique, un mouvement, une surenchère, une radicalisation que rien ne pouvait atténuer ni limiter dans son principe. On peut qualifier d'hyperaporétique ce geste par lequel aucune logique, aucun compromis ne peut mettre à l'abri du travail de déconstruction. Comme il l'expliquera plus tard à propos de la peinture et du dessin, il ne pouvait arrêter ce mouvement que par l'écriture d'une oeuvre qu'il arriverait enfin à dater et signer. En partant des failles, des incertitudes, des contradictions et des apories pour inventer d'autres liens, d'autres concepts, il pouvait faire l'expérience d'une jouissance et aussi d'une certaine stabilité, celle de la construction théorique. Mais cette construction ne repose sur aucune assurance. Elle est toujours provisoire, partagée entre une rigueur conceptuelle qui tend vers la systématisation et une autre injonction elle aussi théorisée interdisant toute immutabilité dans la systématisation.

 

3. Quelques apories.

On trouve chez Platon un mot, khôra, qui désigne un genre d'être obscur, bâtard, qui ne procède ni du logos, ni du mythe, exclut la logique binaire, mais y participe quand même. Ce genre, qui n'est ni substance, ni essence, pourrait être le type même de l'aporie - tout en effaçant tous les types.

D'autres apories, différentes les unes des autres, affectent la langue - qui n'obéit pas seulement à une loi, mais à plus d'une. Quand un acte de langage comme la signature est à la fois absolument singulier et pure reproduction, il est aporétique. Un sens aussi peut être aporétique (le toucher) ou un concept comme le pardon - irréductiblement partagé entre son essence inconditionnelle et ses conditions d'effectivité.

Il n'y a pas de justice sans expérience de l'aporie - car la justice est infinie, incalculable, tandis que sa mise en oeuvre par application d'une règle de droit est toujours une transaction. L'horizon du juste, comme celui de l'au-delà du souverain, est une expérience de l'impossible - autre manière de définir la déconstruction.

 

4. L'aporie, aujourd'hui.

Aujourd'hui, tout acte de foi est lié à son opposition. Dans cette époque aporétique, les positions qui semblent s'opposer les unes aux autres (des technosciences aux intégristes) se rapportent toutes au même principe abstrait : le principe d'universalité. Il n'y a plus ni horizon, ni chemin, ni issue.

La déconstruction elle-même est aporétique. Elle se laisse contaminer, parasiter par cela même qu'elle déconstruit.

 

 

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Propositions

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La déconstruction est une singulière aporie qui se laisse contaminer, parasiter par cela même qu'elle déconstruit

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L'éthique derridienne de la responsabilité exposée à l'indécidable repose sur une méfiance à l'égard des distinctions, oppositions et frontières

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Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

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L'"effet de performatif" produit par la signature repose sur une condition aporétique : la pure reproductibilité d'un événement pur

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Dans sa folie, l'expérience de l'aporie fait appel à un acte de mémoire qui promet une structure tout autre, à venir

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Il s'agit, dans la promesse, d'un désoeuvrement : le temps s'endette auprès d'un autre

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Une promesse doit être en même temps infinie, incalculable, intenable - et finie dans son principe, car à promettre indéfiniment, on ne promet plus

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La langue obéit à deux lois antinomiques : 1/ on ne parle jamais qu'une seule langue 2/ on ne parle jamais une seule langue

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Le temps est le nom d'une impossible possibilité : l'impossibilité pour un instant de coexister avec un autre, qui s'éprouve comme possibilité

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L'omission de la question sur l'"être du temps" constitue la métaphysique comme telle

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"La déconstruction est la justice" - partout où la déconstruction est possible comme expérience de l'impossible, il y a la justice

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Il n'y a pas de justice sans expérience de l'aporie - car toute décision singulière est l'application d'une règle de droit, tandis que la justice est incalculable

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La khôra, étrangère au sensible et à l'intelligible, y participe comme "troisième genre" de manière aporétique

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Une hyperaporétique de l'amitié est la condition archi-préliminaire d'une autre expérience, une autre pensée du politique, qui promet "peut-être" autre chose

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Le toucher est aporétique, obscur, secret

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On ne peut penser les inconditionnalités (hospitalité, don, liberté d'engendrer des oeuvres) que hors souveraineté; mais la souveraineté se donne comme absolue, indivisible, inconditionnelle

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L'aporie de notre temps, son anachronie absolue, c'est qu'un même principe abstrait conduit aux surenchères les plus opposées : des technosciences aux intégristes

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Devant le mal d'abstraction d'aujourd'hui, il n'y a ni salut, ni chemin, ni issue - car l'acte de foi y a toujours partie liée avec son opposition

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