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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Dans toute oeuvre, un discord inouï                     Dans toute oeuvre, un discord inouï
Sources (*) : L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire               L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
Jacques Derrida - ""Politiques de l'amitié", suivi de "L'oreille de Heidegger"", Ed : Galilée, 1994, p412 Derrida, Heidegger

[A travers la création d'oeuvres et d'événements historiques, se fait entendre la discordance originaire, inouïe]

Derrida, Heidegger
   
   
   
Derrida, l'inouï Derrida, l'inouï
Derrida, performativité inouïe               Derrida, performativité inouïe    
                       

1. L'oreille de Heidegger.

En 1994, Jacques Derrida a publié un livre intitulé "Politiques de l'amitié". Au début de ce livre, on trouve la mention, "Politiques de l'amitié, suivi de L'oreille de Heidegger". Il y aurait donc dans ce livre deux textes : d'abord la transcription d'une partie du séminaire tenu en 1988-89, qui donne son titre à l'ensemble; ensuite "L'oreille de Heidegger", transcription d'une autre conférence prononcée en septembre 1989. Ce dernier texte est-il une sous-partie du séminaire, "Politiques de l'amitié", ou vient-il après? On ne peut répondre de manière univoque à cette question, et cette ambiguité est constitutive. En effet Derrida a donné à ce dernier texte quatre titres : "L'oreille de Heidegger" (titre mentionné au début); Philopolémologie (titre en résonance avec le brouillage de l'opposition ami / ennemi, qui traverse tout le séminaire); Geschlecht IV (qui situe ce texte dans une autre continuité, autour de la différence des sexes, après Geschlecht I et Geschlecht II, Geschlecht III n'ayant, semble-t-il, jamais été publié); Le sacrifice de Heidegger, titre mentionné seulement à la dernière page du livre. La question du rapport entre sacrifice et oeuvre sera traitée plus loin dans cette thèse (3ème partie, dont le §3.1). Je me limiterai ici à ce qui lie les quatre titres à la question de l'oeuvre, en partant de la citation suivante :

CITATION : "Dans le séminaire sur Germanien [séminaire sur Hölderlin tenu en 1934/35], Heidegger est beaucoup plus explicite au sujet de ce qu'il appelle les trois "Gewalten" créatrices du Dasein historial, à savoir les "puissances de la poésie, de la pensée, de la création d'Etat". La triade de ces créateurs entend et fait entendre enfin l'inouï du polemos originaire. Cet inouï, les trois créateurs le portent, ils le portent d'abord en eux, près d'eux, chez eux, "bei sich" comme une voix muette et à laquelle ils répondent en en prenant la responsabilité. Ils oeuvrent dans cette responsabilité. Cette oeuvre est la leur, puisqu'ils portent l'inouï en eux et en prennent la responsabilité. Mais cette oeuvre n'est pas la leur puisqu'ils ne font qu'entendre l'inouï. Leur oeuvre porte seulement le sceau ou la signature du polemos originaire qui a projeté et développé l'inouï. Nous parlons d'oeuvre pour Schaffen, car Heidegger ne cesse, dans les lignes qui suivent, de déterminer ce Schaffen en Werken et Werk, sans distinguer entre les trois Gewalten du poète, du penseur et de l'homme d'Etat" (Politiques de l'amitié, p412).

 

2. Inimitié et aimance originaires.

En quoi ce texte supplémentaire, L'oreille de Heidegger, apporte-t-il un éclairage inouï sur la question de l'oeuvre? Il faut, pour expliquer cela, interpréter Politiques de l'amitié à partir de L'oreille de Heidegger et non l'inverse. En analysant les différentes traductions et paraphrases heideggeriennes du fragment 53 d'Héraclite ("le polemos est le père, le roi de toutes choses, de certaines choses il établit que ce sont des dieux, d'autres choses que ce sont des hommes; de certains il fait des esclaves, d'autres des êtres libres"), Derrida cherche à démontrer que le polemos, pour Heidegger, n'est pas une guerre, c'est un conflit, une force marquante, conflictuelle qui vient à l'origine, avant toute anthropologie, un combat originaire avant lequel il n'y a rien, ou rien qui puisse être entendu. Ce combat, il le désigne par plusieurs mots aux connotations différentes (Kampf, Walten). Cette force du commencement qui n'est ni humaine, ni divine, cette force qui sépare en s'opposant, introduit dissociation, disjonction, scission, cette force qui ouvre les failles, les intervalles, les distances, c'est aussi une force qui rassemble. En elle s'associent les termes grecs polemos, phileîn, logos. Derrière ces mots, derrière le conflit, le combat, le désajointement, c'est la différance qu'il faut lire, tandis que derrière philia, accord, harmonie, rassemblement, jointure, ajointement, c'est l'aimance qu'il faut lire. Comme toujours, Derrida lit Heidegger à partir de ses concepts à lui. En témoigne, par exemple, cette citation :

"Le combat est ce qui tient et maintient l'opposition (Gegensatz). Il la maintient ouverte, ce qui peut vouloir dire à la fois ouverte au deux de la différence et ouverte, dans et par la différence, au-delà du deux ou entre les deux. Il est l'ouverture du deux qui maintient non seulement la différence, l'intervalle entre deux, mais l'entre-deux comme face-à-face du duel, contradiction dans l'un l'autre, de l'un contre l'autre, de l'un à la rencontre ou à l'encontre de l'autre" (Politiques de l'amitié, p399)"

Ce long commentaire sur la question du conflit semble avoir pour projet de lier indissolublement ces deux mots, polemos et phileîn, de les faire tenir ensemble en un concept unique qui donne son titre au texte, philopolémologie. Pourquoi choisir justement ces textes d'Heidegger? Parce qu'on trouve chez lui d'une part le combat originaire sous sa forme la plus radicale, extrême, la forme politique qu'on ne peut dissocier du "Mein Kampf" hitlérien (le combat du peuple allemand), et d'autre part la dimension sans cesse réaffirmée du logos comme rassemblement. Avant la parole, avant le discours, l'extrême discord rejoint, dit Derrida, l'unité du logos. Entre 1927 et 1955, en passant par 1933-35, Heidegger a parcouru la distance qui sépare le combat de l'harmonie, et il a aussi annulé cette distance par un rassemblement général (le logos).

Et c'est ainsi qu'on arrive au quatrième et dernier titre, Le sacrifice de Heidegger.

cf : L'oreille de Heidegger est celle qui entend et sacrifie la voix discordante, inouïe, celle de l'inimitié originaire que le Dasein aura portée chez lui, "avant" le rassemblement du logos.

Mais (re)faisons d'abord un petit détour par l'inouï.

 

3. Retour sur l'inouï.

cf : [Derrida, l'inouï] §2.

 

4. Puissance créatrice de l'oeuvre.

Revenons maintenant à la citation du §1. On pourrait soutenir que tout le texte intitulé "L'oreille de Heidegger, Philopolémologie (Geschlecht IV)", ajouté à la fin de Politiques de l'amitié, converge vers une affirmation ou proposition simple : ce qui se fait entendre dans la création, dans les oeuvres, dans les événements historiques, c'est cette discordance originaire, inouïe, que Heidegger aurait pu finir par sacrifier. Dans la citation figurent trois mots essentiels, tous trois difficiles à définir : création, oeuvre, inouï. Parmi ces trois mots, celui de "création" a, aujourd'hui, plutôt mauvaise presse. On le ressent comme créationniste, anti-darwinien. Or c'est justement cette question-là, celle de la création, qui occupe Derrida dans son interprétation du texte de Heidegger. Créer, c'est "faire entendre enfin l'inouï du polemos originaire", c'est porter l'inouï en soi, comme on porte la voix d'un ami, une voix muette qui appelle à la responsabilité.

 

 

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Propositions

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[Derrida, l'inouï]

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Un combat originaire avant lequel il n'y a rien, pas même les combattants, projette et développe ce qu'on n'entend pas encore, l'inouï

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Toute l'oeuvre de Heidegger se rassemble autour d'une force marquante, le combat (Kampf) qui unifie d'avance l'aimance (phileîn), le logos et le polemos

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L'oreille de Heidegger est celle qui entend et sacrifie la voix discordante, inouïe, celle de l'inimitié originaire que le Dasein aura portée chez lui, "avant" le rassemblement du logos

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